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De sa détention, Chafik Jarraya a mis à nu ses amis et ses ennemis
Publié dans Business News le 29 - 05 - 2017

A l'actualité cette semaine, le début de la longue saison du farniente, la visite de Béji Caïd Essebsi à Ryad et à Taormina où il a eu des rencontres avec les plus grands dirigeants du monde et l'opération « Mani pulite » lancée par Youssef Chahed visant les grands barons de la contrebande et de la corruption en Tunisie.

Bien que mouvementée, la semaine a été celle de l'optimisme et de la foi en un avenir meilleur. De nouveau, on croit voir le bout du tunnel, une lumière qui jaillit de nulle part. C'est la magie de la politique, sans quoi, rien n'est possible. De simples décisions politiques ont tout chamboulé et les pires adversaires de Youssef Chahed sont devenus, en un après-midi, ses meilleurs soutiens. Il n'est pas magnifique ce peuple (le plus intelligent de la terre, croit-il) qu'on peut conquérir et séduire, en un après-midi ? Qu'on peut manipuler en un après-midi, diraient d'autres.

A Ryad et à Taormina, les nouvelles sont bonnes. Du moins pour nous les Tunisiens. La guerre contre le terrorisme est bel et bien déclarée et nous aurons les moyens de le combattre. Les photos de Béji Caïd Essebsi tout sourires avec Donald Trump, Angela Merkel et Emmanuel Macron reflètent l'intérêt qu'ont les plus grandes puissances du monde pour la Tunisie, sa révolution et son combat. Il est loin bien loin, le déni de la Tunisie lorsque ses dirigeants de l'époque disaient que les terroristes ne sont pas venus de la planète Mars, qu'ils sont nos enfants et que le mal n'est pas en eux. Bien loin le temps où l'on disait que le salafisme et le radicalisme ne sont qu'une opinion et une vue de l'esprit. Voir la Tunisie retrouver sa place dans la diplomatie internationale des grandes nations est un pur plaisir.

Cette photo de Béji Caïd Essebsi au milieu de Merkel et Trump permet de mesurer le chemin parcouru depuis la vidéo de 2012 montrant l'ancien président tunisien Moncef Marzouki prendre des leçons de tenue de la part de l'émir qatari.

La semaine avant-dernière, le sit-in d'El Kamour et les manifestations au sud du pays enregistraient la mort d'un manifestant, la blessure d'un nombre de personnes parmi les forces de l'ordre (dont un a failli être brûlé vif) et la manipulation grotesque par l'IVD du témoignage de Imed Trabelsi. L'opposition (mai aussi une partie de membres du parti au pouvoir) jetaient de l'huile sur le feu à tout va avec pour objectif le renversement du gouvernement.

Mardi dernier, Youssef Chahed renverse la table et entame la guerre contre la corruption par l'arrestation de 8 barons supposés, à leur tête Chafik Jarraya. Appelons les choses par leur nom, c'est un coup de maître dont les résultats ont dépassé (pour le moment) ses espérances. Il a volé la vedette à tous les « parrains » de la lutte contre la corruption en confisquant leurs fonds de commerce et les éléments de langage qui vont avec. Personne n'a l'exclusivité de la lutte contre la corruption.
L'écrivaine Olfa Youssef a résumé les réactions des Tunisiens par rapport à ces arrestations en six types :
- Des réactions paranoïdes : "il y a anguille sous roche": pourquoi seulement ceux-là ? Où sont les corrompus d'un certain parti ? Trop beau pour être authentique, etc.
- Des réactions schizophrènes : hier, ils sont amis avec Jarraya ; hier, ils sont payés par lui ; aujourd'hui, ils le dénigrent et applaudissent son arrestation.
- Des réactions psychotiques : Il ne s'est rien passé...Tout continuera comme avant.
- Des réactions névrosées (idolâtrie du père) : Go Djo, nous sommes tous derrière toi !
- Des réactions hystériques : personne ne pourra toucher à la corruption dans ce pays, on est foutus.
- Très peu de réactions calmes et pondérées : wait and see.

Sur les réseaux sociaux, et depuis mardi dernier, on assiste à une sorte d'hystérie. Il y a eu huit arrestations en tout, mais les noms défilant sur les pages se comptaient par dizaines. De fausses pages ont été créées pour jeter en pâture les noms des personnes supposées avoir été corrompues, on a usurpé l'identité de la grande juge Kalthoum Kennou en créant une page en son nom, on a utilisé le logo de Mosaïque FM pour diffuser de fausses informations et donner de la crédibilité à ces publications, etc. Du véritable règlement de compte et lynchage public, comme dans les années 2011-2013.

Les partis dits révolutionnaires, et par qui l'exemple devait venir, sont aux premières loges. Irada de Moncef Marzouki répète en boucle le nom du lobbyiste Kamel Letaïef qui devrait être arrêté lui-aussi. A entendre ce parti dont certains membres voudraient utiliser les armes réelles pour régler les comptes politiques, c'est Letaïef qui serait derrière les arrestations et c'est lui qui serait derrière la manifestation de soutien à Youssef Chahed. On réclame la saisie des biens de 300 personnes dont les noms ont été inscrits on ne sait trop comment, ni par qui exactement. Paradoxalement, celui qui appelle le plus à ces confiscations (Salim Ben Hamidène) mérite lui-même de voir ses biens confisqués à titre conservatoire tant il traine de casseroles.

