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Tunisie - Les clivages de la manifestation du 13 août
Publié dans Business News le 14 - 08 - 2012

Il est 21 heures à l'Avenue Bourguiba à Tunis, un groupe de manifestants commence à se constituer et à scander des slogans en face du ministère de l'Intérieur.
« Ni Jebali, ni El Béji, notre révolution est celle du zawwali (le pauvre)». Quelques personnes se demandaient par ailleurs pourquoi « les autres restaient là-bas et ne venaient pas ici ? », « nous avons ouvert l'Avenue, ils doivent nous rejoindre», ajoutent-ils.
Il y avait alors encore peu de monde et les simples passants curieux étaient plus nombreux que les manifestants.
Sauf que le premier groupe croisé ne fut pas le seul. Il a suffi d'avancer de quelques pas, au niveau de la place du 14 janvier pour que le paysage et le nombre changent.
Une tente a été dressée tandis qu'un jeune, prenant le micro lançait des slogans. Un deuxième groupe était rassemblé, surtout des jeunes, habillés à la Che Guevara, l'extrême gauche s'était positionnée.
En se positionnant au croisement des avenues Habib Bourguiba et Mohamed V, un groupe était installé sur la droite, tandis qu'une marche était entamée sur la gauche et dont la foule s'étendait jusqu'à la place des Droits de l'Homme.
Des milliers de personnes y étaient. Elles étaient unies dans un élan de citoyenneté et toutes réunies à l'occasion de l'anniversaire de la promulgation du CSP et pour protester contre l'article 28 proposé par le parti au pouvoir menaçant ce code.
Les mêmes revendications sociopolitiques s'élevaient. Scandées par une foule rassemblant des enfants, des jeunes, des personnes d'âge mûr ou des sexagénaires, par des femmes et par des hommes, par des voilées et des non voilées.
Ils se rejoignaient tous dans les mêmes exigences : relâcher les personnes arrêtées suite aux mouvements populaires dans les zones intérieures, stopper net le projet de l'article 28, assurer la dignité, la justice et le travail pour tous et s'occuper des problèmes du simple citoyen au lieu de vouloir rétrograder la place de la femme.
Ainsi, la Troïka, le gouvernement et son chef Hamadi Jebali, le président Moncef Marzouki, la première vice-présidente de l'Assemblée nationale constituante Meherzia Laâbidi, le parti Ennahdha et son chef Rached Ghannouchi ont tous été la cible commune des manifestants.
Seulement et alors qu'à cinq cents mètres derrière, les manifestants scandaient leur refus des deux figures symboliques représentant l'islamiste Ennahdha et le destourien Nidaa Tounes, un autre groupe constitué au cœur de l'Avenue Mohamed V scandait : « Vive Bourguiba ».
Ici, c'est Béji Caïed Essebsi qui représente l'espoir de la foule. C'est « l'homme de la résistance contre l'obscurantisme », clament les manifestants.
Place des Droits de l'Homme et à quelques pas des sympathisants de Nidaa Tounes, un autre groupe s'est encore placé.
Cette fois, c'est une coupure nette avec le passé qui est exigée « Non au retour au passé, ni islamistes, ni destouriens », scandaient quelques centaines de personnes.
Le retour à l'Avenue Bourguiba ne fut point sans repasser par ces différents groupes nous transportant d'une sensibilité à une autre et d'une tendance politique à son opposée.
Au croisement des deux artères principales de la ville de Tunis, les drapeaux du Parti Pirate flottaient haut avec ceux de la Tunisie.
Une partie des manifestants a décidé « d'envahir » l'avenue Habib Bourguiba.
Un bouclier d'agents de l'ordre et de brigades spéciales s'était alors formé fermant tout accès. La tension monta d'un cran.
Au fil des longues minutes qui passaient, des centaines de policiers arrivaient en renfort tandis que la foule insistait dans son face à face à avoir accès à l'Avenue Bourguiba.
Et alors que quelque part entre la place des Droits de l'Homme et la place du 14 janvier, des femmes se prenaient en photo avec leurs concitoyennes policières et leur offraient des fleurs, d'autres femmes hurlaient aux visages des agents de la sécurité « Frappez-nous ! Allez-y, n'est-ce pas là votre travail ? Alors quand est-ce que vous allez l'entamer ? ». Un silence implacable lui répondait du côté du bouclier, les forces de l'ordre ont brillé hier par leur sang froid, malgré les provocations de quelques manifestants sous forme de différents slogans.
Pas très loin, sur l'Avenue Mohamed V, des groupes continuaient à célébrer dans la bonne humeur, scandant l'hymne national et chantant l'anniversaire de la promulgation du CSP.
La célébration du CSP a certes réuni une marée humaine de milliers de personnes dans un même espace, mais ce ne fut point un rassemblement sans clivages et ce fut loin d'être homogène.
Hajer AJROUDI
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