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Réhabilitation des quartiers et des centres de vie anciens : Pourquoi Testour a-t-elle été exclue ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 04 - 2022

Pas mal de dossiers ont été présélectionnés dont celui de Testour qui avait même impressionné les membres du jury, selon son maire, Mohamed Mensi.
Il y a plus de 20 ans qu'on avait pensé à retaper nos médinas, quartiers et tous nos centres de vie anciens, devenus aujourd'hui des corps sans âme. Nostalgie? Non plus. Leur état des lieux laisse à désirer et aucun chantier de restauration n'a abouti. Ce fut le cas, rappelons-le, du projet pilote de réhabilitation des médinas de Kairouan et de Sousse engagé, fin 2013, dans l'objectif de leur redonner dynamique et vitalité. Mais sans succès. Tout a été renvoyé aux calendes grecques. Comme si de rien n'était !
Un appel à manifestation d'intérêt
Et depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. L'idée de réhabiliter nos anciens quartiers et centres de vie revient ainsi de loin. Fin 2020, le ministère de l'Equipement leur a déjà réservé un budget conséquent estimé à 40 millions de dinars, avec une offre si alléchante qu'elle a suscité l'intérêt de plusieurs villes et communes. Alors, un appel à manifestation d'intérêt destiné à celles désirant participer au Programme de réhabilitation des centres anciens (Prca) en Tunisie a déjà été lancé, le 6 juillet dernier, en coordination, bien entendu, avec le ministère chargé des Affaires locales. Ce programme, financé par l'Etat à raison de 3 millions d'euros et grâce à deux prêts contractés auprès de l'AFD et la Beit, se décline sous différentes facettes de mise en valeur urbanistique. Il vise la redynamisation de nos médinas, ksour, quartiers européens et andalous, ainsi que tout tissu habité ayant un caractère historique, patrimonial ou traditionnel jouant un rôle de pôle du développement attractif. Pour que ces centres anciens retrouvent aussi leur éclat, en toute harmonie avec l'évolution du cadre de vie de leurs habitants. Soit l'intégration socioéconomique des ensembles architecturaux et urbains des plus anciens.
Il est vrai que cet appel à manifestation d'intérêt, lancé dans le cadre de cet ouvrage grandiose, est censé donner une chance à toutes les communes en lice. Et avec équité. Celle qui présente son dossier doit être une parfaite candidate. Conclure un marché pareil n'est pas une sinécure. Cette fois-ci, il ne faut pas commettre la même erreur d'hier. Mais un tel marché d'envergure nationale ne peut être considéré aussi comme un butin à partager.
D'ailleurs, le Prca, tel que défini par l'ex-ministre de l'Equipement, Kamel Doukh, aura à financer une dizaine de projets, ceux qui répondent le mieux aux critères de sélection. Soit l'ancienneté des centres et des médinas, leur histoire et culture, leur cachet architectural distingué, l'apport socioéconomique qu'ils présentent, et bien d'autres atouts qui les valorisaient au fil du temps. Et là, pas mal de dossiers ont été présélectionnés dont celui de Testour qui avait même impressionné les membres du jury, selon son maire Mohamed Mensi. «Notre projet était si exhaustif, bien fondé et convaincant qu'il a été jugé acceptable», dixit-il. Un jugement sans complaisance ni connivence, a-t-il encore défendu.
Incroyable, mais vrai !
Certes, ce choix n'est pas aussi fortuit. Car, Testour est un véritable centre urbain à fort potentiel socio- culturel. Son aspect architectural andalou saute aux yeux de ses visiteurs.
Son patrimoine séculaire, dépositaire d'une identité bien particulière, recèle des us et coutumes jusque-là pris à témoin. Son horloge andalouse aux aiguilles à l'envers du temps ordinaire placée en haut du minaret de la Grande Mosquée de la ville est en soi un mystère. Ses souks, sa médina fidèle à son passé, ainsi que ses produits du terroir méritent aujourd'hui un coup de régénération. «Les villes se comportent comme des organismes vivants, constamment en échange avec leur environnement. Leur continuité dépend de leur vitalité, c'est-à-dire de leur capacité de régénération permanente», ainsi décrit «Barcelona Global», une association espagnole avec qui l'Etat tunisien avait établi, en 2013, une coopération.
Testour répond à tous les critères de sélection jugés plutôt sélectifs. Et malgré un tel privilège à bien des égards, son dossier, fruit de mois de conception et de labeur, a été rejeté.
Son maire, mais aussi tous ses habitants y voient une injustice, voire une exclusion pure et simple. Incroyable, mais vrai ! L'évaluation faite par ledit jury a débouché, le 24 de ce mois, sur le résultat suivant : seulement 10 régions ont été finalement choisies pour être réaménagées, à savoir Kairouan, Nabeul et sa région, Kélibia, Monastir, Sousse, Nefta (Tozeur), Radès (Ben Arous), Médenine, Ras Jebel et Aousja (Bizerte). Pourquoi Testour a-t-elle été ainsi exclue ? «Notre commune a été admise en première sélection parmi 22 municipalités. Nous avons préparé la seconde étape et avons remis le projet que l'on croyait porter en lui-même le germe de son succès», note M. Mensi.
A preuve, ajoute-t-il, un membre du comité de sélection en a fait l'éloge, le qualifiant d'excellent, mettant en avant l'œuvre des aquarelles comme partie intégrante du projet de rénovation. «Sauf que ces aquarelles insérées dans le dossier avaient donné l'impression qu'on était dans un soupçon de plagiat. Alors que nous l'avons obtenu, légalement, de l'Institut national du patrimoine (INP), un des intervenants dans ce programme Prca», explique-t-il.
Chose que le comité de sélection ne pouvait pas évoquer, se limitant à classer son dossier. «Motif invoqué, un non-respect des critères de sélection, ce qui l'a mis à l'abri de tout appel, voire des protestations, des habitants», s'indigne-t-il, en colère.
A qui la faute ?
Pourquoi l'INP, acteur impliqué, n'a-t-il pas réagi ? Le comité de sélection lui-même est accusé pour un tel refus injustifié. Aussi, le ministère de l'Equipement n'a-t-il pas un mot à dire dans cette affaire. Du moins un avis explicatif.
Car, comment peut-on convaincre qu'un dossier qualifié de parfait n'ait pas été sélectionné ? Et comment l'accuse-t-on d'être non conforme aux critères préétablis ? Testour, rappelons-le, est un centre très ancien, riche en histoire quadri-séculaire et en patrimoine andalou largement reconnu.


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