Du côté d'Attayar, on s'interroge si l'on va confisquer les biens de Marouen Mabrouk et Hédi Djilani, alors qu'ils ont été déjà innocentés par la justice après des années de procédures complexes et durant lesquelles ils ont réussi à prouver que leurs richesses sont licites.
Chez les ONG payées de l'étranger, on présente les engagements bancaires ordinaires d'hommes d'affaires comme étant des dettes non remboursées.

De simples vérifications ou du simple bon sens suffit pourtant à contrecarrer tous ces lynchages. Sauf qu'il est impossible de parler avec cette hystérie collective.
Certains de ces hommes d'affaires en question, jetés en pâture par I Watch et ses inféodés, ont des sociétés cotées en bourse, il suffit de lire leurs bilans et les rapports de leurs commissaires aux comptes !
Kamel Letaïef a toujours avoué qu'il est lobbyiste et fait de la politique. S'il y a une affaire de corruption contre lui, et en supposant qu'il a corrompu les juges pour le blanchir, que ses accusateurs montrent au public les preuves de sa corruption ou de ses malversations ! Ils étaient bien au pouvoir pendant trois ans, pourtant, et ont eu accès à tous les documents qu'ils veulent ! Bon à rappeler, ils étaient carrément incapables de le citer négativement dans leur sulfureux Livre noir.
La vérité est que ces ONG et ces partis sont comme des hyènes. Ils ne peuvent survivre qu'en mangeant des cadavres. Peu importe la réputation et l'honneur des gens, l'essentiel est qu'ils obtiennent une légitimité auprès de leur public.

Chafik Jarraya, depuis sa prison, a réussi à mettre à nu ses amis et ses adversaires. A ôter le voile d'hypocrisie, et de schizophrénie aussi, chez eux.
Les mêmes qui jetaient en pâture les « azlem » (les figures de l'ancien régime) se sont retrouvés défenseurs de la justesse de la procédure judiciaire. Quand les « azlem » étaient jetés en prison, au-delà de la durée de détention légale, et séparés de leurs biens, ils trouvaient ça normal sous prétexte de révolution. Mais quand c'est Chafik Jarraya qui a subi cela, ils ont crié au scandale, à l'injustice et à la nécessité de passer par la justice ordinaire. Cette même justice qu'on accuse d'être corrompue quand les concernés sont les « azlem ». Cette même justice qui a reçu les dossiers de Jarraya depuis des mois sans bouger. L'exemple le plus spectaculaire de cette schizophrénie est indéniablement le juge Ahmed Rahmouni dont on ne connait toujours pas l'origine des financements de son observatoire ou ce qu'il fait exactement avec l'argent versé.
Le plus abject est de trouver des proches de Chafik Jarraya, dont des députés, se mêler à la foule pour applaudir son arrestation et appeler Youssef Chahed à aller de l'avant.

Dans tout ce tohu-bohu, on a oublié la question centrale, intelligemment zappée par les autorités. La première question qui aurait dû être posée par les médias, les partis et les observateurs de tous bords : de quoi Chafik Jarraya et les autres sont accusés exactement ? Qu'est-ce qu'on leur reproche ?
Le parquet militaire a annoncé vendredi (moins de 72 heures après son arrestation) avoir ouvert une instruction pour atteinte à la sûreté externe de l'Etat ; trahison et complicité ; et sa mise à la disposition d'une armée étrangère en temps de paix et ce après avoir reçu des plaintes contre lui faisant part de son implication dans des actes portant atteinte à la sûreté de l'Etat.
Tout cela est beau, mais de quoi s'agit-il exactement ? Quelle est cette armée étrangère ? Comment s'est-il mis à sa disposition ? Qui a déposé plainte contre lui ?
On répète à l'envi sur les réseaux sociaux que Chafik Jarraya a payé des députés et des journalistes. Cela est fort probablement vrai, mais en quoi ceci est condamnable juridiquement parlant, puisqu'on ignore contre quoi cet argent a été versé ? Tout comme Kamel Letaïef, Chafik Jarraya n'a jamais caché faire du lobbying, mais cette activité n'a rien de répréhensible, ni moralement, ni juridiquement, tant qu'il n'y a pas d'argent versé pour faire passer des lois !

Je ne doute pas un instant que Chafik Jarraya soit mêlé à des actes répréhensibles, mais je ne possède toujours pas l'once d'une preuve (juridique) de cela. On voit à l'œil nu la richesse soudaine de plusieurs députés dont la proximité avec Jarraya est notoire, mais il n'en demeure pas moins qu'une procédure judiciaire exige davantage de transparence et de communication dans une démocratie qui se respecte. Et quand il s'agit de personnes en vue dans la sphère publique, cette exigence de transparence devient impérative, car c'est un signal qu'on donne à tout le monde que le pays et sa justice fonctionnent normalement sans distinction.


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