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Agriculture: A quoi sert la culture du colza ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 11 - 2021

ColzAvec l'introduction de la culture du colza, l'agriculteur a réussi à remettre sur pied son exploitation agricole. Ce qu'il pourrait solliciter des autorités à ce niveau-là, c'est davantage d'intervention pour développer cette culture, comme c'est le cas en Turquie, au Maroc et dans plusieurs autres pays, où il existe un grand intérêt pour l'introduction de cette culture. Mais de l'autre côté, que peut-on gagner en développant cette culture?
Avec l'apparition ces dernières années de nouvelles maladies des céréales, à l'instar de la septoriose ou de la fusariose, le développement de la culture du colza est devenu une nécessité, puisque ces maladies ne sont pas le seul danger qui menace le système tunisien de production végétale. On constate aussi un affaiblissement de la terre, ce qui signifie une dégradation de la matière organique et du carbone fixé. Tout cela est le résultat de la monoculture de céréales et de ce sous-système qui a tourné sur lui-même. C'est pourquoi, il est temps, aujourd'hui, de développer la culture du colza, qui présente l'avantage d'être un facteur de diversification des rotations, puisque l'alternance des cultures permet de mieux lutter contre les mauvaises herbes en associant les différents moyens de contrôle, alors que la pratique d'une seule culture favorise les adventices. Ainsi, le colza ne peut que freiner la reproduction des mauvaises herbes. Voilà en quelques mots les recommandations données lors d'une conférence de presse organisée par l'Union européenne et Terres Univia pour mettre en lumière l'importance de la culture du colza en Tunisie afin de répondre aux enjeux de durabilité du secteur agricole et montrer sa contribution à la santé économique de notre pays.
La vision commence à changer...
Aziz Bouhejba, président de l'Association pour l'agriculture durable (Apad), indique qu'il y a quelques années, se lancer dans la culture du colza représentait un risque à haute fréquence pour les agriculteurs, puisque tout changement est source d'inquiétude et engendre différents niveaux de résistance. Mais, dans une courte période, cette culture a prouvé son efficacité dans plusieurs pays développés, et la course a, bel et bien, commencé pour être leader dans ce secteur.
Pour la Tunisie, le pays a commencé à suivre cette évolution, mais lentement, à cause de raisons bien connues, se rapportant à un contexte sociopolitique et économique très tendu pendant ces dernières années. «C'est seulement en 2014 qu'on a commencé à parler de l'introduction de cette culture dans notre pays. Au début, c'est le secteur privé qui a essayé de pousser cette filière vers l'avant. Petit à petit, la culture du colza a commencé à attirer les autorités concernées pour en faire une priorité au même titre que celle des céréales. Et depuis, les choses ont beaucoup évolué... Aujourd'hui, la vision sur cette culture a commencé à changer, et tout le monde est convaincu de l'opportunité de cette culture qui a un apport économique très positif, notamment sur les exportations. On veut même aller encore plus loin et aborder d'autres sujets, comme l'autonomie alimentaire (pour les tourteaux) et l'autonomie en huile alimentaire », souligne-t-il.
Un coup de pouce réel ?
Un avis partagé par Guénaël Le Guilloux, responsable du développement international chez Terres Univia et directeur d'Agropol, qui ajoute que les recherches et les études pour le développement de cette culture ne manquent pas. Mais il faut que tout le monde travaille ensemble, car ce projet se base essentiellement sur trois piliers : l'industriel, l'agriculteur et le gouvernement, qui doivent être au sommet de la pyramide pour contrôler et aider à la réussite de cette culture à travers ses structures officielles. A cet effet, le programme Maghreb Oléagineux s'inscrit dans la stratégie de développement de la filière colza des acteurs publics et privés et, en premier lieu, Carthage Grains, le triturateur à l'initiative de la relance de la filière colza avec les pouvoirs publics en 2014. Ce programme contribue donc à la formation des acteurs de terrains et sensibilise les décideurs à l'intérêt de la filière colza. Aujourd'hui, cet effort semble porter ses fruits, et la culture du colza ne cesse de se développer en Tunisie. Pour preuve, depuis le lancement de ce programme en 2019, près de 70 conseillers agricoles ont été formés et 136 Field Days ont été organisés au bénéfice de plus de 2.600 agriculteurs. Un nouveau cycle de formation débuté en juin 2021 permettra de former 23 nouveaux conseillers agricoles.
