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Réactions aux mesures en faveur des régions prioritaires : De la poudre aux yeux...
Vague de protestations dans certaines régions
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 01 - 2016

Azad Badi (Wafa) et Abderrazak Hammami (Parti du travail patriotique démocratique) jugent les décisions irréalistes et irréalisables
Les décisions sont tombées, mercredi soir, vers 22 heures et il a fallu attendre la dernière édition du journal parlé à la TV nationale pour que les Tunisiens, plus particulièrement les habitants du gouvernorat de Kasserine, en soient informés.
Les membres du gouvernement et les députés de Kasserine ont palabré durant près de quatre heures au palais du gouvernement à La Kasbah lors d'une séance de travail extraordinaire (tenue en l'absence de Habib Essid qui participe au Forum de Davos en Suisse) ont sorti une série de décisions au profit de Kasserine et des régions concernées par la discrimination positive, c'est-à-dire celles dites prioritaires dont le nombre s'élève à 14 gouvernorats.
Et la décision qui a retenu l'attention et provoqué le débat général est bien celle relative au recrutement de 5.000 chômeurs dans le cadre des divers programmes de l'emploi. Deux autres décisions sont en rapport direct avec l'épineux dossier de l'emploi : 1.410 personnes concernées par le mécanisme 16 (travail temporaire) verront leur situation régularisée et 500 projets seront financés par la Banque tunisienne de solidarité à raison de 6 millions dinars.
Et si on fait les comptes en se basant sur les données produites par Khaled Chaouket, ministre porte-parole du gouvernement, on va découvrir que la région de Kasserine bénéficiera d'ici fin 2016 de plus de 8.000 nouveaux emplois répartis comme suit : les 5.000 chômeurs qui seront recrutés dans le cadre des programmes existants, les 1.410 personnes dépendant du mécanisme 16 qui seront titularisées et au moins deux mille autres emplois qui seront générés par les 500 projets qui seront financés par la BTS.
Il reste qu'aussitôt les décisions annoncées a éclaté un désaccord sur leur compréhension, entre Khaled Chaouket et Kamel Jendoubi, ministre chargé des relations avec les institutions constitutionnelles, la société civile et les droits de l'Homme. Chaouket précise que «la décision relative aux 5.000 recrutements concerne tous les gouvernorats classés comme régions prioritaires concernées par la discrimination positive, dont le nombre s'élève à 15 régions (d'autres sources parlent de 14 régions)».
A l'opposé, Kamel Jendoubi assure qu'il «s'agit, pour le moment, de la région de Kasserine. Pour les autres régions, il y aura d'autres conseils ministériels qui prendront les décisions qu'il faut».
Qui croire ?
Comment ces décisions ont-elles été accueillies par les acteurs du paysage politique national, surtout qu'elles ont été prises et révélées en l'absence du chef du gouvernement et surtout sont-elles réalisables en un laps temps aussi court (on croit savoir qu'elles seront appliquées d'ici fin 2016, voire fin mars prochain, pour ce qui est de la transformation des terres collectives en terres privées)?
Abderrazak Hammami, secrétaire général du Parti du travail patriotique démocratique (Ptpd) et l'un des dirigeants de l'Union des forces nationales progressistes (née le 14 janvier 2016) tient à préciser que «le comportement dont ont fait preuve les forces de sécurité vis-à-vis des protestataires est acceptable et montre que notre police est désormais une police républicaine qui sait faire la part des choses et la distinction entre les casseurs et les manifestants qui réclament pacifiquement que leurs voix soient écoutées et que leurs revendications légitimes soient satisfaites. Quant aux décisions annoncées par Khaled Chaouket, elles semblent a priori précipitées et surtout irréalisables.
Et si l'on croit les déclarations des porte-parole du gouvernement, on va se rendre compte qu'il s'agit de près de 70.000 emplois à créer d'ici fin 2016, à raison de 5.000 au profit de chacune des régions classées comme prioritaire.
La question est de savoir si le gouvernement est en mesure de créer ces milliers d'emplois sans oublier les 26 mille recrutements programmés dans la loi de finances 2016, déjà adoptée par le parlement. Pour moi, il est plus que jamais temps de rompre avec les promesses qui n'ont aucune chance d'être appliquées. Idem pour les déclarations contradictoires faites par les ministres de Habib Essid. On se demande maintenant qui croire, Khaled Chaouket ou Kamel Jendoubi».
Il ajoute : «Les Tunisiens sont aujourd'hui en mesure d'analyser par eux- mêmes les chiffres et n'ont plus besoin des experts ou des spécialistes pour leur expliquer qu'il est impossible de créer en quelques mois des dizaines de milliers d'emplois, alors que rien n'a été fait en cinq années depuis la révolution».
Un dialogue national pour une alternative au gouvernement Essid
«Quand le mouvement de protestation, a éclaté à Kasserine, Khaled Chaouket est sorti pour nous dire que le gouvernement ne dispose pas d'une baguette magique par la grâce de laquelle il pourrait transformer la région, en un clin d'œil, en une région développée. Mercredi 20 janvier, il semble que Khaled Chaouket et ses amis ont puisé dans les tiroirs de La Kasbah pour dénicher cette baguette magique et nous annoncer que 5.000 chômeurs seront recrutés dans l'immédiat et que la BTS financera 500 projets, outre la transformation d'ici fin mars 2016 des terres socialistes dans la région en terres privées afin que leurs propriétaires puissent bénéficier de crédits bancaires», ironise Azad Badi, secrétaire général du mouvement Wafa.
Il se demande : «Tous les programmes révélés par Chaouket sont-ils nouveaux ou dormaient-ils dans les tiroirs de Habib Essid en attendant que la région s'embrase? En tout état de cause, ces déclarations sont de la poudre aux yeux et prouvent que le gouvernement Habib Essid est incapable de trouver les solutions idoines aux préoccupations des Tunisiens. Idem pour le parti au pouvoir incapable lui aussi de tenir ses promesses électorales. Malheureusement, ces décisions ont produit l'effet contraire puisque plusieurs autres régions expriment aujourd'hui leur colère».
Pour conclure, Azad Badi se pose la question suivante: «Faut-il que toutes les régions du pays s'embrasent pour que le gouvernement Essid sorte de son sommeil et nous serve des promesses qu'il sait irréalistes et surtout irréalisables»?
Au sein du mouvement Wafa, nous n'avons pas attendu que Kasserine brûle et nous avons déjà appelé à un débat national avec la participation des forces révolutionnaires et démocratiques, en vue de parvenir à une alternative au gouvernement Essid. Peu importe s'il s'agit d'un gouvernement de salut national ou d'élections législatives anticipées, l'essentiel est de voir les choses changer».


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