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2018 pourra être le dernier hiver de la Tunisie
Publié dans Business News le 02 - 01 - 2018

Une nouvelle année démarre et, avec elle, une série de résolutions, d'espoirs et d'espérances. Meilleurs vœux à tous mes lecteurs, à tous les Tunisiens, à tous les laïcs, à tous ceux qui veulent que notre pays soit libre, développé, propre, émancipé, civilisé, de droit, de justice et de prospérité. Pensée à tous les martyrs qui nous ont quittés en 2017 pour qu'on puisse vivre décemment et atteindre ces objectifs. Ce n'est pas demain la veille cependant, beaucoup d'entre-nous continuent à regarder la partie vide du verre et à dire (et penser) que tout va mal, que l'actuel pouvoir n'a fait que mentir et décevoir. Il est vrai que nous autres médias sommes beaucoup responsables dans ce défaitisme général qui veut que l'on regarde le présent avec amertume et l'avenir avec pessimisme.
Peut-il en être autrement quand on voit cette Loi de Finances 2018 qui va affaiblir les entrepreneurs créateurs de richesses et appauvrir encore davantage les pauvres ? Quel constat pourrions-nous faire après avoir subi les humiliations les unes derrière les autres ? Que penser de nous-mêmes quand un pays comme les Emirats arabes unis, créé de toutes pièces en 1971, est interdit d'accès aux Tunisiennes, même munies d'un visa de transit ? Quel jugement ferions-nous de nous-mêmes quand on voit nos plus vieux partenaires (et soi-disant amis) nous infliger l'humiliante inscription sur une liste noire de paradis fiscaux, alors que les contribuables en règle subissent une des plus fortes fiscalités au monde ? On peut énumérer jusqu'à demain les mauvaises choses et tout ce qui ne va pas, c'est notre rôle de médias de nous arrêter et de parler des trains qui n'arrivent pas à l'heure, sauf qu'il faut savoir garder raison et ne pas exagérer dans le pessimisme. Il ne s'agit pas de parler des trains qui arrivent à l'heure, mais noter plutôt des choses ayant eu lieu en 2017 et qui autorisent l'optimisme pour 2018 et les années à venir. Des choses qui nous semblaient inimaginables il y a quelques années et que l'on est en train de réaliser grâce à la pression des médias, de la société civile, des entrepreneurs et chefs d'entreprise et à une indéniable volonté politique pour aller de l'avant. Il s'agit de prendre un peu de distance par rapport aux événements et par rapport au pays pour constater que tout ne va quand même pas si mal que ça, que notre pays n'est pas si mauvais quoique nous disions, nous autres médias, quoique disent les ONG financées de l'étranger et quoique dise l'opposition.

Qu'est-ce qui a donc eu lieu en 2017 et autorise l'optimisme pour 2018 et les années à venir ?
Bien que cela a été dit et répété 1000 fois, l'acquis de la liberté d'expression dans le pays est une richesse inestimable et on continue à consolider cet acquis. Le pouvoir actuel n'a pas eu raison de nous et ce n'est pourtant pas sa volonté de faire autrement qui a manqué. Nous continuons, nous autres médias, à résister pour fournir aux lecteurs/téléspectateurs/auditeurs de l'information qui dérange et de l'analyse qui agace. Je reviendrai plus longuement sur ce point dans deux semaines à l'occasion du dixième anniversaire de Business News.
Le 18 août dernier, le ministre de la Coopération internationale et ministre par intérim des Finances, Fadhel Abdelkéfi, a présenté sa démission suite à un « scandale » médiatique. Sa société Tunisie Valeurs, dont il était le DG avant son entrée au gouvernement, est accusée d'une infraction douanière. L'affaire a éclaté dans les médias (chose inimaginable il y a 7 ans), et n'a pas été étouffée par la douane qui dépend hiérarchiquement de ce même ministre (chose tout aussi inimaginable), ni par la justice qui a, pourtant, l'habitude (jusqu'à maintenant) d'étouffer les dossiers sensibles. Face au scandale, le ministre a préféré démissionner alors qu'il savait qu'il n'a rien fait d'immoral, ce qui était également inimaginable. Le 14 septembre, Fadhel Abdelkéfi comparait devant le tribunal et bénéficie d'un non-lieu. Coup de théâtre cependant, le parquet fait appel, ce qui était inimaginable il y a sept ans, quand on sait que ce parquet dépend hiérarchiquement du ministre de tutelle. Et pourtant ! Le 20 décembre, la cour d'appel de Tunisie décide de condamner l'ancien ministre. Rendez-vous bientôt à la cour de cassation pour la suite de ce feuilleton politico-judiciaire qu'on ne voit que dans les pays développés.

