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Tunisie- Scandale du Hajj : le péché halal
Publié dans Business News le 10 - 10 - 2013

Décidément, sous le gouvernement d'Ennahdha, on aura été bien servi en matière de scandales. Alors cela touche à tout ou presque, on ne risque pas de s'ennuyer, c'est clair. Néanmoins, lorsque le scandale effleure le sacré, il y a de quoi réellement se faire des cheveux gris. Des pélerins voulant effectuer leur Hajj se sont retrouvés au centre de plusieurs arnaques. Entre ceux qui ont été refoulés à la frontière et ceux qui n'ont même pas pu partir, histoire d'un scandale « religieux ».
La saison du Hajj a démarré voilà quelques semaines. Les autorités de la place ont fait foi de préparatifs rigoureux dans le souci de réussir la saison dans de meilleures conditions que les précédentes. Ali Laârayedh, chef du gouvernement a, en personne, assisté au premier voyage en partance de la Tunisie vers les Lieux Saints, histoire de faire bonne figure.
Mais il a suffi de quelques jours, pour que les premiers débris du scandale éclatent : des pèlerins ont été refoulés à l'aéroport de Jeddah en Arabie Saoudite pour détention de faux passeports et visas octroyés par des autorités autres que tunisiennes. Ces pèlerins ont dépensé des millions de dinars pour se faire refuser le droit d'effectuer le Hajj. Terrible déception, en effet. Décryptage d'un scandale au parfum du sacré.
Dans l'ère de Ben Ali, les Trabelsi – famille de son épouse Leila- se sont accaparé le marché du Hajj en Tunisie. Véritable machine à sous, les bénéfices, qui en découlent, représentent une convoitise pour tous. Alors, il était donné libre cours au trafic, au favoritisme et au sale profit alléchant. Les Trabelsi partis, voilà que des mesures sont entreprises afin de reprendre les rênes de la société des services pour le Hajj « Mountazah Gammarth » et mettre un terme à tout ce trafic scandaleux et dédaigneux.
Mais il ne faut pas se leurrer, les esprits sont les mêmes, seules les allures ont changé. Voici le topo : 95 pèlerins ont été empêchés au passage frontalier à l'aéroport de Jeddah de se rendre à La Mecque en raison de détention de passeport comportant des visas octroyés par la Mauritanie, Six d'entre eux ont réussi à se faufiler avant que les autorités saoudiennes ne se rendent compte de la supercherie et deux autres ont pu passer pour des raisons de santé.
Les pèlerins tunisiens, en toute bonne foi, ont donné crédit aux paroles des fournisseurs de visas et passeports étrangers, se basant sur leur expérience en la matière et aux antécédents sans incidents. C'était sans compter sur certains imprévus, car les autorités saoudiennes révoquent les visas en question, arguant qu'ils sont du droit des Mauritaniens et non des Tunisiens. Cette révocation s'inscrit, en fait, dans la loi des quotas : chaque pays jouit d'un nombre précis de places de Hajj à offrir à ses citoyens, d'où la théorie de la tombola pour une distribution juste, d'où aussi la corruption pour une distribution injuste.
Or, le Hajj avec notamment les frais de visa coûte les yeux de la tête, c'est ainsi que certains prétendants se ruent sur les économies qu'ils peuvent réaliser grâce à des moyens détournés tels que le visa octroyé par un autre pays que celui d'origine.
C'est le Hajj, le pèlerinage en Terre Sainte. Pourtant, l'aspect sacré et religieux du voyage n'a pas dissuadé les candidats de céder à la tentation de l'usage d'instruments non orthodoxes pour y arriver. Certains témoignages de pèlerins évoquent des milliers dépensés, 33 mille dinars pour un couple, précisément, quand bien même il s'agit d'un moyen détourné, la somme à verser demeure considérable. Afin de se procurer un pareil montant, certains autres témoignages rapportent qu'ils ont dû vendre terres et récoltes pour se retrouver, en fin de compte, bloqués par les autorités saoudiennes en dépit de l'absence de toute escroquerie ou fraude, vu que les visas et passeports ont été certifiés authentiques.
Moez Boujmil, directeur de la société des services pour le Hajj, « Mountazah Gammarth », a précisé que les pèlerins coincés à Jeddah sont bien traités et qu'il n'y a pas de quoi s'inquiéter. De son côté, Noureddine Khademi, ministre des Affaires religieuses, s'est dit optimiste quant à la situation des pèlerins tunisiens, en levant le voile sur des pourparlers entre les autorités tunisiennes et leurs homologues saoudiennes à ce même propos. Du côté de la justice, le juge d'instruction du Tribunal de première instance de Tunis avait décidé de remettre en liberté les trois accusés dans l'affaire du Hajj concernant les passeports gambiens qui ont été accordés à des dizaines de pèlerins.
Hier encore, sur un plateau télé, le chroniqueur Zied El Heni a révélé que Soumaya Jebali, fille de Hamadi Jebali, ancien chef du gouvernement et actuel secrétaire général du mouvement Ennahdha, serait parmi les instigateurs de l'affaire des passeports et visas pour le Hajj. Aussitôt l'opinion publique a crié à l'arrivée des nouveaux Trabelsi. Aucune preuve pour étayer pareille théorie et accusation pour l'heure.
138 mille Tunisiens voulaient effectuer le Hajj, répartis sur 264 délégations, mais seulement 8300 ont été autorisés à aller au pèlerinage par les autorités saoudiennes, au regard des travaux engagés pour rénover toute la place bordant les deux Saintes Mosquées. Le nombre est donc fortement bas en comparaison aux prétendants, s'ajoutent à cela les frais superbement chers et qui ne sont pas à la portée de tous. Toutes ces faiblesses ouvrent, bien tranquillement, des brèches dans lesquelles des trafiquants et pas que bas de gamme, se faufilent pour tirer profit d'un filon qui se présente aussi facilement sans qu'il y ait le moindre contrôle des autorités.
Difficile d'en vouloir aux Hajijs de recourir à ce type d'instruments pour leur pèlerinage quand il s'agit de peu de moyens matériels sur fond de désir pressant et insistant de se rendre en Terre Sainte. Maintenant, si les autorités de tutelle, en l'occurrence, le ministère des Affaires religieuses en collaboration avec le ministère de l'Intérieur, ne prennent pas les mesures qui s'imposent pour mettre un terme à ce trafic, dont les conséquences peuvent être fâcheuses à échelle nationale et internationale, il ne reste plus qu'à craindre le pire…
Nadya B'CHIR
Crédit photo : free-reporters.com


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