Rapport – BCT : Les risques des crédits de l'Office des céréales pèsent lourdement sur le secteur bancaire    Nigeria – Tunisie : Sur quelle chaîne et à quelle heure regarder le match en direct – 23 janvier 2022    Hand – J05 Elite Homme : résultats des matches en retard    Tunisie – Nigéria : en photos, la conférence d'avant-match    Etude – Le changement climatique diminuera la production céréalière de 30 à 50% par an    Le CSM refuse de communiquer son avis sur le projet de réconciliation pénale de Kaïs Saïed    Saïed a parlé à Macron, a donné des gages mais droit dans ses bottes    Entretien téléphonique entre Kaïs Saïed et Emmanuel Macron    Steg : plusieurs quartiers à Sousse, Monastir et Sfax sans électricité dimanche    Meurtre du commandant Houimli : 3 condamnations dont une peine de mort    Mahdia : il assassine son papa avec une batte de baseball    STEG : Des coupures à Sousse, Monastir et Sfax ce dimanche    Meurtre d'un policier à Bizerte: Les peines vont de quatre ans d'emprisonnement à la peine capitale    Bilan Covid-19: 9.892 nouveaux cas et dix décès    Tunisair : Les revenus du transport augmentent de 24,7%, en 2021    REMERCIEMENTS ET FARK : Nejiba AMMAR    Rapport sur les entreprises publiques : Les factures non réglées pénalisent la Steg    Antonio Guterres espère un rétablissement des institutions démocratiques en Tunisie    Semaine boursière : Le Tunindex en mauvaise posture    Foot-Europe: le programme du jour    CONDOLEANCES    Tunisie – Nigeria : Un arbitre sénégalais au sifflet    CAN 2021 | Une défaite amère : Pas de quoi être fiers    CAN 2021 | L'équipe de Tunisie passe aux huitièmes : Qualification «miséreuse» !    Billet | Ils font peine à voir !    Le CSM ne plie pas : Un problème de plus pour Kais Saied    Pourquoi? | Du respect des citoyens    Fermeture des établissements scolaires : Une polémique stérile    Mouhiba Chaker, romancière : «Ecrire en français n'est pas pour moi un choix réfléchi !»    Projet Fourousyet : La belle épopée du cheval et de l'homme    «Streams» de Mehdy Hmili : La vie côté démons !    Industrie : Les obstacles n'ont pas freiné le développement du secteur aéronautique en Tunisie    Tunisie-Coronavirus [VIDEO] : Zakaria Bouguira met en garde contre la virulence d'un nouveau variant mutant d'Omicron    Banques islamiques : Résultat net en hausse de 265% en 2020    BNA Bank réalise un PNB en hausse de 20% en 2021    Evènement "Les Nuits de la lecture" en ligne: 6ème édition sous le thème de l'AMOUR    11 Tunisiens meurent noyés dans le naufrage de leur embarcation    Le chanteur hip-hop Balti et Elyanna réunis dans une chanson tuniso-palestinienne (vidéo)    Syrie: Daech attaque une grande prison et libère plusieurs terroristes    Sculpture sur un minéral ancestral, le lapis specularis    Russie-Ukraine : Poutine monte d'un cran, un danger imminent pour l'Europe, les USA, le monde    Gabès Cinéma Fen 2022: les inscriptions pour les films sont ouvertes    Tunisie-La Marsa : Kobbet Lahoua classé monument historique national    Les crises en Tunisie se sont aggravées depuis que Saïd a limogé Mechichi, selon la Confédération Syndicale Internationale    Coronavirus :Fin des mesures sanitaires en Grande-Bretagne    L'histoire de détermination de la nouvelle conseillère de Kais Saied    Un astéroïde "potentiellement dangereux " passera prés de la terre mardi soir    Le combat d'un résistant septuagénaire palestinien écrasé par une voiture de police de l'occupant    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Notre trésor national
La Presse Femme : Dr Tawhida Ben Cheïkh, première médecin musulmane en Tunisie et dans le monde arabe
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 08 - 2010


• Une panoplie de records dans plein de domaines
Qui parmi nous n'a pas rêvé un jour d'avoir pour mère, grand-mère ou arrière-grand-mère une femme telle que Tawhida Ben Cheïkh, première bachelière tunisienne musulmane, première médecin musulmane, en Tunisie et dans le monde arabe, première gynécologue femme, première chef de service de gynécologie femme, première Tunisienne membre du Conseil de l'Ordre des médecins de Tunisie, première responsable de la première structure publique de planification familiale, première rédactrice en chef du premier magazine féminin tunisien et femme plus que centenaire…?
Tout le monde, sans doute, car avoir ce statut exceptionnel et exemplaire, à plus d'un titre, c'est entrer dans l'histoire par la grande porte. Même son prénom Tawhida, version du concept «unicité», participe sans le vouloir à ce parcours hors du commun.
Née le 2 janvier 1909 à Tunis, d'une famille originaire de Ras Jebel (gouvernorat de Bizerte), Tawhida Ben Cheïkh perd son père précocement et est élevée par sa mère.
