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Tunisie - Les messages cachés de Mehdi Jomâa
Publié dans Business News le 06 - 03 - 2014

A peine 30 jours après sa prise de fonction, l'actuel chef du gouvernement, Mehdi Jomâa, accorde sa première interview télévisée. Une apparition très attendue pour répondre aux questions que les Tunisiens se posent sur la situation actuelle du pays, et les legs des anciens gouvernements. Malgré un important taux d'audience, la prestation de Jomâa s'est révélée être décevante et très peu convaincante. Pourtant, après cette interview, le chef du gouvernement technocrate et apolitique, a réussi à attirer la foudre sur ses deux prédécesseurs, Hamadi Jebali et Ali Laârayedh, rendus responsables de la dégradation de l'économie nationale. Alors, Mehdi Jomâa a-t-il raté sa com' ou existe-t-il un message caché derrière son discours ?
Les deux poings resserrés sur la table, l'expression neutre et plutôt froide, Mehdi Jomâa a voulu jouer à fond la carte du chef du gouvernement technocrate, lors de l'interview télévisée du 3 mars 2014, diffusée sur la Wataniya 1 et Nessma Tv. « Je ne vais critiquer aucun gouvernement », a-t-il déclaré d'emblée, au début de son discours. Et pourtant, même s'il a préféré se montrer prudent lorsque le volet politique a été abordé par les deux journalistes venus l'interviewer au palais de la Kasbah, le ton a rapidement été donné, lorsqu'ils en sont venus au volet économique : « La situation économique est pire que ce que j'imaginais ».
Investi depuis 30 jours du poste de chef du gouvernement, Mehdi Jomâa dresse un sombre tableau de l'économie tunisienne, avertissant les Tunisiens des « sacrifices » qu'ils devront faire pour que la situation ne devienne pas chaotique. « Nous empruntons pour couvrir les besoins de consommation courante, et le taux de la dette avoisine les 50% du PIB […] 25 milliards de dinars ont été empruntés depuis la révolution, ce qui correspond au budget de l'Etat, et ce qui a été emprunté de la part du FMI, était uniquement consacré à couvrir les dépenses de l'année 2013 ».
Si cette interview, tant attendue, en a déçu plus d'un, avec un début jugé « insipide et monotone », Mehdi Jomâa a lâché une véritable bombe, en venant au volet économique. Tout en dessinant les contours, à peine voilés, d'un plan d'austérité, il annonce une situation économique chaotique : trou dans le budget, taux de la dette avoisinant les 50% du PIB et gel des recrutements dans la fonction publique. En effet, l'Etat n'est plus capable d'assumer davantage de recrutements dans la fonction publique, les augmentations de salaire ne sont pas à l'ordre du jour, et pour compléter le budget, l'Etat devra emprunter 12 milliards de dinars. Mehdi Jomâa conclut son analyse économique en affirmant : « Durant ces trois dernières années, nous n'avons pas travaillé, nous n'avons pas respecté l'Etat de droit et nous n'avions pas de stratégie ».
Mais en tenant ce discours, l'actuel chef du gouvernement oublierait-t-il que durant l'année 2013, il fut lui-même membre du gouvernement Laârayedh, au sein duquel il occupa le poste de ministre de l'Industrie ? Il semblerait que les données sur la situation économique dont disposait Mehdi Jomâa, avant sa prise de fonction, étaient quelque peu éloignées de la réalité.
C'est ce que soutient, en tout cas, Nidhal Ouerfelli, bras droit de Mehdi Jomâa et fraichement nommé au poste de porte-parole du gouvernement. Intervenant sur les ondes de Shems Fm, mardi 3 mars, le ministre conseiller auprès du premier ministre, affirme que la Loi de Finances de l'année 2014 comprend des chiffres qui n'ont pas révélé la réalité de la situation. Par ailleurs, selon ses dires, Mehdi Jomâa a apporté son jugement sur la base d'un plan de développement global, appliqué en Tunisie indépendamment des deux gouvernements qui l'ont précédé. Un plan de développement qui a tout de même permis d'enregistrer des taux de croissance de 5% et de 6% en 2008 et 2009, rappelle-t-il, pourtant. Autrement dit, sous les gouvernements de l'époque de Ben Ali.
Nidhal Ouerfelli soutient cependant que la situation économique est certes délicate mais que le pays ne se trouve pas pour autant au bord de la faillite, comme l'a laissé entendre Mehdi Jomâa. Le plan de développement devra être revu et des mesures urgentes, entreprises, afin de faciliter la relance économique.
« Mehdi Jomaa s'est engagé à se montrer franc envers l'ensemble des Tunisiens », affirme-t-il. Nidhal Ouerfelli rattrape donc le message que Mehdi Jomâa a laissé échapper lors de son interview, accusant Hamadi Jebali et Ali Laârayedh d'être derrière la gravité de la situation actuelle.
En effet, le lendemain de la prestation du chef du gouvernement qui lui a attiré l'ire de nombreux observateurs, les critiques se sont également dirigées vers les deux anciens gouvernements de la Troïka.
Nidaa Tounes, principal parti d'opposition, leur fait clairement porter le chapeau. « Ce sont eux qui ont mené le pays vers l'effondrement économique », souligne Béji Caïd Essebsi dans un communiqué publié hier, mercredi 5 mars.
Par ailleurs, un collectif sera constitué pour porter plainte contre les gouvernements Jebali et Laârayedh pour «mauvaise gestion des deniers publics ». Selon l'expert économique et financier, Moez Joudi, les propos du Chef du gouvernement Mehdi Jomâa, la veille, ne peuvent constituer que des preuves tangibles de ce qu'il avance.
Force est de reconnaitre que la première apparition télévisée de Mehdi Jomâa, pourtant tant attendue, n'a pas été à la hauteur des espérances. Mehdi Jomâa ne s'est pas gardé de souligner que son gouvernement bénéficie de la double légitimité consensuelle et législative, émanant à la fois des intervenants du Dialogue national et des députés de l'ANC. Et pourtant, derrière son air pragmatique et ses réponses neutres et détachées, l'unique coup d'éclat de son discours a été le sombre tableau économique qu'il a dressé. Un tableau où l'incompétence de ses prédécesseurs était nettement soulignée. Mais où, dessinant les contours d'un plan d'austérité économique, sa volonté de rassurer ses auditeurs n'était pas au rendez-vous…


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