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De haut de leur tour d'ivoire, les béni-oui-oui de l'ANC vous saluent !
Publié dans Business News le 20 - 09 - 2013

Dans une atmosphère de crise institutionnelle et politique, l'Assemblée nationale constituante a repris ses travaux par une séance de « questions au gouvernement ». Entre les interventions des élus et les réponses des ministres, on a pu se rendre compte de la profondeur du gouffre qui sépare l'assemblée de la « vraie » vie du Tunisien. Un résumé des tribulations de cette assemblée, pendant cette séance, s'est imposé.
L'assemblée nationale constituante, officiellement siège de la légitimité et unique instance représentative du peuple tunisien, s'est réunie jeudi 19 septembre pour adresser des questions au gouvernement représenté principalement par le ministre de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, et le ministre de la Justice, Nadhir Ben Ammou.
Conscients des problèmes du pays et des préoccupations des Tunisiens, les élus de l'ANC ont excellé dans les interrogations qu'ils ont porté à la connaissance des ministres à tel point qu'on se dit : rien ne vaut un élu pour nous faire oublier un ministre. Il est important de préciser que l'assemblée était amputée d'une grande partie de ses élus, ceux de l'opposition. Ces « empêcheurs de tourner en rond » n'étaient pas sous la coupole du Bardo, ce qui a permis aux élus responsables et légitimes d'avancer à pas de géants dans la résolution des « problèmes majeurs ».
Prenons l'exemple « instructif » de l'élu d'Ennahdha, Néjib Hosni. Dans sa valeureuse contribution à la résolution des problèmes du pays, l'élu s'est interrogé sur la provenance du riz aux fruits secs que les sit-inneurs du Bardo auraient ingurgité durant leurs manœuvres de destruction de l'Etat et de la légitimité. Il a, par la suite, adressé une remarque « extrêmement pertinente » aux représentants de l'Etat. Néjib Hosni s'est dit désolé du changement gouvernemental –qui date de près de six mois mais c'est toujours d'actualité, apparemment- qui a placé des personnalités indépendantes à la tête des ministères régaliens. « Si un gouvernement ne maîtrise pas les ministères régaliens, il va maîtriser celui de l'environnement ? », s'est-il interrogé.
Un tel discernement, une telle clairvoyance, un tel respect pour les institutions et pour les ministres sont une leçon pour tous les élus. Le peuple tunisien a de la chance d'être représenté par des élus comme Néjib Hosni qui posent les bonnes questions !
Un autre élu « chevronné » a eu la perspicacité de s'enquérir d'un autre problème qui concerne tous les Tunisiens et influence leur quotidien. Habib Khedher, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a demandé au ministre de l'Intérieur quelles étaient les dispositions que prennent les agents de police avant de pénétrer dans une mosquée. Il est vrai que c'est une interrogation essentielle, que c'est une question à laquelle tout le monde pense chaque matin…
En parlant de ministres, notre collègue chroniqueuse sur Mosaïque FM, Syrine, s'est amusée à calculer le nombre de fois où les élus ont applaudi les deux « interrogés » d'hier. Un exercice très intéressant ! En effet, nos ministres ont été fort applaudis, voire acclamés debout, à l'assemblée et ont même droit à des standing-ovations comme celle qui a été accordée à Lotfi Ben Jeddou hier. Le ministre de l'Intérieur a été assailli de questions concernant le document fuité sur le meurtre de Mohamed Brahmi. Ce ministre de l'Intérieur qui est responsable d'une administration incapable de protéger un élu a été salué et encensé par…les collègues de ce même élu !
Syrine a compté et c'est Lotfi Ben Jeddou qui a gagné le match hier contre Nadhir Ben Ammou, avec cinq applaudissements contre quatre. Le premier aurait même réussi à établir un record, selon notre consoeur de Mosaïque, avec un tonnerre d'applaudissements de 23 secondes.
Dans les démocraties établies, les ministres tremblent devant une séance de questionnement à l'assemblée. Il n'y a qu'à voir les séances de l'assemblée française ou les questions du Sénat américain.
En Tunisie, l'assemblée, outre son rôle de chambre d'enregistrement des ordres du gouvernement, sert à remonter le moral des ministres. Quand ces derniers sont attaqués par les associations, la société civile, les médias et l'opinion publique, ils viennent se détendre avec une bonne séance de questionnement à l'assemblée. Là ils se feront caresser dans le sens du poil, se feront encenser, encourager et saluer. Ils trouveront des élus qui se préoccupent de la manière dont le document a été fuité et par qui, plutôt que d'essayer de comprendre pourquoi le ministère de l'Intérieur a été incapable d'empêcher le meurtre de Mohamed Brahmi. Une vraie sinécure pour un ministre doté d'un minimum de jugeote !
C'est d'ailleurs Nadhir Ben Ammou, qui en a apporté la preuve. Avec toutes les remontrances que n'importe qui pourrait formuler vis-à-vis du fonctionnement de la justice, le ministre s'est sorti de l'exercice du questionnement avec brio. A tel point que les réseaux sociaux partageaient la vidéo de son intervention en remerciant le ciel d'avoir un ministre de cette qualité ! Juste en passant, M. Ben Ammou est passé à deux doigts du fait de justifier et de soutenir l'application de l'article 128 du code pénal contre les journalistes qui reste utilisable à ses yeux. L'erreur judiciaire ? « Et alors ? Il n'a qu'à interjeter appel et aller ensuite en cassation », a déclaré le ministre. Mais bon, ce n'est pas le genre de chose qui risque de troubler la sérénité des élus présents, et encore moins que l'accusé demeure tout ce temps là en prison en toute injustice. Ce n'est certainement pas Habib Ellouze ou Abderraouf Ayadi, dépositaires de la volonté du peuple, ne vous en déplaise, qui s'indigneront du traitement fait aux journalistes et aux innocents…
Réitérant l'isolement et l'aveuglement des députés de l'ère du « makhlouû » Ben Ali, les élus actuels se targuent de représenter la volonté du peuple et s'excitent comme des bébés à qui on a enlevé leur doudou quand il est question de dissolution ou de destitution. Des élus qui engrangent des salaires non mérités pour un travail qu'ils ne font et une présence qu'ils n'assurent même pas.
En bref, c'était une vraie mascarade à laquelle on a assisté dans la journée du jeudi 19 septembre avec la reprise des travaux de l'Assemblée nationale constituante. Pourtant habitués au burlesque et au ridicule, les élus ont trouvé le ressort nécessaire pour nous gratifier d'un magnifique spectacle. Entre des interventions farfelues et désolantes et des réponses maladroites, le citoyen a eu le loisir de se rappeler au souvenir du parlement de Ben Ali. Peut-être pire.
Une assemblée sans aucune légitimité, ni électorale ni consensuelle, encore moins morale, amputée du tiers de ses élus, ceux de l'opposition, qui prétend questionner des ministres du gouvernement. Le décor d'un spectacle de piètre qualité est planté. La démocratie n'est certainement pas sortie grandie de cet exercice. Marouen Achouri


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