Elle poursuit ses études primaires à l'école de la rue du Pacha et y obtient son certificat d'études primaires en 1922. Elle intègre alors le lycée de la rue de Russie (ex-Armand Fallières) pour devenir en 1928 première bachelière tunisienne musulmane.
Grâce aux encouragements du Dr Etienne Burnet (1873 Maurupt-France-1960 Tunis),directeur à partir de 1936 de l'Institut Pasteur de Tunis (après le décès de Charles-Nicolle), elle part en 1929 à Paris poursuivre ses études supérieures. Là et après trois bonnes années d'études, elle obtient le PCB (diplôme de physique, chimie et biologie) lui donnant ainsi droit à l'accès à la faculté de Médecine de Paris pour en sortir diplômée en 1936, après avoir soutenu avec brio, sa thèse de doctorat dont le thème est : « Contribution à l'étude du myxoedème chez le nourrisson» (voir : La Médecine en Tunisie (1881-1994) : Dr Mohamed Moncef Zitouna - Tunis, S.D : 480 p. Simpact). Elle devient ainsi la 31e parmi les cent premiers médecins tunisiens musulmans et ne sera rejointe qu'en 1950 par Hassiba Ghileb (née le 29 octobre 1916), diplômée de la faculté de Paris.
Entre-temps et au cours de son séjour à la Ville des Lumières, Tawhida Ben Cheikh adhère à l'Association des étudiants musulmans d'Afrique du Nord en France (1931).
En tant que membre de ladite association, elle est invitée à prononcer une allocution à la tribune du congrès de l'Union des femmes françaises (1931), discours dans lequel elle brosse un tableau sur la condition défavorable de la femme musulmane dans les colonies françaises.
Toujours lors de son séjour français, elle  participe également à la rédaction du bulletin de l'association en question (compte rendu de l'hommage rendu à Tawhida Ben Cheikh organisé à Ras Jebel le 4 novembre 2009 - Ach Chourouq du 8 novembre 2009).
Une carrière exemplaire
Ainsi auréolée, avec en plus le titre de «la plus jeune lauréate en médecine en France» (Abdelmajid Sahli - Le Renouveau du 22 février 2009), Tawhida Ben Cheikh s'installe à Tunis et commence sa carrière de médecin de libre pratique dans son cabinet, sis au 42, rue Bab Mnara (Leaders. com - 31 décembre 2008), les médecins tunisiens n'ayant pas à l'époque le droit d'exercer dans le secteur public.
En Tunisie, Tawhida Ben Cheikh milite pour une meilleure santé de ses compatriotes et s'oriente vers la gynécologie - obstétrique. En 1955, elle devient donc chef du service de ladite spécialité à l'hôpital Charles-Nicolle à Tunis, qu'elle dirigera jusqu'en 1964, date à laquelle elle prendra la tête du service de la même spécialité à l'hôpital Aziza-Othmana à Tunis.
Elle dirigera le service jusqu'en 1967, année au cours de laquelle elle fait valoir ses droits à la retraite.
Tawhida Ben Cheikh marque encore une fois l'histoire sanitaire de la Tunisie, en prenant en 1970 la tête de la direction de la planification familiale au ministère de la Santé publique, structure fraîchement créée afin de donner une politique déjà amorcée au milieu des années 60, mais assurée jusque-là par l'Association tunisienne du planning familial.
Tawhida Ben Cheikh devient aussi la première médecin femme à siéger au Conseil national de l'Ordre des médecins de Tunisie après l'Indépendance (bureau élu en 1959 sous la présidence du Dr Mahmoud El Materi).
En 1962, elle sera élue au poste de vice-président, afin de seconder le Dr El Materi. Ce dernier démissionne en 1963 de son poste pour des raisons personnelles, et Tawhida Ben Cheikh travaille donc avec le Dr Tahar Zaouche à la présidence du conseil. Elle gardera son poste jusqu'en 1988, et restera la seule femme dans cette structure jusqu'en juillet 1970 (voir‑: L'Ordre des médecins 1958-2008‑: le bilan. Tunis : publication de l'Ordre des médecins de Tunis 2008, 157 p).
Sur le plan extra-professionnel, Tawhida Ben Cheikh continue de militer pour améliorer la condition de ses compatriotes. Membre de l'Association des femmes musulmanes de Tunisie, elle devient ainsi en 1937 première rédactrice en chef du premier magazine féminin tunisien édité en langue française Leïla.
Elle milite aussi au sein du Croissant-Rouge tunisien (créé le 7 octobre 1956) pour devenir son vice-président.
«C'est une grande dame, affable, courtoise, attentionnée et affectueuse (matbouaâ ou bent hlel ou ness mleh)», nous confie M.S.K. 75 ans, ancienne patiente de la célèbre gynécologue obstétricienne à partir du milieu des années 50 à propos de Tawhida Ben Cheikh. Témoignage que nous avons recueilli et dont l'auteure qui a requis l'anonymat‑— parce que, d'après elle, ne voulant pas être associée à un honneur qu'elle ne mérite pas‑— l'a livré fortement émue.
Bonne santé et longue vie donc à notre chère médecin et militante.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.