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Washington, Le Caire et la «Realpolitik»
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 08 - 2015


Par Hmida BEN ROMDHANE
Le secrétaire d'Etat, John Kerry, a entamé, dimanche 2 août, une tournée dans la région du Golfe-Moyen-Orient. Le Fait que Kerry ait choisi l'Egypte comme première étape de sa tournée est révélateur à la fois du réchauffement des relations égypto-américaines et de la persistance du froid qui marque les relations saoudo-américaines, depuis la signature de l'accord sur le nucléaire iranien, entre Téhéran et les 5+1.
En temps normal, et puisque la tournée de Kerry dans les pays du Golfe vise à les rassurer sur leur sécurité vis-à-vis de l'Iran, le ministre américain aurait commencé sa tournée par Ryadh. S'il ne l'a pas fait, c'est que Washington n'a pas digéré encore la réaction virulente des Saoudiens et les critiques acerbes adressées à leur grand allié, auquel ils doivent la pérennité et la stabilité de leur royaume.
Mais Washington a non seulement choisi l'Egypte comme première étape de la tournée de John Kerry, mais a choisi également cette occasion pour reprendre les négociations stratégiques avec Le Caire interrompues depuis 2009, et surtout pour reprendre l'aide militaire américaine annuelle de 1,3 milliard de dollars, sans parler de la livraison de huit avions F16 sur les 12 promis, en mars, par Obama.
Avec la visite de Kerry, la reprise de l'aide et la livraison des F16, tant attendus par l'armée égyptienne engluée dans le marécage terroriste du Sinaï, on peut dire que la brouille égypto-américaine, consécutive aux événements du 30 juin 2013, relève désormais de l'histoire.
En fait, brouille ou pas, dans les relations égypto-américaines, il y a des constantes totalement indépendantes du régime en place au Caire. Que ce soit sous le règne de Moubarak, sous le gouvernement éphémère de l'islamiste Mohamed Morsi ou de l'actuel régime qui a à sa tête Abdelfattah Sissi, il y a des avantages d'une grande importance pour les Etats-Unis qui ne peuvent pas être remis en cause. Par exemple, la priorité pour les navires américains dans le dense trafic du Canal de Suez. Par exemple, le survol par les avions américains du territoire égyptien sans autorisation préalable. Il est vrai que Washington, comme un peu partout dans le monde arabe, a joué la carte des Frères musulmans ; il est vrai aussi que les Américains n'ont pas apprécié ce que les ennemis de Sissi appellent le «coup d'Etat du 30 juin». Mais les relations qu'entretiennent la plus grande puissance du monde avec les autres pays n'obéissent pas à un ensemble de règles et de préceptes moraux, mais plutôt à la «Realpolitik» dans le sens le plus froid du terme.
Les intérêts américains en Egypte ne se limitent pas au franchissement prioritaire du Canal de Suez ou du libre survol du territoire égyptien. Il y a d'autres intérêts américains bien plus importants en Egypte, ayant trait à l'accord de paix israélo-égyptien et à la nature stratégique des relations qui lient le pays depuis de longues décennies. Il faut préciser que depuis la mort de Nasser en 1970 et la rupture opérée par son successeur Sadate avec l'autre superpuissance de l'époque, l'Union soviétique, l'alliance égypto-américaine a résisté à tous les aléas, y compris à la guerre israélo-arabe de 1973, au cours de laquelle Washington avait organisé le fameux pont aérien qui avait permis à Israël de renverser la vapeur et d'éviter la défaite.
Pour Washington, l'Egypte est une pièce maîtresse dans le dispositif mis en place par les Etats-Unis pour façonner la région en fonction de ce qu'ils croient être leurs intérêts dans la région. En 2011, au début des désordres qui ont commencé alors à secouer le monde arabe, Washington pensait que son intérêt était avec les Frères musulmans qui furent encouragés et aidés à prendre le pouvoir. Mais leur gestion désastreuse des affaires en Egypte et en Tunisie, l'amplification du phénomène terroriste, grâce à l'environnement favorable assuré par les «Frères», ont affaibli le courant pro-islamiste au sein de l'establishment washingtonien qui avait le vent en poupe en 2011 et 2012.
Aujourd'hui, il est clair que les Frères musulmans, fortement affaiblis en Egypte, en Tunisie et ailleurs, sont abandonnés par les Etats-Unis qui les ont éliminés de leurs calculs stratégiques. L'heure est à la lutte contre le terrorisme et les Américains semblent sérieusement préoccupés par les problèmes de sécurité que rencontre l'Egypte au Sinaï et du côté de sa frontière avec la Libye. La préoccupation américaine s'étend à la Tunisie, et même à la Syrie où, pour Washington, le régime de Bashar Al-Assad n'est plus l'ennemi à abattre, mais le «mal nécessaire» à intégrer, un jour, ouvertement dans cette guerre mondiale contre le terrorisme islamiste.
Cela dit, dans cette nouvelle définition des priorités stratégiques américaines, les Etats-Unis sont un peu embarrassés par la question des droits de l'Homme et des libertés publiques en Egypte soulevée par les organisations spécialisées. D'où l'insistance de Kerry dans ses entretiens avec son homologue égyptien sur l'équilibre qui devrait être observé entre les impératifs de sécurité et le respect des droits et des libertés.
L'insistance américaine dans ce dossier est toute formelle et quelque peu empreinte d'hypocrisie, car les Américains sont les premiers à savoir que quand la sécurité et les intérêts fondamentaux d'un Etat sont menacés, le respect des droits et des libertés passe au second plan. L'Egypte, la Tunisie, l'Algérie et beaucoup d'autres pays font face à une menace qui met leur existence-même en jeu. Il est de leur devoir de se défendre en faisant passer, au besoin, les impératifs de sécurité avant ceux de la liberté. Il y a plein d'exemples qui montrent que des pays, à forte tradition démocratique et faisant face à des menaces bien moindres, n'hésitent pas à se doter d'arsenaux juridiques très peu respectueux des droits de l'Homme.


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