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La sûreté de l'Etat soupçonnée d'atteinte à la sûreté de l'Etat….
Publié dans Business News le 06 - 11 - 2017

C'est sans aucun doute l'un des week-ends les plus houleux de l'Histoire de l'Arabie saoudite avec l'arrestation de 11 princes, 4 ministres et des dizaines d'ex-ministres au motif de lutte contre la corruption. Pour le moment, ils sont tous logés dans la « prison » feutrée du Ritz de Ryadh, un des meilleurs palaces du pays. Une première ! Parmi les plus connus chez nous, on cite notamment Al Walid Ibn Talel et Salah Kamel, deux grands amis de la Tunisie qu'ils ont aimée et où ils ont investi à leur manière. Une manière qui ne plait pas forcément à tous, notamment en ce qui concerne les Berges du Lac où Salah Kamel a conditionné son investissement par l'interdiction d'alcool dans la zone, mais ceci n'empêche que leurs investissements ont gardé des traces positives dans notre pays. Ce même week-end, dans la même Arabie saoudite, on a vu le Premier ministre libanais Saad Hariri, fils du martyr et leader Rafik Hariri, présenter sa démission. Une première mondiale qui a surpris tous les observateurs ! Le Premier ministre d'un Etat souverain qui annonce sa démission depuis un autre pays sur une chaîne étrangère concomitamment avec la purge politique sans précédent, il y a de quoi s'interroger sur ce qui se passe dans cette région. Et on se tromperait lourdement si l'on croit que la Tunisie n'est pas touchée ou concernée, car la fin de semaine a été également houleuse chez nous, même si c'était moins spectaculaire, avec ce qu'on peut appeler un véritable scandale d'Etat.

Vendredi 3 novembre vers 13 heures, les médias les plus sérieux de la place relaient, quasiment en même temps, la nouvelle du mandat de dépôt émis par un juge d'instruction du Tribunal militaire contre Najem Gharsalli, ancien ministre de l'Intérieur et qu'on croyait encore ambassadeur de Tunisie à Rabat. Moins d'une demi-heure plus tard, les mêmes médias (dont Business News) rétropédalent en annonçant qu'il n'y a pas eu de mandat finalement et que M. Gharsalli est en liberté. Une erreur ? Il est toujours possible qu'un média, aussi sérieux soit-il, commette une erreur en publiant une information insuffisamment vérifiée, personne n'y échappe. Mais que tous les médias se trompent en même temps, cela est impossible. Chaque média a ses propres sources et chacun croise ses propres informations avec ses différentes propres sources et il y en a au moins deux. Ceci était valable pour Business News, mais également pour quelques autres confrères qui n'ont pas l'habitude du plagiat et qui sont réputés pour leur sérieux. Qu'est-ce qui s'est alors passé ce fameux vendredi dans le dossier de Najem Gharsalli ?
Le matin, avant 10 heures, le président de la République reçoit le ministre de la Défense. Quelques heures après, on annonce le mandat de dépôt d'un ancien ministre par un juge militaire théoriquement indépendant de son ministre de la Défense. Quelques minutes après, on annonce que le mandat a été contesté parce que ledit ancien ministre est techniquement encore juge et il ne saurait être privé de sa liberté sans l'aval du Conseil supérieur de la magistrature. En milieu d'après-midi, des conseillers du président de la République appellent quelques journalistes et patrons de presse pour tenter de redorer le blason de Najem Gharsalli et dire qu'il y a beaucoup de contrevérités dans son histoire, telle que relayée par plusieurs médias qui ont l'habitude de vérifier et revérifier leurs infos. En fin d'après-midi, le ministère des Affaires étrangères (organiquement dépendant de la présidence) publie un communiqué laconique faisant part du limogeage, depuis quelques jours déjà, de M. Gharsalli de son poste d'ambassadeur à Rabat.
Pourquoi le ministère des Affaires étrangères n'a pas communiqué plus tôt sur le limogeage ? Pourquoi le ministère de la Défense n'a pas communiqué sur l'évolution de ce dossier brûlant sans pour autant violer le secret de l'instruction ? Quelle est la position de la présidence de la République dans toute cette affaire ?
Najem Gharsalli n'est pas le seul cité dans cette affaire. Avant lui, le même juge a auditionné et fait arrêter Saber Laâjili, directeur général de la Sûreté touristique et Imed Achour, directeur général des services spécialisés du ministère de l'Intérieur. En bref, trois hautes personnalités de l'Etat, mastodontes de son appareil sécuritaire qui, le moins que l'on puisse dire, sont impliquées dans une affaire de sûreté de l'Etat. L'Etat menacé par l'Etat en somme…
Les informations controversées et les points louches dans cette affaire ne datent pas de vendredi dernier. Précédemment, Mohamed Abbou, ancien député, avocat militant et dirigeant au sein du parti Attayar, a déclaré que Saber Laâjili, arrêté depuis le mois de mai, subit une grande et grave injustice dans ce dossier. La famille de Imed Achour est allée dans le même sens, vendredi dernier lors d'un point de presse quasiment boycotté par tous les médias.

