La Banque centrale de Tunisie (BCT) a publié son analyse des échanges commerciaux de la Tunisie premier trimestre 2018. Dans ce document, l'institution financière s'alarme de l'aggravation du déficit énergétique, le prix du baril s'envolant sachant que la Loi de finances a été bâtie sur l'hypothèse d'un baril de pétrole ne dépassant pas les 56 dollars, alors qu'il est actuellement à plus de 75 dollars. Ainsi, l'autorité monétaire a relevé la contraction du déficit commercial de 5,8% au premier trimestre 2018 par rapport à une année auparavant pour revenir à 3.655 millions de dinars (MD) représentant 3,4% du PIB (contre 4% du PIB une année auparavant). Elle a également constaté une forte accélération des exportations (+35,2%) qui s'est conjuguée à une progression moins rapide des importations (+21,3%), entrainant une amélioration du taux de couverture de 7,6 points de pourcentage pour se situer à 73,6%. Elle souligne aussi le redressement de la balance alimentaire (+223 MD contre -384 MD une année auparavant) suite à la forte hausse des exportations d'huile d'olive. Ceci dit, elle met en relief la détérioration de la balance énergétique dont le déficit s'est élargi de 199 MD pour atteindre -1.382 MD et un repli des ventes du secteur des mines, phosphates et dérivés (-26,5%) et ce, en relation avec la poursuite des perturbations au niveau des sites de production et de transport.
En outre, la BCT pointe un déficit commercial demeure élevé au cours du premier trimestre de 2018 et ce malgré la forte expansion des exportations d'huile d'olive et la poursuite de la bonne performance des ventes des secteurs des industries manufacturières. Autre remarque alarmante, la balance énergétique dont le déficit est devenu structurel et exorbitant, risque de se détériorer davantage au cours des prochains mois en lien avec la montée des cours de pétrole qui ont franchi la barre des 75 dollars le baril et la baisse de la production nationale en produits énergétiques.
L'autorité monétaire note la nécessité de la mise en place d'un programme d'efficacité énergétique qui s'articule autour de la diversification des sources en l'occurrence l'exploitation des énergies renouvelables (solaires, éoliennes, etc…), la rationalisation de la consommation et l'accélération des investissements dans les domaines d'exploration et de développement. Autre recommandation, la reprise effective de la production et la commercialisation des produits phosphatés devient impérative afin de préserver les marchés extérieurs et conforter les flux en devises. Par ailleurs, elle souligne la nécessité de remédier au dérapage des importations des produits non-essentiels, en poursuivant la dynamique engagée pour rationaliser la consommation notamment des produits importés et superflus qui n'ont aucun apport dans les chaînes de valeur nationales.
La Banque centrale estime également qu'il est essentiel de mettre en place une démarche efficiente pour la levée des obstacles entravant la conquête du marché libyen et ceux des pays de l'Afrique subsaharienne (facilités de financement, assurance et transport, amélioration de la compétitivité, …).