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Youssef Blaili, incroyable talent : La rédemption de l'enfant terrible d'Oran
Publié dans La Presse de Tunisie le 13 - 07 - 2019

Quasi inconnu en Europe, Youssef Blaïli a longtemps gavé de «sucreries techniques» l'élite du football algérien, dont il était l'une des plus grandes vedettes. Avant de plonger en 2015, la faute à un contrôle positif, ce qui lui a valu d'être suspendu jusqu'en 2017.
Deux ans de purgatoire, avant de retrouver la sélection algérienne où il a carrément mis Yacine Brahimi sur le banc depuis le début de cette CAN. Blaïli n'en finit pas de monter en puissance.
De l'avis de tous les puristes, c'est l'un des meilleurs joueurs du continent. Gros plan sur l'histoire d'un homme dont le retour n'était plus attendu par personne il y a quelque temps, juste avant son retour à Espérance Sportive de Tunis, un club centenaire avec lequel il a tout raflé. « Quand j'ai vu son nom sur la liste de la sélection, ça m'a choqué. Je me suis dit : « Ce joueur a rebondi direct, c'est fabuleux !». Ce 11 novembre 2018, Noui Laïfa, qui a joué six mois avec Youssef Blaïli à l'USM Alger en 2014 et évolue désormais au FC Fleury 91 (National 2), n'est pas le seul Algérien à s'exciter du retour de son ex-équipier en sélection. Qui est Youssef Blaïli ? Un frisson qu'on croyait disparu pour de bon. Il faut dire que le meneur de jeu de 27 ans, rappelé alors par Djamel Belmadi pour une rencontre face au Togo dans le cadre des qualifications pour la Coupe d'Afrique des nations, n'avait plus été vu en sélection depuis 2015. Voilà donc Blaïli de retour en équipe nationale et l'Algérie du football se prend subitement à frémir de plaisir.
Quelques mois plus tard, on comprend soudainement pourquoi : l'inventivité et l'audace offensive de l'ailier de l'Espérance de Tunis en font l'un des tout meilleurs solistes d'Afrique.
Personne, pourtant, n'aurait probablement misé le moindre « kopeck » sur un retour au premier plan de Blaïli en sélection il y a encore un an et demi. Le 26 janvier 2018, le joueur quittait Angers sur la pointe des pieds, où il s'était engagé quatre mois plus tôt, au sortir de deux ans de suspension pour dopage.
Un pari loin du Maghreb, le premier pour le milieu de terrain, qui prenait vite des airs de ratage total. Le président du SCO, le Franco-Algérien Saïd Chabane, semblait pourtant avoir envie de relancer celui qu'on a souvent décrit comme un talent insolent du football algérien. Pas une mince affaire : Blaïli traîne derrière lui un boulet du genre encombrant, lui qui avait été suspendu quatre ans par la CAF quand il évoluait à l'USM Alger, pour un contrôle positif après un match de Ligue des champions africaine en août 2015.
Une sanction finalement ramenée a deux ans par le Tribunal arbitral du sport, qui considérait que le joueur n'avait pas eu conscience de violer le règlement. La Formation arbitrale est arrivée à la conclusion que la violation des règles antidopage par le joueur avait un caractère non intentionnel. Reste une question, qui obsède alors l'Algérie : comment Blaïli, vraie célébrité au pays, en est-il donc venu à se saborder? À écouter son paternel, ce natif d'Oran se serait un peu « paumé » dans le tumulte des nuits d'Alger. « C'était difficile pour moi de le surveiller. Il habitait seul à Alger et moi, je suis presque tout le temps à Oran. D'après ce que j'ai entendu, il avait des amis, et à cause d'eux, il a commencé à sortir la nuit. Youssef a été victime de son entourage».
L'impasse angevine
Après avoir passé deux ans à s'entraîner seul, le joueur échoue donc à Angers, où il ne dispute qu'une mi-temps avec l'équipe première (victoire 1-0 en 8es de finale de Coupe de la Ligue face à Metz), tout en entamant un dialogue de sourds avec son entraîneur, Stéphane Moulin. Car Blaïli est bien conscient du talent qu'il a dans les pieds, et, après deux ans passés à l'ombre, n'a plus envie d'attendre pour briller. Sauf que sa direction le juge encore hors de forme et que la confiance du joueur en ses propres capacités s'empale sur les exigences physiques de la Ligue 1.
Il assure pourtant qu'il a vite retrouvé ses cannes : «Il faut que vous sachiez qu'au départ, quand je suis arrivé à Angers, j'étais blessé. Ils pensaient que j'allais prendre six mois pour retrouver mon niveau, alors que finalement, deux mois seulement m'ont suffi. J'ai commencé à jouer avec la réserve du club et à marquer des buts. Je voulais du coup jouer avec l'équipe professionnelle, mais on m'a demandé de patienter. Moi, je n'ai pas accepté. J'étais resté plus de deux ans sans jouer au haut niveau, je ne pouvais pas attendre plus que ça. J'ai parlé avec l'entraîneur, il m'a dit : «Tu es un joueur de ballon, sauf que dans notre équipe, on a un style différent. Notre équipe mise sur le physique et joue plus défensivement ». « Après Angers, je sais que c'est un club un peu spécial, très familial, tente d'analyser Noui Laifa. J'ai des amis qui sont passés par là-bas, comme Karl Toko-Ekambi, et ils t'expliquent qu'il faut rentrer dans le moule de proximité du club… Si tu ne peux pas bien communiquer, ça devient tout de suite compliqué. Blaïli, il vient du pays. Bouger loin à l'étranger, c'est compliqué pour lui. Surtout, il ne parle pas très bien français, ça n'a certainement pas dû l'aider».
Come-back triomphal
Mal dans ses pompes dans l'Hexagone, le joueur se rapproche géographiquement de son Algérie natale en signant à l'Espérance de Tunis en janvier 2018. Un club où il avait déjà évolué de 2012 à 2014. Le come-back sera du genre triomphal : dans son élément, Blaïli brille, s'impose sur l'aile gauche et remporte même la Ligue des champions africaine avec l'Espérance en novembre dernier.
« A l'Espérance, il a trouvé une forme de continuité sportive, mais aussi salariale, car c'est un club qui offre de très bons niveaux de rémunération. Et évidemment, culturellement, c'est quand même aussi beaucoup plus proche de ce qu'il a connu en Algérie», déroule Noui Laifa. L'appel de la sélection coule alors de source, même si voir Blaïli titularisé sur l'aile gauche depuis le début de la CAN, alors que Yacine Brahimi et Adam Ounas sont relégués au banc, peut au premier abord sembler surprenant.
Sauf si l'on pousse la curiosité à regarder les matchs : contre le Sénégal en phase de groupes, le numéro 8 des Verts a distribué le jeu à coups de louches aussi osées que savamment dosées, tout en marquant le seul but de la rencontre, d'une frappe coup de pied maîtrisée. Face à la Guinée en huitièmes de finale, il ouvrait le score, après avoir suscité un une-deux dans la surface, avant de conclure l'affaire du plat du pied.
Et à l'heure de retrouver le Nigeria pour le choc des demi-finales de la CAN, demain, Blaïli n'a d'ailleurs jamais semblé aussi proche de son objectif suprême, disputer l'apothéose du tournoi continental, et pourquoi pas brandir à terme le trophée tant convoité, un sacre auquel peuvent légitimement prétendre les Fennecs et qui pourrait bien achever sur une note triomphale l'histoire de sa rédemption.


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