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Youssef Chahed : Toute la vérité et rien que la vérité !
Publié dans Business News le 28 - 08 - 2016

« Nous devons dire la vérité au peuple et il est de mon devoir de le faire ! ». Son discours, prononcé avec aplomb, lors de la plénière du vote de confiance à l'ARP, a valu à Youssef Chahed l'ovation des députés présents à l'hémicycle. La confiance des élus du Parlement en poche, Youssef Chahed traine aujourd'hui l'ingrate mission de restaurer la confiance populaire en son équipe gouvernementale dite d'union nationale. S'il part avec certaines réserves émises par les partis, le contexte même de son exercice, avec une Tunisie économique malade et une classe politique dans laquelle on ne croit plus, est plus qu'hasardeux.

Le gouvernement de Youssef Chahed a prêté serment devant le président de la République hier, samedi 27 août 2016. Après la cérémonie de passation des pouvoirs, prévue demain à Dar Dhiafa, le gouvernement Chahed sera officiellement en exercice.

Lors de la plénière de vote de confiance, vendredi, Chahed n'a pas mâché ses mots dressant un tableau brut, mais justement alarmiste, de la situation économique actuelle de la Tunisie. Une croissance de 1,5 % en 2016, des taux de développement et d'investissement connaissant une baisse considérable, près de 112.000 recrutements depuis 2011 dans la fonction publique, une masse salariale de la fonction publique qui a doublé depuis 2010, monopolisant 13,4 MD du budget de l'Etat, la dette publique a atteint 65 MD soit le double de celle de 2010, les caisses sociales sont dans le rouge avec 1648 MD de déficit, la dépréciation du dinar est alarmante, la production du phosphate a baissé 60 % pour atteindre le niveau de 1928, le nombre de chômeurs a atteint 650.000, et bien d'autres faits alarmants auxquels son équipe, fraîchement investie, devra faire face.
Youssef Chahed a aussi répondu aux critiques formulées contre son gouvernement au sujet de « prétendues directives dictées par les institutions internationales, dont le FMI » : « Ce n'est pas le FMI qui est venu vers nous, c'est nous qui l'avons sollicité », expliquant l'ampleur de la dette tunisienne. Des critiques émises par des parties politiques, dont les formations de gauche comme le Front Populaire qui a voté contre la confiance au gouvernement, accusant le gouvernement Chahed « d'obéir aux exigences des organismes et institutions financiers internationaux et qui menacent la souveraineté de la Tunisie, son peuple et les institutions de l'Etat ».

Mais Youssef Chahed, en plus d'endosser son costume de chef de gouvernement qui devra assumer les responsabilités de la période actuelle, a aussi lancé une pique aux citoyens tunisiens qui devront, eux aussi, mettre la main à la pâte ayant une part de responsabilité dans la crise actuelle. « Nous sommes tous responsables de la situation actuelle, classe politique, société civile, médias, administration …Nous sommes tous responsables », a martelé Youssef Chahed lors de son discours ajoutant que la part du citoyen tunisien est grande.
Ce sera pourtant ces citoyens-là qu'il faudra convaincre. Des Tunisiens dont la confiance en les gouvernants actuels s'effrite à chaque changement de pouvoirs. Le plus jeune chef de gouvernement en exercice en Tunisie a même jeté dans la marre le pavé de l'austérité. Une austérité qui sera nécessaire si « rien de change » et qui implique des décisions douloureuses telles que la réduction des dépenses de l'Etat, le licenciement de milliers de fonctionnaires du public, l'augmentation des impôts et la suspension d'investissements dans le développement et l'infrastructure.

L'entrée en la matière de Youssef Chahed est réussie, et a été applaudie dans l'hémicycle, pour ce jeune quadra dans lequel beaucoup d'espoirs sont placés. « Un sans-faute ! », se sont criés certains. Et pourtant, les priorités du gouvernement de Youssef Chahed, dictées par l'Accord de Carthage, sont plus qu'ambitieuses : il devra lutter contre le terrorisme, l'endettement et la corruption. Rien que ça ! Il devra aussi travailler dans des circonstances délicates et restaurer une confiance que ceux qui l'ont succédé ont perdue. Les cinq dernières années ont, en effet, vu se succéder six gouvernements différents, qui ont tenu des discours, pour la plupart, irréalisables et qui ont éloigné la population des grands slogans brandis lors des manifestations de 2011.

Mais si Youssef Chahed évoque le terme « terrifiant » d'austérité, il pourra s'attirer la foudre de la puissante centrale syndicale. Et la réaction de cette dernière n'a as tardé. Suite à son discours prononcé au Parlement, l'UGTT s'est empressé de publier un communiqué hier, dans lequel elle met en garde « ceux qui osent toucher au rôle économique et social des institutions publiques », entendez par cela, « tenir tête à l'organisation syndicale ». Une organisation qui a son mot à dire dans la composition du nouveau gouvernement d'union nationale (l'aval de Carthage en poche) et disposant de moyens de pression qui peuvent mettre à mal une action gouvernementale qui est, déjà, exercée dans un environnement de grande tension.

En plus de l'influence de l'UGTT, Youssef Chahed devra faire face à l'acharnement des lobbys politiques et aux calculs partisans. Il ne suffira pas à ce membre de Nidaa Tounes de montrer patte blanche et de prononcer de grands discours, il devra gérer des couacs communicationnels légués par des prédécesseurs, ainsi qu'un fonctionnement administratif très particulier. Egalement à la tête de ses priorités, une corruption qui a mis des années à gangréner en toute impunité.

Le gouvernement de Youssef Chahed n'a pas plusieurs choix face à lui : « il devra réussir, ou réussir », de l'avis de députés à l'ARP. Force est de reconnaitre que sa tâche se révèle doublement laborieuse. Il devra restaurer la confiance dans l'appareil d'Etat mais aussi dans une équipe qui part avec certains a priori et qui ne bénéficie pas de la totale confiance des partis qui la composent.
« Nous devons nous lever pour la Tunisie », a scandé Youssef Chahed, ovationné par les membres du Parlement. Un discours « à la hauteur » de sa mission, se sont félicité certains observateurs. Et pourtant, il faudra au nouveau chef de gouvernement plus qu'une équipe de conseillers en communication pointilleux et brillants pour réussir sa mission. S'il devra dire toute la triste vérité au peuple, son action est appelée à être à la hauteur de la situation qui a permis son investiture.


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