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Forum économique mondial : «L'Etat du monde» au centre des débats
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 01 - 2022

En format réduit et en mode virtuel, le World Economic Forum (WEF) réunit de nombreux dirigeants politiques et économiques mondiaux, et ce, du 17 au 21 janvier. Au menu, la covid-19, le changement climatique et la coopération internationale.
C'est le lundi 17 janvier qu'avait commencé le Forum économique mondial (WEF). L'événement se tient en format réduit, et en mode complètement virtuel et permet de débattre «des solutions aux problèmes les plus urgents dans le monde», selon les organisateurs. Parmi les sujets brûlants figurent le changement climatique, la pandémie du covid-19 et la coopération internationale pour relever les défis communs. Le WEF, qui devait se réunir en présentiel jusqu'au 21 janvier à Davos, en Suisse, a été finalement reporté à cause de la propagation du variant Omicron. La réunion — qui marie le monde des affaires, de la politique et de la diplomatie — doit se tenir au début de l'été, selon les organisateurs. Le WEF a néanmoins décidé d'organiser une série de sessions en ligne intitulées « l'Etat du monde », qui doivent permettre «de formuler des solutions pour les problèmes les plus urgents dans le monde».
Renouveler la coopération
Selon Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum économique mondial : « Tout le monde espère qu'en 2022, la pandémie du covid-19 et les crises qui l'ont accompagnée commenceront enfin à s'éloigner. Mais des défis mondiaux majeurs nous attendent, du changement climatique au rétablissement de la confiance et de la cohésion sociale ». Il a invité les dirigeants politiques et économiques mondiaux à adopter de nouveaux modèles, à voir à long terme, à renouveler la coopération et à agir de manière systémique. « L'Agenda Davos 2022 est le point de départ du dialogue nécessaire à la coopération mondiale en 2022», a-t-il appuyé.
Les organisateurs du Forum précisent que l'événement marquera également le lancement de plusieurs initiatives, notamment les efforts visant « à accélérer la course au zéro émission nette, à garantir l'opportunité économique des solutions positives pour la nature, à créer une cyber résilience, à renforcer les chaînes de valeur mondiales, à construire des économies sur les marchés fragiles grâce à l'investissement humanitaire, à combler le déficit de fabrication de vaccins et à utiliser des solutions de données pour se préparer à la prochaine pandémie ».
Et pour la Tunisie... !
Selon les résultats d'un sondage d'opinion réalisé en mai 2021, sur les différents risques mondiaux à long terme pour 124 pays, le rapport annuel du Forum économique mondial, sur les risques mondiaux attendus dans les domaines économique, environnemental, social et sanitaire, a révélé que la Tunisie devra faire face, au cours des deux prochaines années, aux risques d'effondrement de l'Etat, d'endettement, de chômage, de stagnation économique persistante et de propagation de l'activité économique illégale. L'Institut arabe des chefs d'entreprises (Iace), partenaire officiel du Forum économique mondial, qui s'est chargé de la réalisation de l'enquête pour la Tunisie, a affirmé que les risques prénommés et qui menacent la Tunisie ont fait l'objet de débats lors des journées de l'institut en décembre 2021. Les journées de l'entreprise ont été une occasion pour la proposition de solutions afin d'éviter les risques économiques et sociaux.
Toujours selon ce même rapport, l'effondrement de l'Etat serait le premier danger auquel sera confrontée la Tunisie durant les deux prochaines années. Un certain nombre d'autres pays comme le Liban, le Venezuela, le Nicaragua, le Pérou et le Honduras risquerait ce même danger. L'Iace recommande, à titre préventif, l'élaboration d'une constitution économique fondée sur le pacte de solidarité économique et sociale entre le monde des affaires et la sphère politique.
Des inégalités très profondes
Il est à rappeler, par ailleurs, que le 17e rapport annuel sur les risques mondiaux fait écho aux préoccupations du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale sur les turbulences économiques que les pays en développement pourraient traverser ces prochains mois. « Les dirigeants mondiaux doivent s'unir et adopter une approche coordonnée et multipartite pour relever les principaux défis mondiaux et renforcer le sentiment de résilience avant la prochaine crise », précise Zahidi, la directrice générale du Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM).
Le FEM s'alarme de l'aggravation des divergences entre les pays du fait de la crise engendrée par le covid-19. Ces inégalités sont très profondes en matière vaccinale, alors que la moitié de la population mondiale n'est toujours pas vaccinée et que « dans les cinquante-deux pays les plus pauvres — qui abritent 20 % de la population mondiale —, seulement 6 % de la population ont été vaccinés ».
De plus, si certains pays devraient renouer avec une croissance solide en 2022, d'autres pourraient être à la traîne pendant de longues années. « D'ici à 2024, les économies avancées devraient dépasser de 0,9 % le niveau de croissance anticipé avant la pandémie, tandis que les économies en développement seront de 5,5 % au-dessous ». Ces divergences risquent de créer des tensions sociales au sein et en dehors des frontières, alors que les inégalités résultant de la pandémie s'ajoutent « aux déséquilibres du marché du travail et aux fossés numériques, scolaires et éducatifs qui se creusent », indique le 17e rapport annuel du FMI.
La même source alerte, également, sur le danger que font peser ces divergences sur la collaboration entre les Etats face aux menaces communes. Parmi celles-ci, les dangers liés à la « cyber sécurité » ont été amplifiés par la pandémie, avec le recours massif au télétravail et la dépendance croissante des pays au numérique : « En 2020, les attaques de logiciels malveillants et de ''rançongiciels '' ont augmenté respectivement de 358 % et de 435 % ».
Aussi, la question migratoire reste prégnante, alors que « 34 millions de personnes ont été déplacées à cause d'un conflit en 2020 », et que les effets persistants de la pandémie se traduisent par des barrières plus élevées à l'entrée pour les migrants.


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