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On ne saurait être fils de Bourguiba et de Mooza !
Publié dans Business News le 21 - 03 - 2016

La Tunisie a fêté hier, dimanche 20 mars, les 60 ans de son indépendance. Une indépendance toute relative, puisqu'on ne parle que du départ du colon français. Il reste encore ceux qui nous ont colonisés depuis des siècles et qui continuent encore à occuper nos esprits et tenter de nous imposer tout un mode de vie. En attendant, fêtons le départ de ceux qui sont déjà partis, quoique même le départ de ceux-ci demeure relatif. La France reste, et pour un bon bout de temps encore, le premier partenaire de la Tunisie.

Principal acteur de la lutte pour l'indépendance, principal acteur de l'indépendance, premier président de la République, Habib Bourguiba était le plus naturellement du monde l'homme (le personnage, devrai-je dire) le plus cité de ce soixantième anniversaire.
Tous les acteurs (les comédiens, devrai-je dire, ou plutôt les figurants) se disputaient hier son héritage. A qui mieux mieux. Chacun surenchérissait sur l'autre son amour pour le Combattant suprême, en se positionnant comme LE garant de l'héritage bourguibiste.
Dans le camp d'en face, celui des révisionnistes anti-bourguibistes, c'était pareil. On surenchérissait sur celui qui dénigrerait le mieux Bourguiba, ses héritiers et son héritage.

Que retenir de ce soixantième anniversaire et comment peut-on juger les prestations des différents comédiens bourguibistes de ce dimanche 20 mars 2016 ?
Quand on parle de Bourguiba, on évoque souvent ses actions pour la libération de la femme tunisienne, pour l'ouverture à d'autres horizons plus larges que la simple identité arabo-musulmane et de l'Education … On parle rarement de sa politique fédératrice et unificatrice des Tunisiens. Encore moins de son sens du dialogue et encore moins de sa politique des étapes et de la patience.
De toutes les actions de Bourguiba, les héritiers n'ont retenu que les premières, afin de lutter contre les islamistes et le gros danger qu'ils représentent pour l'identité du pays et son unité. Quant au reste, il est non seulement absent de leurs discours, mais il est carrément absent dans leurs propres actes et leur comportement.
Alors que Habib Bourguiba a toujours été fédérateur, les piètres acteurs que sont ses héritiers autoproclamés ont choisi la division. Les uns ont occupé la coupole d'El Menzah pour un meeting, les autres se sont dirigés vers le palais des congrès. Ici et là, on retrouve des scandales d'ego et de courtisanes et, ici et là, on fait la queue pour occuper les premiers rangs. Voilà en quoi se résume le spectacle des héritiers du bourguibisme…
Quel crédit, dès lors, donner à ces « opportunistes du bourguibisme » quand on les voit se chamailler, se couper le courant, pleurnicher pour monter sur l'estrade ou encore faire la manche aux monarchies du Golfe à qui le Combattant suprême n'opposait que du mépris ?
De cette guerre fratricide que se mènent les héritiers de Bourguiba, un seul gagnant : les islamistes ! Ils sont déjà premiers à l'assemblée et, pour ce 20 mars, ils ont assuré le « spectacle » à l'artère principale de la capitale, l'avenue … Habib Bourguiba !
Que les autoproclamés héritiers bourguibistes se cramponnent dans les espaces clos… Glauques, devrai-je dire…

L'autre événement du soixantième anniversaire de l'Indépendance était la cérémonie solennelle organisée au palais de Carthage et présidée par Béji Caïd Essebsi.
Trois faits majeurs se dégagent de cette cérémonie et du discours du président de la République. A analyser de près, les trois faits représentent l'héritage bourguibien.
Le premier est la réhabilitation de Salah Ben Youssef qui est, d'abord et avant tout, rappelle BCE, destourien. Deuxième fait majeur, la réhabilitation de Tahar Ben Ammar. Plutôt que d'axer sur ce qui divise, BCE a retenu ce qui peut fédérer et unir pour ces deux militants qui ont eu, à la fin de leur vie, des différends majeurs avec Bourguiba. Il faut tourner la page pour avancer, la bataille est ailleurs.
Troisième fait majeur, annoncé par le président de la République, le retour de la statue équestre du combattant suprême à sa place initiale sur l'artère principale de Tunis.
Le retour de la statue a déclenché une forte polémique chez les révisionnistes qui ne veulent pas reconnaitre la grandeur de Bourguiba et chez les islamistes qui ne veulent pas de statues tout court.

Ceux qui ont eu la chance de voyager dans les grandes cités (qu'elles soient occidentales ou orientales) ont certainement vu les statues érigées en l'honneur de leurs leaders disparus. De la Chine aux Etats-Unis en passant par la Russie et l'Europe, il n'y a point de grande ville où l'on ne trouve pas la statue d'un grand dirigeant.
Les Etats-Unis ont carrément donné le nom de leur premier président à leur capitale et à tout un Etat. Dans ces grands pays, les têtes des « grands de la nation » ornent les billets de banque, les murs de dizaines de musées et même les montagnes.
Ces « grands de la nation » étaient-ils, de leur vivant, des hommes parfaits ? Le doute est permis. N'avaient-ils pas des ennemis politiques ? Assurément ! N'ont-ils pas du sang sur les mains ? Sans aucun doute !
Peu importe si ces hommes étaient parfaits ou pas, on ne juge pas la grandeur d'un leader par ses erreurs, mais par l'importance de ses accomplissements. Leurs héritiers ont fait de sorte de les présenter comme tels. C'est-à-dire comme de grands hommes, afin d'en faire un symbole, un modèle, un exemple à suivre. Ils sont là pour fédérer et tout citoyen de ce pays se fiche de savoir s'ils étaient parfaits. Ils étaient des leaders !
Des grands qui sont passés par sa terre, durant ses 3000 ans, la Tunisie a très peu de monuments érigés en leur honneur. Au mieux, on donne leur nom à des rues, à des cités et à des entreprises commerciales ou institutions hospitalières ou culturelles. Didon, Hannibal, Amilcar, Kahena, Ibn Khaldoun, Avicenne, Kheireddine, Moncef Bey méritent tous que l'on érige des statues géantes en leur mémoire pour que chacune de nos villes rappelle à ses citoyens et à ses visiteurs qui nous sommes. La Tunisie est un petit pays géographiquement, mais il est incontestablement grand historiquement.

Parce qu'il est le premier président de la République et parce qu'il est le dernier grand leader chronologiquement, Habib Bourguiba mérite tous les égards avec des statues dans les grandes villes et les places de village et des statuettes dans toutes les boutiques de souvenir. Il mérite également et amplement le retour de son effigie sur les billets de banque et les pièces de monnaie. George Washington n'est pas plus méritant que Habib Bourguiba !
C'est la symbolique de la chose, sa portée et ses incidences positives sur l'unité du pays et son image qui importent, plus que la personne-même du leader défunt, de son œuvre, de sa politique et de ses différends.


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