Gabès a vécu un mois de septembre particulièrement alarmant. Selon Kheireddine Debbia, membre de la campagne « Stop Pollution », la région a enregistré une série de fuites gazeuses graves qui ont provoqué des conséquences sanitaires lourdes pour les habitants. Intervenant lundi 29 septembre 2025 sur les ondes de l'émission Eco Mag, Kheireddine Debbia a indiqué que les 9, 10 et 16 septembre, la localité de Ghannouch a connu des cas d'intoxication collective dépassant la centaine de personnes. « Les habitants vivent dans une angoisse permanente face à ces émissions, dont les effets peuvent être dévastateurs sur la santé », a-t-il alerté. Le militant a dénoncé la poursuite de l'activité industrielle malgré ces incidents : « La situation imposait l'arrêt immédiat de la production le temps d'identifier l'origine du problème et d'y remédier », a-t-il affirmé. Un nouvel épisode est survenu le 27 septembre, cette fois au collège de Chott Essalem, où plus de cinquante élèves ont été victimes d'étouffements et de malaises. Selon Kheireddine Debbia, 17 d'entre eux sont toujours hospitalisés à l'hôpital régional de Gabès, présentant des complications allant de la faiblesse musculaire à un début de paralysie partielle. Face à la gravité de la situation, l'activiste a réclamé des comptes aux responsables : « Nous parlons d'une catastrophe qui s'est répétée quatre fois en moins de quinze jours, alors qu'auparavant, elle ne survenait qu'une fois par an. Quelles sont les autorités qui ont permis la poursuite de la production au détriment de la santé publique ? » Pour lui, il s'agit d'une crise nationale : « Ce qui se passe à Gabès est une tragédie qui devrait entraîner des démissions au plus haut niveau. Dans d'autres pays, la démission du ministre de l'Industrie serait une évidence », a-t-il insisté. Kheireddine Debbia a enfin mis en garde contre le risque de voir ces fuites se reproduire, accusant les autorités de faire preuve d'un grave laxisme face à la vie des citoyens.
Vendredi 26 septembre 2025, une cinquantaine d'élèves du collège de Chott Essalem avaient été victimes de malaises respiratoires. Le collectif Stop Pollution avait immédiatement attribué ces intoxications aux émanations de gaz du Groupe chimique tunisien (GCT), installé à proximité. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des adolescents pris en charge par la Protection civile et recevant des soins d'urgence sur place, notamment de l'oxygène.