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Tunisie - L'UGTT et l'UTICA face à la réforme des retraites
Publié dans Business News le 09 - 09 - 2010

Après plusieurs mois de supputations, de rumeurs, de scepticisme et de doute, la partie de cache-cache sur la réforme des retraites se termine. Le gouvernement, pour colmater le trou chronique de la « sécu », vient de dévoiler sa position : concocter les deux scénarios, déjà en vogue, le recul de l'âge de retraite et la révision à la hausse des cotisations des employés et des employeurs. Ainsi, l'âge du départ en retraite passe de 60 à 62 ans d'ici 2012. Entre 2016 et 2020, il sera porté à 65 ans. De même, l'augmentation des cotisations sera mise en œuvre sur trois ans.
Quant au tournage, il faut comprendre le démarrage des négociations sur le projet de la réforme, il sera entamé juste après l'Aïd. Dans la foulée, l'administration a juste oublié un détail : les jeunes dont le taux de chômage culminait à 30% pour les personnes âgées de 20 à 24 ans, une chose est sûre : Ces jeunes ne cotiseront pas pour les retraités de demain.
On a cru que l'administration va s'orienter vers une réforme « à petits pas » qui ne modifiera pas brusquement le régime actuel de retraites. D'ailleurs, rien n'était clair pour tout dire. Même l'étude portant sur la réforme des retraites, commandée par le ministère des Affaires sociales auprès du Bureau International du Travail (BIT) et soumise à la Centrale syndicale n'a rien dévoilé. Et c'est tout à fait compréhensible puisque les deux parties, l'administration et l'UGTT en l'occurrence, entretiennent encore un « black-out » total sur les résultats de cette étude.
Mais ne voilà-t-il pas que, il y a juste quelques jours, les révélations commencent à parvenir au grand public tout doucement et par « rations » périodiques. La première révélation a été faite le soir du mardi, 24 août 2010, au grand public, par Naceur El Gharbi, ministre des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l'étranger, sur la chaîne publique Tunis7, qui a souligné qu'il est impératif, pour remédier aux difficultés du régime de la retraite, d'adopter une progressivité en matière de relèvement de l'âge de la retraite pour le repousser à 62 ans, et une révision « légère » des cotisations, tout en précisant que cette réforme se fera « consensuellement ».
Précisions. Le minsitre a souligné que les Caisses sociales deviendront rapidement déficitaires si aucune mesure n'est prise. Les arguments qui justifient cette hypthèses : l'augmentation de l'espérance de vie à 75 ans, l'élargissement de la proportion des bénéficiaires de la couverture sociale et des régimes de retraite, passage de 4 actifs pour un retraité, actuellement à 2,3 actifs, pour un retraité en 2030, etc.
Une deuxième révélation s'en suivra, trois jours après, lorsque le quotidien arabophone "Al Chourouk", a dévoilé, en détail, la magistrale réforme des retraies que l'administration avait concoctée, pensée et soupesée depuis des mois. Laquelle réforme qui se bidouillait sur un feu doux et en catimini. D'après ledit média, la position gouvernementale porte sur l'augmentation de l'âge du départ en retraite qui passera de 60 à 62 ans d'ici 2012. Et entre 2016 et 2020, il pourra être porté à 65 ans.
L'augmentation du pourcentage des cotisations, une démarche qui sera mise en œuvre sur quatre ans, entre 2012 et 2016, permettra à la Caisse nationale de retraite et de protection sociale (CNRPS) d'empocher 5% supplémentaire se répartissant comme suit : 3 % payés par l'Etat et 2 % par les salariés du secteur public. Pour la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l'augmentation est de 3 % qui sera répartie en 1,8 % versés par les employeurs et 1,2 % payés par les salariés du secteur privé.
Entre 2016 et 2020, l'augmentation sera de 3% pour la CNRPS réparti comme suit : 1,8 % payés par l'Etat et 1,2 % par les salariés. De même, l'augmentation pour la CNSS sera de 4% qui sera répartie en 2,4 % versés par les employeurs et 1,6 % payés par les salariés du secteur privé.
Toutefois, il est à signaler que ce projet de réforme est en plein bricolage. Car, rien n'est vraiment décidé pour le moment en attendant le démarrage des négociations entre les différentes parties, l'administration, la centrale patronale et l'UGTT en l'occurrence. Et on n'est pas si sûr que le projet dans sa version actuelle fasse le consensus autour de lui. Pour tout dire, pour ne pas risquer un malaise social, le projet de réforme pourrait être revu et corrigé, en fonction des réactions de l'UGTT et l'UTICA.
D'ailleurs, on le sait depuis belle lurette, la centrale syndicale rejette systématiquement ces deux scénarios qui risquent de semer le trouble au sein des syndicaux. Bien que ces solutions puissent colmater le « trou de la sécu » en Tunisie, il n'en demeure pas moins qu'ils renferment leurs propres inconvénients à ne pas occulter.
L'augmentation de l'âge de retraite à 62 ans, voir même à 65 ans, n'entraînera pas inéluctablement une augmentation du nombre des années de cotisation et la diminution de celles de la jouissance de la pension, ce qui ne peut être sans conséquences sociales, matérielles, psychologiques pour une large frange des assurés sociaux et notamment de ceux exerçant des métiers pénibles et dangereux.
De même, cette augmentation aurait un impact sur l'emploi étant donné que les retards des départs à la retraite amoindriraient les chances de remplacement des postes. Un détail de taille qui a été occulté par ce projet En effet taux de chômage des jeunes frôle les 14,2%, et les 25% chez les diplômés du supérieur. Et l'adoption de ce scénario ne ferait qu'envenimer la situation actuelle. L'on se demande alors à quoi sert de forcer les plus vieux à travailler si de plus en plus de jeunes, ceux qui pointent, désespèrent et tournent au rond, se retrouvent au chômage et incapables de payer les retraites des futurs vieux ?
Quant à la hausse les cotisations, elle aussi aura un impact négatif et sur les employés (diminution du pouvoir d'achat) et sur les employeurs (enchérissement du coût de la main d'œuvre). Dans ce cas de figure, il ne sera pas surprenant de voir l'UTICA se rallier à l'UGTT pour un même combat. Ce serait une première !La crainte de la centrale patronale est nourrie d'une éventuelle hausse des coûts de production pour les entreprises, pour la majorité des PME, et qui souffrent le martyre d'une conjoncture économique morose (concurrence, commerce parallèle,…). Les incidences sur leur productivité et surtout sur leur compétitivité structurelle ne seront pas du reste.
Bref, les négociations, qui seront entamées prochainement, s'annoncent longues et difficiles autour du projet de réforme des caisses sociales. Peut être même qu'ils prendront beaucoup plus de temps à l'instar de la réforme du régime de l'assurance maladie qui s'est étalée sur une dizaine d'années avant d'en arriver à un consensus.
Seulement, une question s'impose : notre administration, qui ne cesse de faire des projections à l'horizon 2016 et 2020, après avoir crié sur les toits que seules les solutions novatrices seront retenues, est-il raisonnable qu'elle nous balance, à chaque fois, les mêmes scénarios et les mêmes recettes préparées à l'extérieur? A notre avis, l'urgence, ce ne sont pas les retraités de 2016 ou de 2020, ce sont les chômeurs d'aujourd'hui. Walid Ahmed Ferchichi


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