Le 17 décembre dernier, un blogueur controversé, condamné à de la prison ferme par la justice et encore poursuivi pour des affaires sulfureuses, réussit l'improbable en remportant des législatives partielles en Allemagne devant les partis au pouvoir et une machine électorale censée être imbattable. Cet exercice démocratique est à lui seul un acquis considérable, même s'il a fait passer quelqu'un qu'on peut considérer comme sulfureux. Certes la démocratie a fait également passer Adolf Hitler, George Bush Jr et Donald Trump, mais ce choix démocratique (qu'on croit bon) reste le nôtre et on le réussit. Sur le long terme, ce choix est le moins mauvais possible pour les générations futures et il vaut nettement mieux qu'une dictature aussi éclairée soit-elle.
Le 21 décembre dernier, la Tunisie vote à l'ONU une résolution contre la décision de Donald Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d'Israël. On a beau dire que le pouvoir actuel est à la botte des Etats-Unis, de la Banque mondiale et du FMI, il a quand-même pris position allant à l'encontre de ses intérêts et allant de pair avec la volonté des Tunisiens. Pas sûr qu'une telle décision courageuse aurait pu être prise par la troïka au pouvoir du temps des Islamistes.
La loi de Finances 2018 a prévu des décisions suspendant l'accord de libre échange avec la Turquie. Précédemment, on a arrêté l'importation des glibettes blanches turques. Deux mesures protectionnistes qui vont à l'encontre des intérêts de la Tunisie, sa réputation de respect des accords signés (même si la suspension de l'accord fait partie de l'accord) et son économie supposée être ouverte, mais qui vont de pair avec la volonté des Tunisiens. Pas sûr qu'une telle décision aurait été prise par la troïka au pouvoir du temps des islamistes, totalement inféodés aux Turcs.
Le 8 septembre dernier, le ministre de la Justice Ghazi Jeribi a signé une circulaire faisant annuler la fameuse circulaire numéro 216 du 5 novembre 1973 interdisant aux Tunisiennes de se marier à de non-musulmans. « L'article 73» est aboli, désormais, les Tunisiennes, à l'instar des Tunisiens, auront le droit de se marier à des non-musulmans. Une idée lancée par Béji Caïd Essebsi le 13 août dernier, le même Caïd Essebsi qui a autorisé les mamans tunisiennes, deux ans plus tôt, à voyager avec leurs enfants sans une autorisation paternelle.
Ce même 13 août 2017, Béji Caïd Essebsi a lancé un pavé dans la mare à propos de l'égalité de l'héritage entre les femmes et les hommes déclenchant ainsi toute une polémique dans les rangs islamiques et conservateurs tunisiens et arabes qui l'accusent, en toute hypocrisie, de vouloir imposer des lois contraires à la loi divine. Ces mêmes islamistes/conservateurs, pourtant, acceptent que l'on ne coupe plus les mains des voleurs et que l'on ne pende plus les condamnés sur les places publiques, alors que la même loi divine l'impose clairement dans les textes.
Le 25 avril 2017, le projet de loi N°42/2017 portant modification de la loi n°92-52 du 18 mai 1992 relative aux stupéfiants a été adopté. Désormais, un consommateur de cannabis n'est plus condamné à un an de prison et 1000 dinars d'amende. La sanction est allégée et va de pair avec la législation en la matière dans les pays civilisés.
Précédemment, et depuis 2016 déjà, en matière de code pénal, tout suspect arrêté par la police a droit à la présence d'un avocat. Ce même suspect, en vertu de la nouvelle loi, a droit à une série de nouveaux droits qui empêchent la police de faire ce que bon lui semble : accompagnement d'avocat, information de la famille ou de l'ambassade, information en langage clair de la procédure engagée et des motifs de l'arrestation, citation des droits… Qui pouvait croire que cela pouvait avoir lieu en Tunisie, il y a sept ans de cela ?

Ces acquis sont là. Certains disent qu'ils sont minimes et que les gouvernants n'ont pas fait quelque chose d'extraordinaire. Sauf que l'on oublie que ces mêmes gouvernants dirigent un peuple composé d'énormément de citoyens qui ne paient pas les impôts, qui ne s'arrêtent pas aux feux rouges, jettent leur détritus par la fenêtre, fument dans les endroits publics clos, ne balaient jamais devant leur porte et, par leur éternelle insatisfaction, s'amusent à ajouter du noir à la sinistrose.
A force de casser toute bonne chose entreprise, tout projet novateur, de ne s'arrêter que sur les trains qui arrivent en retard et de broyer du noir, on risque de finir dans le noir. Il reste beaucoup à faire, c'est indéniable, mais beaucoup a été fait et ce qui a été fait ces dernières années, et en 2017 particulièrement, autorise l'optimisme pour les années à venir, car la Tunisie évolue et change positivement.


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