Donc, tous les ingrédients sont réunis pour se lancer dans cette culture, puisque un terrain d'entente a été trouvé entre l'industriel qui décidait à mener à terme cette filière et des agriculteurs à la recherche d'un nouveau système de production avec des garanties offertes. Le soutien de Carthage Grains et les recherches qui ont été menées dans ce domaine ont aidé à convaincre les agriculteurs de modifier leurs méthodes culturales.
Des chiffres qui parlent
La plus grande partie du débat a été centrée sur les chiffres enregistrés depuis 2014 et avancés par Rachid Zouani, ingénieur général, sous-directeur adaptation variétale & qualité technologique à l'Institut national des grandes cultures (Ingc). En partant d'une surface récoltée de 463 ha durant la campagne 2014-2015, la culture du colza en Tunisie a enregistré une croissance continue pour atteindre une surface récoltée de 14.331 ha au cours de la saison 2020-2021. Les prévisions d'emblavements pour l'actuelle campagne sont de 20 à 22.000 ha, avec une progression annuelle moyenne des superficies de colza de 84%.
Durant cette même période, le nombre d'agriculteurs cultivant du colza est, quant à lui, passé de 55 à 405. Quant à la production, elle s'est élevée à 18.500 tonnes lors de la dernière campagne, avec un rendement atteignant 30,5 quintaux/ha dans certaines régions. «Depuis sa création, la filière du colza a connu un rythme de croissance très prometteur, qui s'est traduit par un taux de croissance annuel moyen des surfaces de près de 90%… La surface cultivée durant la saison 2020-2021 a permis d'obtenir 18.500 t de graines de colza, soit après trituration : 55% de tourteaux (l'équivalent de 10.175 t) et 42% d'huiles (l'équivalent de 7.700 t). Donc, la trituration des graines de colza permet d'en extraire principalement du tourteau qui est riche en protéines et utilisé pour l'alimentation animale…, mais aussi, de l'huile végétale, riche en vitamines et en Omega 3 et 6 et utilisées dans l'alimentation humaine... Encore plus, la rotation culturale blé sur colza permet de réduire les coûts de production du blé et d'en augmenter les rendements et à ce niveau-là, on parie non seulement sur la quantité, mais surtout sur la qualité des produits», précise-t-il.
Renforcer l'autonomie en huiles et protéines végétales
Par ailleurs, les surfaces cultivées en céréales sont estimées autour de 1,2 million d'ha. Ainsi, à long terme, la Tunisie ambitionne d'atteindre une surface cultivée de 150.000 ha de colza, ce qui permettrait au pays de réaliser des récoltes estimées à 240.000 t. A ce niveau de production, les effets positifs induits sur la souveraineté alimentaire, la création de valeur pour le monde rural et la balance commerciale sont conséquents. Mais pour assurer cette souveraineté alimentaire, qui reste un enjeu national majeur, il est de l'intérêt d'avoir un secteur agricole résilient en contexte de crise et le développement de la culture du colza en Tunisie constitue une réelle opportunité pour le secteur puisqu'il contribue à améliorer la balance commerciale du pays en favorisant la réduction des importations. Selon les chiffres annoncés en septembre 2021 par l'Usda, durant la campagne 2020- 2021, le pays a consommé 281.000 t d'huiles de graines et a enregistré 470.000 t de besoin en tourteaux, ce qui signifie 97,7% de dépendance vis-à-vis des importations de graine et de tourteaux. A cet égard, le développement de cette culture a été motivé par la nécessité de diversifier la rotation des cultures afin de renforcer les performances de culture céréalière, mais aussi pour améliorer l'autonomie nationale en huile et protéines végétales


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