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Les tumeurs de l'administration tunisienne
Publié dans Business News le 21 - 09 - 2015

Rappelez-vous, c'était il y a quatre ans, en 2011, année d'une transition totalement incertaine. La Tunisie vivait une révolution et la Libye voisine envoyait par centaines de milliers des réfugiés de toutes les nationalités. En dépit de cette ébullition et de l'instabilité politique totale du pays, les principaux centres névralgiques dépendant de l'Etat fonctionnaient normalement : eau, électricité, transports (qu'ils soient terrestres, aériens ou ferroviaires, de marchandises ou de fonds), justice, enseignement, services municipaux…
Et puis un jour, par naïveté et manque de courage, l'ancien Premier ministre Mohamed Ghannouchi décide de signer une amnistie générale. Par une simple signature, de véritables criminels se sont retrouvés libérés des prisons. Par une simple signature, des personnes sur qui pesaient des accusations terroristes se sont retrouvées dehors ou rentrant au pays, sans aucune reddition de comptes, sans que l'on sache s'ils étaient de vrais exilés politiques ou des criminels fuyant la justice.
Le travail entamé par Mohamed Ghannouchi est complété ensuite par son ministre de l'Intérieur Farhat Rajhi qui décide, par une simple signature également, de limoger les plus hauts cadres sécuritaires du pays. La Tunisie continue encore à payer très cher ces deux décisions remontant à plus de quatre ans. Le premier a fait libérer les loups et le second a supprimé les gardiens, permettant ainsi aux loups d'entrer dans la bergerie. C'était au nom de la réconciliation nationale et, ironie du sort, ce sont les loups qui refusent maintenant la réconciliation.

23 octobre 2011, les loups sont au pouvoir et ont commencé leur travail de pénétration de l'administration tunisienne. La très complexe administration, qui avait elle aussi son nombre de gardiens, a été empoisonnée comme un corps atteint par un cancer.
Différents stratagèmes ont été imaginés par ces loups pour que l'administration ne soit plus cette machine huilée capable de fonctionner toute seule, sans politiques.
Le premier crime commis à son encontre réside en ces nombreuses affaires judiciaires montées de toutes pièces contre des ministres et PDG d'entreprises publiques. Accusés de népotisme et de corruption, sans preuve aucune, ces hauts commis de l'Etat se sont retrouvés salis, humiliés et jetés en prison subissant à ce jour la vindicte populaire. Une vindicte soigneusement entretenue par les CPR/Attayar et quelques islamistes de la troïka contre des personnes, qui ont toujours servi l'Etat et la Tunisie. Par un maniement subtil du vocabulaire, ces hauts commis de l'Etat se sont retrouvés accusés d'avoir servi un régime et une famille.
Résultat de cette manipulation populiste, les hauts fonctionnaires qui ont échappé à la vindicte populaire n'ont plus aucun sens de l'initiative et refusent d'entreprendre quoi que ce soit, tant qu'il n'y a pas d'ordre écrit par la hiérarchie politique. C'était là le premier acte.

Le deuxième acte est entrepris, dans la foulée, avec des recrutements massifs des « victimes de l'ancien régime ». Le cas le plus spectaculaire est celui de Moncef Ben Salem, aujourd'hui décédé, qui a rattrapé des années d'ancienneté (et les émoluments qui vont avec) par simple signature. Comme lui, des centaines de personnes (essentiellement parmi les islamistes) ont été promues en grade, sans effort, sans travail, sans mérite. Résultat du deuxième acte, les centaines de milliers de personnes qui ont trimé dur pour monter les échelons et réaliser toute une carrière se sont retrouvées au même grade, voire à un grade inférieur, avec des incompétents, anciens prisonniers accusés jadis de terrorisme ou de complot contre l'Etat.

Dans la foulée, certains hommes politiques tenaient à profiter de leur nouveau pouvoir en recrutant les leurs. On remarquera ainsi que les nouvelles recrues appartiennent, comme par coïncidence, à la même région que le ministre ou le chef de cabinet. La présidence de la République, quand le cabinet était dirigé par Imed Daïmi, a été inondée par des nouvelles recrues originaires d'une région bien déterminée du sud du pays. Résultat de ce troisième acte, ces recrues sont non seulement incompétentes, mais elles ont une « dette » envers leur recruteur qu'elles tentent de servir en sabotant les actuels chefs au pouvoir. Un ministre peut donner l'ordre qu'il veut, il ne trouve pas de répondant systématiquement. C'est comme si vous appuyez sur l'accélérateur d'une voiture, sans que celle-ci n'accélère en retour.

Vidée de ses compétences réelles, remplie par des incompétents réels, l'administration tunisienne souffre d'un autre gros problème qui vient s'ajouter à tous ceux cumulés durant des décennies. Un problème dont souffrent tous les recruteurs, qu'ils soient du privé ou du public : les diplômés de l'enseignement supérieur n'ont pas le niveau reflété par leurs diplômes. Nous payons là la politique d'arabisation de Mzali et la politique de Ben Ali où l'on réussit au bac grâce aux 25%.
Résultat des courses, vous avez des maitrisards qui sont incapables de rédiger une lettre de motivation à un employeur. Des maitrisards incultes, experts en foot, en produits de beauté et en salons de thé et qui ne connaissent même pas leur propre spécialité.
Ce sont ces maitrisards qui occupent, aujourd'hui, des postes dans l'administration et qui multiplient les bourdes et les revendications. Quand quelqu'un a décroché son diplôme sans mérite, c'est tout à fait naturel qu'il exige ensuite une augmentation sans production.
Un enfant gâté à qui on a refusé un jouet pleure et casse tout autour de lui. Un fonctionnaire à qui on refuse une revendication observe une grève et sabote la machine de production.
Conséquence de ce troisième acte, vous avez des fonctionnaires qui utilisent Google pour traduire de l'arabe vers le français (supposé maitrisé parfaitement depuis le secondaire), un enseignant qui prend en otage les élèves et un syndicaliste qui bloque tout le pays en refusant de livrer du carburant aux stations service.

La politique de Ben Ali et l'anarchie de la troïka ont donné le résultat qu'on observe aujourd'hui : chaque ministère et chaque administration a son lot d'incompétents et de saboteurs qui handicapent les rouages et empêchent la machine de fonctionner normalement. Si ce n'est pas un parent à un politique et si ce n'est pas un ancien prisonnier, c'est une personne incapable de produire. Un point commun : l'administration est infectée par des fonctionnaires qui ne méritent pas leur place. En parallèle, le pays est rempli de demandeurs d'emploi qui ne demandent pas mieux que d'avoir une chance dans la vie active pour prouver leur compétence et leur mérite.
La solution ? Certains cancers ne sont plus incurables, il y a la chimiothérapie pour les vaincre. Le traitement est dur, long et douloureux, mais il est nécessaire pour venir à bout des tumeurs. L'administration est remplie de tumeurs, il faut mettre en place le mécanisme nécessaire pour les supprimer.
Ce mécanisme passe par des licenciements massifs et immédiats, sans états d'âme, à chaque fois qu'un abus est constaté de la part de fonctionnaires ayant intégré l'administration, sans mérite et par des voies exceptionnelles. Que ces « licenciés » passent par le tribunal administratif, pour exiger leur retour. En attendant, et dans l'urgence, il faut assainir le corps pour sauver le pays et redonner sa place à l'Etat. Un cancer ne se soigne pas avec un généraliste usant de paracétamol et d'Aspirine !


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