The liveblog has ended. No liveblog updates yet. De retour sur le plateau ce lundi 5 janvier 2025, l'ancien international tunisien Mouaouia Kadri a livré une lecture analytique et nuancée de la participation de l'équipe nationale tunisienne à la Coupe d'Afrique des nations, revenant en détail sur les prestations du groupe, les raisons de l'élimination et les limites structurelles du football tunisien, notamment l'absence d'un attaquant réellement décisif. Selon Mouaouia Kadri, le bilan sportif ne peut être résumé à un simple échec. Lors de la première rencontre, la sélection tunisienne a proposé un rendement jugé satisfaisant, tant sur le plan du jeu que du résultat. L'ancien joueur estime que le but encaissé ayant conduit au score de 3–1 aurait pu être évité, mais considère néanmoins que la performance globale était honorable. Concernant la deuxième rencontre, Kadri reconnaît la supériorité technique de l'adversaire nigérian. Il décrit un match très tactique, marqué par la différence sur le plan individuel, notamment en termes de puissance physique, de jeu aérien et d'efficacité offensive. Malgré la frustration du public, il souligne que la Tunisie a inscrit deux buts et aurait même pu en marquer un troisième, citant une occasion franche de Ferjani Sassi sur coup de tête. Là encore, le troisième but encaissé aurait pu, selon lui, être évité. Pour la troisième rencontre, Mouaouia Kadri rappelle que la Tunisie menait au score à la pause et qu'un match nul suffisait pour assurer la qualification et la deuxième place du groupe. Cependant, l'égalisation adverse en début de seconde période, combinée à la pression du public et au stress généré chez les joueurs, a plongé l'équipe dans une phase de doute. L'ancien international appelle à plus de réalisme dans l'analyse, estimant que l'effort fourni par les joueurs mérite d'être reconnu et que la prestation globale du onze tunisien durant cette CAN reste « respectable ». Abordant la question des responsabilités, Kadri insiste sur le fait qu'en football, la faute ne peut être imputée uniquement au sélectionneur. Il rappelle que le staff technique a préparé les rencontres, mais que le niveau individuel, notamment en matière de placement, de contrôle du ballon et de précision des passes, a pesé lourdement sur les résultats. Le match face au Mali et le rôle du facteur chance Revenant sur la rencontre décisive face au Mali lors de la CAN 2025, l'ancien joueur du Club sportif sfaxien explique que la Tunisie maîtrisait le rythme du match, malgré l'absence de buts. Le plan du sélectionneur malien reposait essentiellement sur l'obtention des tirs au but, un objectif finalement atteint. Kadri souligne néanmoins que la sélection tunisienne a dominé la possession et fait preuve d'intelligence collective. Il évoque également les changements opérés par le sélectionneur tunisien, notamment la sortie de Hannibal Mejbri, un choix dont l'entraîneur assume la responsabilité. Kadri juge toutefois cette décision compréhensible, compte tenu du carton jaune reçu par le joueur. Après ce changement, la Tunisie est parvenue à marquer et à tenir le résultat jusqu'aux dernières minutes. L'action impliquant Yassine Meriah, conclue par un penalty sifflé par l'arbitre, est qualifiée par Kadri d'épisode relevant du manque de réussite, un élément indissociable du football. Lors de la séance des tirs au but, la Tunisie a pris l'avantage en inscrivant le premier penalty. Mais, selon Kadri, « lorsque la chance n'est pas de votre côté, il devient très difficile de gagner ». Il regrette par ailleurs l'absence de soutien accordé à Sami Trabelsi et à l'ensemble du staff technique, estimant que les entraîneurs tunisiens sont souvent injustement dévalorisés, alors que les techniciens étrangers ne sont pas nécessairement meilleurs. Un bilan chiffré et des choix discutés En dressant le bilan global des résultats sous la direction de Sami Trabelsi, Mouaouia Kadri rappelle que la sélection a disputé 18 matches, avec 10 victoires, 4 matches nuls et 4 défaites. Selon lui, l'une des erreurs majeures a été la participation à la Coupe arabe, un tournoi qui a déclenché les premières vagues de doute autour du sélectionneur et des performances de l'équipe. Quelles solutions pour l'avenir ? Pour sortir de la situation actuelle, Kadri appelle à la mise en place d'une stratégie à moyen et long terme. Il estime que la sélection doit désormais s'appuyer davantage sur les jeunes joueurs, préparer un groupe homogène et amorcer un renouvellement générationnel, certains cadres n'étant plus en mesure de donner le meilleur d'eux-mêmes. . Mouaouia Kadri insiste également sur le rôle des responsables administratifs, qui doivent fournir toutes les conditions nécessaires à une préparation optimale et anticiper les grandes échéances à venir, notamment la Coupe du monde, alors qu'il serait contre-productif de tout bouleverser à court terme. L'absence d'un buteur et le débat sur le poste de gardien Sur la question de l'attaquant de classe mondiale, Mouaouia Kadri estime qu'un buteur décisif est aujourd'hui une denrée rare. En Tunisie, cet objectif doit être travaillé sur la durée, en accordant davantage de liberté et de confiance aux attaquants. Il rappelle que le championnat tunisien reste compétitif à l'échelle africaine, mais que les meilleurs buteurs plafonnent souvent autour de 12 ou 13 réalisations, un total jugé insuffisant. Il plaide pour un travail de formation ciblé, capable de faire émerger des profils comparables à Ziad Jaziri, Dos Santos, Ali Zitouni ou Issam Jemâa, meilleur buteur de l'histoire de la sélection. Concernant le poste de gardien de but, Kadri se montre plus optimiste. Il affirme que la Tunisie dispose actuellement de plusieurs portiers aux qualités intéressantes, citant notamment Aymen Dahmen, Béchir Ben Saïd et Sabri Ben Hassan, tout en rappelant la tradition historique du pays dans ce poste, incarnée par des noms comme Sadok Sassi « Attouga », Chokri El Ouaer, Aymen Mathlouthi ou Aymen Balbouli. Selon lui, la relève existe et doit être intégrée dans une vision à long terme. En conclusion, il souligne que les Tunisiens aiment leur pays, aspirent à la victoire et au plaisir du football, mais qu'il est tout aussi essentiel de savoir accepter la défaite, l'analyser avec lucidité et éviter les jugements excessifs. Mouaouia Kadri rappelle enfin que les compétences tunisiennes existent, dans le football comme dans d'autres domaines, et qu'elles méritent d'être soutenues plutôt que systématiquement dénigrées. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!