Quelles conclusions tirer ? Du cafouillage à plusieurs niveaux. Judiciaire d'abord, car le parquet et/ou le juge d'instruction se doit de donner un minimum d'informations au public puisque cette affaire n'est pas anodine et touche la sûreté de l'Etat et de hautes personnalités de l'Etat. Le secret de l'instruction n'est pas suffisant pour justifier le mutisme. Il n'y a que dans les dictatures militaires où l'on considère que les affaires de l'Etat (et ses scandales) ne concernent pas les citoyens.
Il y a ensuite le cafouillage de la présidence de la République qui suit le dossier de très près. Bon à rappeler, les hauts dirigeants cités n'ont pas été nommés par Ennahdha ou la troïka, mais par l'équipe de Béji Caïd Essebsi. Bon à rappeler aussi, le premier à être cité dans cette affaire est le très controversé Chafik Jarraya, qui, avant son arrestation, fut très proche de Nidaa Tounes, parti dirigé par le fils du président de la République.
Deuxième cafouillage de la présidence, l'intervention supposée dans la « libération » de Najem Gharsalli. C'est quand même étrange que le président de la République reçoive le ministre de la Défense presque au même moment où ses services devaient procéder à son arrestation.
Tout le monde sait par ailleurs que Khemaïes Jhinaoui est un diplomate très discipliné qui n'oserait jamais limoger un ambassadeur ou publier un tel communiqué laconique, sans avoir consulté au préalable le président de la République. Comment donc expliquer que cette même présidence défende et enfonce le même Gharsalli en un seul après-midi ?
Y a-t-il eu cafouillage du MAE avec la publication de ce communiqué ? Fort improbable… N'empêche, il y a eu quand même cafouillage quand on sait que M. Gharsalli est cité dans cette affaire depuis longtemps et qu'on l'a quand même maintenu à son poste. Pour beaucoup moins que cela, Fadhel Abdelkefi a dû démissionner des deux ministères qu'il dirigeait ! Le limogeage de l'ambassadeur aurait dû se faire depuis l'été et le communiqué l'annonçant aurait dû se faire le jour même de la prise de décision. Mais comme le MAE ne décide rien sans consulter le palais de Carthage, on peut soupçonner ce dernier d'être à l'origine du cafouillage. Avec tout cela, il commence à en faire un peu trop et il faudrait mettre un terme. Une seule solution prévaut : la bonne communication de la vérité, ce qui n'est plus le fort de la présidence (depuis le départ de Moez Sinaoui) ni du MAE et encore moins de l'appareil judiciaire militaire.

Maintenant, la question qui se pose est faut-il voir un lien entre ce qui s'est passé en Arabie saoudite ce week-end et cette affaire impliquant Chafik Jarraya et Najem Gharsalli ? Tiré par les cheveux? Peut-être... Le moins que l'on puisse dire est que les deux scandales portent un seul titre générique, la lutte contre la corruption. C'est la mode en ce moment et différentes ONG payées de l'étranger en font leur porte-drapeau et le gagne-pain principal de leurs « militants ».


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