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Quand l'Etat est un mauvais payeur, ce sont les entrepreneurs qui trinquent !
Publié dans Business News le 17 - 12 - 2019

Des dettes évaluées à près de 600 millions de dinars auprès de plus de 1000 entreprises dont 300 appartiennent à de jeunes entrepreneurs qui ont obtenu des crédits de la BTS. Des entrepreneurs menacés de prison car ils ne peuvent pas rembourser les crédits contractés auprès des banques. Des sociétés qui ont mis la clé sous la porte et licencié plus de quatre mille employés. Voici quelques chiffres pour parler des dettes que l'Etat n'a pas honorées auprès des entrepreneurs et des entreprises avec qui il fait affaire...

Un membre de la Chambre nationale du BTP a assuré dans une déclaration accordée à Business News que les dettes du ministère de l'équipement ont atteint 433 millions de dinars pour des projets finalisés, dont les factures ont été déposées et pour lesquels les travaux ont été examinés et validés. « L'argent n'a toujours pas été versé par le ministère de l'Equipement aux entreprises partenaires. Le même problème va perdurer l'an prochain puisque la direction générale des Ponts et Chaussées a présenté un budget de travaux pour l'année 2020 d'une valeur de 1 400 millions de dinars et que seuls 800 millions de dinars ont été validés, ce qui engagera des dettes d'une valeur de 600 millions de dinars qui seront supportées par les entrepreneurs et qui ne feront qu'approfondir la crise » a-t-il souligné.
La même source a précisé que certains entrepreneurs et surtout les jeunes qui viennent de lancer leurs projets et qui ont contracté des crédits auprès de la BTS ou d'autres sociétés de crédit se sont retrouvés poursuivis en justice et ont enregistré d'énormes pertes financières. Ces pertes sont notamment dues aux pénalités de retard, aux chèques déposés au Tribunal et à des amendes de 10% pour les retards de paiement, qui ne font qu'aggraver la situation financière des entreprises de travaux pouvant mener à leur faillite, a-t-elle expliqué.

D'un autre côté, Riadh Bouricha, propriétaire de la société « Afrique Travaux » a déclaré qu'il ne voit pas d'issue en ce qui concerne la crise entre l'Etat et les entrepreneurs puisque le sujet ne concerne pas uniquement les jeunes entrepreneurs mais aussi les grandes entreprises qui souffrent également de la crise des dettes accablantes que l'Etat semble incapable d'honorer. Il a affirmé que de nombreuses sociétés sont menacées de fermeture et que cette crise économique pourrait s'amplifier et plomber l'économie tunisienne.

Riadh Bouricha a souligné que sa société doit à l'Etat plus de 25 millions de dinars pour des projets validés depuis 2018, considérant que le problème n'est pas seulement le non-paiement mais aussi l'absence de nouveaux projets. Plusieurs petites entreprises ont déjà mis la clé sous la porte et leurs propriétaires sont aujourd'hui en prison, « à cause des chèques qu'ils n'ont pas pu payer aux fournisseurs car l'Etat ne les a pas payés », a-t-il confié.

Mohamed Amine, jeune diplômé et propriétaire d'une petite entreprise bénéficiant d'un crédit de la BTS, a affirmé dans une déclaration accordée à Business News, qu'il est menacé de faillite car il n'a pas été payé pour ses factures de 2018 et 2019 alors que les travaux ont été achevés et validés précisant que l'entreprise avec laquelle il traite n'a, elle-même, pas été payée par le ministère de l'Equipement et n'a donc pas pu lui accorder une grande partie de ses dus. Il s'est donc retrouvé dans une situation difficile, menacé de faillite et de prison car il ne peut plus payer ses fournisseurs et les distributeurs avec lesquelles il a traité.

Mohamed Amine a ajouté qu'à cause des chèques sans provisions qu'il a dû émettre, il a aujourd'hui des amendes dont le montant dépasse les 320 mille dinars, montant supérieur au total de ses bénéfices sur le projet.

Mehdi Fakhfakh, président de la chambre syndicale des entrepreneurs, a souligné dans une déclaration accordée à Business News que la Chambre a adressé une correspondance à l'ARP, au ministère des Finances et au ministère de l'Equipement, concernant le paiement des dettes de l'Etat aux entrepreneurs et que cette lettre est restée sans réponse. Il a précisé que de nombreuses sociétés tunisiennes sont au bord de la faillite car l'Etat n'a pas tenu ses engagements financiers envers ces entreprises. M. Fakhfakh a ajouté que la régression du secteur des travaux publics va approfondir la crise économique tunisienne car ce dernier engage plusieurs autres activités et que l'Etat doit impérativement en prendre conscience. « La faillite de ces sociétés va engendrer un accroissement du chômage et décupler la crise sociale » a-t-il rappelé.

Les travaux de l'échangeur de l'aéroport de Tunis au niveau de la Charguia pourraient être interrompus dans les prochains jours à cause du même problème, soit le non-paiement des dettes, a aussi appris Business News. Le rythme des travaux a été abaissé de moitié durant les trois derniers mois et ils pourraient être définitivement interrompus. Si les travaux sont arrêtés, le projet ne pourra être finalisé dans les délais et des amendes seront imposées à la société qui mène le projet par la faute de l'Etat.
Dans ce contexte de crise profonde vécue par les entrepreneurs tunisiens, nous avons appris que certains grands projets sont accordés à des sociétés étrangères dont celui de « Dar Nawar » pour la construction d'habitations, d'hôtels et d'un grand centre commercial dans la Banlieue de Gammarth.
D'un autre côté, nous avons également eu vent d'une rencontre entre le ministre de l'Equipement, Noureddine Selmi, et le chef du gouvernement désigné, Habib Jamli. Noureddine Selmi aurait mis au courant Habib Jamli de la situation financière du ministère et du dossier de paiement des entrepreneurs. Nous avons tenté de joindre le ministre sans succès, malgré le fait que nos sources du ministère de l'Equipement nous ont confirmé cette rencontre et affirmé que le chef du gouvernement s'est engagé à accorder au sujet l'importance qu'il mérite si son gouvernement est voté.
Tentant de recourir à une autre voie, nous avons contacté la responsable de communication au ministère des Finances qui nous a demandé de lui accorder un délai de réponse avant de juger bon d'éteindre son téléphone portable…


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