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«Walking Targets » de Thameur Mejri à la Galerie Selma Feriani : Une vision fragmentée
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 01 - 2021

On est comme embourbé dans un chaos coloré. Thameur Mejri, pour sa première exposition chez Selma Feriani, choisit d'étaler son univers pictural sur les murs de la galerie à Sidi Bou Said jusqu'au 23 janvier 2021. L'exposition est réalisée en étroite collaboration avec Matthew Lelièvre, commissaire d'art indépendant. Déstructurée, juvénile, éclatée — parfois hors cadres—, l'œuvre véhicule messages politiques et citoyens et ré-esquisse notre époque autrement.
Ce n'est pas une réflexion aisée que d'extirper un sens précis d'un chaos, à vue d'œil esthétique, mais déroutant. Des organes éclatés, des objets et jouets d'enfants, une vision future apocalyptique, l'espace et ses galaxies, des éléments de la nature, la mort, la vie et les couleurs... Une décomposition qui donne libre cours à diverses interprétations chez le spectateur : des interprétations approximatives du travail de Thameur Mejri, mais souvent proches du regard initial que l'artiste porte sur une existence ou une vision fissurées de la société actuelle.
L'artiste tente de mettre en exergue défis et enjeux contemporains. La quiétude émanant de certaines œuvres finit par s'effacer au profit de la violence, de la destruction : un environnement toxique, brouillé, peu jovial, mais haut en couleur se dessine. Par enjeux, Thameur Mejri raconte «le corps politique» et interroge ce rapport de force et de pouvoir dominant dans nos sociétés contemporaines, à travers idéologies et capitalisme qui contrôlent les sociétés actuelles a travers le monde, et la tunisienne en particulier. D'autres rapports de force sont exprimés à travers le dessin, une des principales techniques utilisée. Le corps déchiqueté tel qu'il est conçu selon lui, ne résiste pas à la société stéréotypée, à la dichotomie des genres, à la dominance du patriarcat, à la lutte des classes, à la diversité et à la différence, au poids du religieux, des traditions, des croyances et du politique. Autant de réalités qui s'appliquent à notre société. Une désacralisation du symbolique est effectuée.
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Thameur Mejri use des iconographies, adopte les superpositions, associe, dissocie et accumule de nombreuses formes. Les couleurs dominantes ne font pas office d'artifices, ou d'effets pour les yeux : elles renforcent davantage les messages de l'artiste-peintre et les transmettent intactes. Elles enrichissent la narration de plusieurs situations. Le travail de Mejri casse avec la construction classique de l'image en broyant son fonctionnement initial, qui est de transmettre des messages directement : Mejri génère des messages subliminaux et tord les symboles, les styles et les codes familiers.
A travers le dessin, Thameur réalise des traits davantage épais ou sur le point de disparaître : comme une réalité ou une matière qui ne résiste pas au temps, et qui, au final, disparaît ou se transforme. L'autorité et la violence traversent une bonne partie de ses tableaux. L'affirmation identitaire et l'immersion dans sa propre enfance sont racontées dans les éléments véhiculés : objets d'enfance, jouets, influence de la pop culture, de son savoir acquis, d'illustrations, de récits, d'une passion pour les civilisations, pour l'histoire et sa fascination pour d'autres cultures à travers le monde. Sa culture locale s'ouvre timidement sur l'universalité : une réticence qu'il n'hésite pas à communiquer. L'esprit réactionnaire et de nombreux comportements socioculturels et folkloriques sont racontés. Mejri revisite et surveille de près l'évolution de son identité sociale personnelle et reflète dans ses tableaux un regard critique sur ce qu'on appelle communément la « modernité tunisienne », encore embrouillée et toujours en crise de nos jours. Dans « Walking Targets » — titre de son exposition qui se réfère à une marche et au mouvement — Thameur Mejri est témoin de son époque et des mutations actuelles de sa société.


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