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Le bal (oriental) des hypocrites
Publié dans Business News le 31 - 07 - 2016

Dans la semaine précédant la plénière de l'Assemblée des représentants du peuple qui devait discuter du retrait ou du renouvellement de la confiance au gouvernement Essid, on a vu fleurir les communiqués des partis de la coalition quadripartite au pouvoir venant réitérer, d'une manière ferme et officielle, leur intention de retirer la confiance au gouvernement Essid.
Cependant, et lors de la plénière, nous vîmes ces mêmes partis, grosso modo, applaudir aux « bons mots » de Habib Essid, l'encenser en louant ses qualités de droiture, de nationalisme, son sens du devoir et de la responsabilité, ses efforts soutenus etc. et allant même pour certaines interventions (dont l'exemple est l'intervention de Maher Madhioub pour Ennahdha) jusqu'à en brosser un portrait canonisable d'« homme d'Etat » face à une meute de prévaricateurs et de criminels (sic).
Même Nidaa Tounes, dont les députes et les dignitaires ont conduit la sédition contre le chef du gouvernement et qui ne se sont pas signalés par leur délicatesse, et c'est un grand euphémisme, envers le premier ministre dans les médias durant la période précédant la plénière, se sont montrés mielleux mis à part les interventions (pertinentes, il faut dire) de Fatma Mseddi et de Abdelaziz Kotti.

Quand le vrai exercice démocratique exigeait une discussion « virile » et même un réquisitoire contre le gouvernement pour justifier ce recours à une disposition exceptionnelle, nous n'avions eu qu'un simulacre fait de salamalecs orientaux et qui ressemblait fort à une veillée funèbre ou la retenue et l'escamotage des défauts du défunt font partie des mœurs…il ne manquait plus que la Fatiha et les mines compatissantes qui vont avec …et nous l'avons eue suite à la demande du chef de bloc de Nidaa Tounes de saluer la mémoire de la défunte mère du député Madhioub…donc récitation à l'unisson de la Fatiha pendant la plénière sous la conduite du maître des cérémonies, désormais patenté, des mariages et des deuils vip :le député Mourou.
Pour parfaire l'ambiance très « loukoum », nous eûmes bien sur droit aux éternels optimistes ou plutôt ceux qui croient qu'afficher son optimisme attire la confiance des Tunisiens mais surtout des ONG étrangères pourvoyeuses d'avantages non négligeables.
Ces derniers donc, nous entretinrent de « journée historique » et de leur enorgueillissement de voir mises en pratique les dispositions théoriques de la constitution.
Ainsi préférant ignorer les dangereux mobiles ayant conduit au vote de confiance, l'aveu d'échec constaté et l'échec probablement à venir, les « béats » se réjouissaient d'une manière désincarnée du formalisme du recours à la constitution et du bal des hypocrites auquel ils assistaient masqués comme toujours.

Si l'échec est acté malgré les tentatives de relativisation faites par Essid lors de son discours devant la plénière, et même avant, à coup de victimisation assez grotesque et sordide de sa personne devant une horde de vautours, Habib Essid a pu bénéficier d'une certaine sympathie malgré son bilan négatif vu la réelle existence de cette horde de vautours en face.
En effet, Essid bénéficie aujourd'hui d'une sympathie en creux qui est l'envers de l'aversion d'une grande partie de l'opinion publique pour les opportunistes de Nidaa Tounes, acoquinés avec les hommes d'affaires véreux et pour le népotisme qui y règne, cristallisé dans la personne du fils du président de la république : Hafedh Caïd Essebsi promu chef de Nidaa Tounes, le parti qui a tellement grossièrement manœuvre qu'il a fini par donner l'impression de juste vouloir la tête de Habib Essid.
C'est justement cette « sympathie-sanction », couplée au naturel mouvement humain de soutien du malmené et a un œdipe qui fit qu'on pleura tour à tour Mohamed Ghannouchi, Hamadi Jebali et Mehdi Jemâa, qui a enfanté le jour de la plénière, les tweets et autres statuts de soutien ou plutôt de compassion à l'égard du chef du gouvernement sortant.

Aujourd'hui, même ceux qui, il n'y a pas très longtemps, considéraient Habib Essid comme un détestable rejeton de l'ancien régime comme le Front Populaire ou même pire comme un suppôt de la mafia trabelsienne (voir à cet égard l'article paru sur al Fajr News organe d'Ennahdha) comme Ennahdha, ne manquent pas de souligner la droiture de l'homme, compliment qui fait figure, surtout dans la bouche d'Ennahdha, décidée a lui retirer la confiance, d'un lot de consolation.
Si cette absence de sens peut sembler paradoxale à un observateur non averti, elle n'est en réalité que dans la droite ligne de la perte de sens qui a caractérisé notre vie politique depuis les dernières élections et qui est l'origine de la crise actuelle.

Ainsi si la constitution a prévu une construction selon laquelle le chef du parti vainqueur des élections doit être le chef du gouvernement de manière à lui garantir une légitimité politique qui l'habilite à prendre les décisions les plus lourdes issues du programme de son parti et dont il portera la responsabilité avec son parti même envers le mécontentement populaire qu'elles pourraient générer (un exemple qui pourrait parfaitement illustrer le propos et qui est d'actualité serait l'exemple du parti socialiste français qui a imposé sa loi travail malgré la fronde populaire), nos gouvernants ont choisi de customiser selon leur bon vouloir ce modèle constitutionnel.
Ce modèle constitutionnel a été sacrifié sur l'autel du mariage contre nature Nidaa-Ennahdha. Ce mariage d'intérêt a paralysé le processus décisionnel, le noyant dans la nécessite du compromis perpétuel et Habib Essid n'était que l'interface de ce compromis qui a perverti la constitution et qui a ankylose l'Etat. L'exemple le plus frappant pour illustrer ce propos demeurera la question de la neutralisation des mosquées et les compromissions honteuses du gouvernement lors de la crise de la mosquée Lakhmi ou de celle du cas Othman Battikh suite à la manifestation d'un équilibre de la terreur entre Ennahdha et Nidaa.
Ce système perverti ne fait du chef du gouvernement, normalement pièce maîtresse du système, qu'un haut fonctionnaire qui doit être à l'écoute des intérêts avouables, ou moins avouables, de ses maîtres. Ainsi Habib Essid n'a choisi ni sa politique ni ses ministres. C'est peut-être aussi l'une des causes qui expliquent la gêne des députés à lui faire porter la responsabilité de la crise.

Habib Essid n'est ni responsable du système électoral ni de la constitution qui sont et seront à l'origine de notre fragilité politique et pas plus responsable de ce consensus mou et saugrenu qui paralyse le pays.
Et il en sera ainsi du prochain chef du gouvernement si rien n'est fait pour assainir au préalable le climat politique des opportunistes, des corrompus et de tout népotisme et pour redonner du sens à la vie politique en rompant avec les compromis qui ont vidé l'engagement politique de son sens.

Le nouveau chef de gouvernement ne sera pas plus sauvé que Habib Essid par la majorité large qui le soutiendra car ces majorités et ces alliances ne sont qu'opportunistes et dépourvues de fond.
Si notre entrevue très récente avec le président de la République nous a donné l'espoir d'en finir avec ce modèle hybride en désignant un chef de gouvernement politique et charismatique, l'ambiance grosso modo sirupeuse de la plénière d'hier nous laisse craindre la reconduction du même modus operandi.


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