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Pouvoir d'achat: qui pense aux retraités ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 23 - 04 - 2019

Alors que le pays traverse une conjoncture socioéconomique compliquée, les retraités des deux caisses sociales seraient les plus affectés et se heurtent à des conditions financières difficiles. Retard du versement des pensions, détérioration de leur pouvoir d'achat et cherté de la vie, ils dénoncent un quotidien parfois douloureux
Il y a quelques jours, au cœur du centre-ville de Tunis, ce sont les retraités qui se sont approprié la rue pour se faire entendre. « Revendiquer l'augmentation de leurs pensions et le recouvrement des sommes d'argent qu'ils doivent aux caisses sociales, à la lumière de la détérioration de leur pouvoir d'achat », telles étaient leurs principales revendications.
En effet, pour un salarié tunisien, faire face à la cherté de la vie s'avère être une lutte acharnée, que dire alors d'un retraité qui voit tous ses privilèges financiers, dont notamment ses primes, et une partie de son salaire supprimés d'un coup. Entre coûts de la vie quotidienne, charges familiales et dépenses de soins, des retraités tunisiens sont confrontés à une réalité parfois insupportable. « Je ne peux même pas acheter des médicaments dont j'ai besoin. Du jour au lendemain, je me trouve dans une situation financière difficile, alors que j'étais un directeur d'usine dans une société respectueuse. C'est vraiment un choc, un changement brusque de mode de vie, d'autant plus que les prix des produits de consommation ne cessent d'augmenter », c'est par ces mots que Hatem, 61 ans, ex-directeur d'usine dans une société de production laitière, décrit sa situation actuelle. En moyenne, il touchait 2.800 DT par mois, primes comprises, aujourd'hui il n'a droit qu'à 1.400 DT alors qu'il a encore une famille à charge.
Le cas de Boutheyna, 65 ans, mère de famille, est pire, elle est retraitée d'un centre privé de radiologie et touche uniquement une pension estimée à 410 DT, un peu plus du Smig s'élevant à 378 DT. Pour elle, arrondir les fins de mois est une « mission impossible », vu la dégradation du pouvoir d'achat. Elle se trouve alors au cœur d'une spirale d'endettement. « Je me trouve obligée de m'endetter pour pouvoir assurer des dépenses de base, on s'attend au pire pendant le mois de Ramadan, quand les dépenses se multiplieront », témoigne-t-elle.
Si les retraités du secteur privé sont les plus affectés par cette réalité, ceux relevant du secteur public ne sont pas épargnés et sont également concernés par cette lourde conjoncture économique. Parmi eux, Mohamed Ali, 68 ans, ex-agent de la Société nationale des chemins de fer tunisiens (Sncft). Comme il l'explique, une pension de 600 DT ne lui permet pas de vivre dans des conditions décentes, alors qu'il a des charges et des dépenses de loyer et de soins.
La partie syndicale promet !
« Nous ne baisserons pas les bras jusqu'à obtention de nos droits », nous a déclaré, pour sa part, Abdelkader Mnasri, secrétaire général de la Fédération des retraités relevant de l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt). Pour lui, la situation des retraités tunisiens de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) et de la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (Cnrps) doit être une priorité vu les conditions qu'ils connaissent. « Nous avons déjà organisé, il y a quelques jours, une marche de protestation pour revendiquer l'augmentation des pensions et le recouvrement des sommes d'argent que nous devons aux caisses sociales. Nous n'allons pas nous arrêter, à la lumière des résultats de ce mouvement de protestation et des efforts du secrétaire général de l'Ugtt, Noureddine Taboubi, nous prévoyons de nouvelles formes de protestation à partir du 30 avril », a-t-il souligné.
Pour lui, le retraité est livré à un quotidien « amer », d'autant plus que, selon ses affirmations, 67% des retraités du secteur privé touchent des pensions inférieures au Smig.
Notre interlocuteur a fait également état d'une grande différence entre les pensions des deux caisses de sécurité sociale, dans la mesure où la moyenne des pensions de retraite assurée par la Cnss représente la moitié de celle de la Cnrps. « Certains retraités touchent une pension de 150 DT et parfois même moins, que peut-on faire avec de telles sommes ? », s'est-il interrogé, rappelant que cette catégorie sociale est souvent en charge de diplômés chômeurs et souffre de maladies chroniques.
Au début de cette semaine, la fédération des retraités avait publié un communiqué dans lequel elle a appelé à améliorer les pensions des retraités relevant de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) pour remédier à la stagnation des pensions au cours de 2017, dénonçant « la politique d'indifférence à l'égard des revendications des retraités ».
La fédération a également souligné, dans ce même communiqué, la détérioration de la situation des retraités, notamment ceux relevant du secteur privé, face à la flambée des prix et au blocage de l'augmentation du Smig depuis 2017.
Les caisses sociales en difficulté
Les retraités sont également confrontés à un autre fait, celui de la situation des caisses sociales, qui connaissent, depuis quelques années, de grandes difficultés budgétaires. En effet, ce n'est pas un secret que les caisses sociales connaissent actuellement une situation financière difficile, pour ne pas dire critique, en raison d'un déficit qui ne cesse de se creuser avoisinant actuellement les trois milliards de dinars. Ainsi, le déficit que l'Etat doit combler par an est estimé à 100 millions de dinars.
Le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, avait épinglé les mauvais payeurs, les tenant pour responsables de la situation de ces caisses. « Les arriérés des entreprises publiques auprès de la Cnrps s'élèvent à 800 MD dont 430 MD en 2018 et ces entreprises ne s'acquittent pas de leurs dettes d'une manière régulière », a-t-il expliqué.
La réforme des caisses sociales, tout comme le Fonds de compensation, est en tête des priorités du gouvernement, a réitéré à plusieurs reprises le chef du gouvernement, Youssef Chahed. Mais ces réformes peinent et tardent à voir le jour, à cause des négociations qui traînent toujours.
Khalil JELASSI


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