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Crise de l'eau : Quelles solutions pour la Tunisie? | Le dessalement, une voie d'avenir
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 01 - 2023

L'industrie du dessalement, a depuis des années, le vent en poupe. Les besoins en eau ne cessent d'augmenter, tirés à la hausse par la croissance démographique, le changement climatique et la raréfaction des ressources disponibles. Afin d'endiguer le fléau de la pénurie d'eau occasionnée par le déficit pluviométrique et l'assèchement des barrages, le dessalement est considéré désormais comme solution de recours.
La Tunisie se caractérise par ses ressources en eau très limitées affectées par le changement climatique, d'une demande en eau galopante, d'une surexploitation des ressources en eau souterraines et la pollution sous diverses formes. Depuis des années, les efforts de l'Etat se sont concentrés sur la gestion de l'offre à travers les différentes stratégies de mobilisation des ressources en eau, de conservation des eaux et du sol. Mais cette approche a montré ses limites devant les besoins en eau en augmentation continue pour les différents secteurs et c'est ainsi qu'en parallèle à la gestion de l'offre, il a été mis en place une approche de gestion de la demande pour réduire tant que faire se peut la pression sur les ressources en eau, et ce, à travers les programmes d'économie d'eau, la mobilisation des eaux non conventionnelles, la bonne gouvernance en sus des réformes et développement des programmes de recherche dans le secteur de l'eau.
Anticiper le futur
Conscients de cette limite, la Tunisie, comme bon nombre de pays, s'est lancée dans le déploiement de capacités de dessalement d'eau saumâtre et de mer dans une double stratégie de réponse d'urgence et d'anticipation du futur.
Les perspectives du stress hydrique se multiplient dans le monde. Déjà, plus de 2,2 milliards de personnes manquent d'eau potable. D'ici 2050, la désertification menacera à elle seule les moyens de subsistance de près d'un milliard de personnes dans environ 100 pays. Pour faire face à l'inadéquation entre les besoins croissants et à l'insuffisance des ressources locales conventionnelles en eaux souterraines, qui constituent la principale ressource renouvelable au Sud Tunisien, la Sonede s'est dotée d'une nouvelle stratégie. Celle-ci a pour objectif d'améliorer la qualité du service et de sécuriser l'approvisionnement en eau potable. La société a dû faire recours progressivement au dessalement de l'eau saumâtre souterraine, puis au dessalement de l'eau de mer.
Les régions prioritaires les plus touchées sont situées dans le sud-est du pays à forte pression démographique et économique, où la salinité des eaux souterraines varie de 3 à 6,5 g/l. L'établissement exploite, actuellement, la station de dessalement des eaux de mer (Sdem) de Djerba, dont le potentiel est de 50.000 m3/j, et 15 stations de dessalement des eaux saumâtres (Sdes), dont la capacité totale est de 115.600 m3/j.
De ce fait, le potentiel actuel total est de 165.600 m3/j, soit un potentiel annuel des eaux dessalées de 58,6 millions m3.
D'autre part, le secteur de l'industrie du phosphate exploite une Sdem et une Sdes à Skhira d'une capacité de 22.000 m3/j, soit 8 millions m3 par an.
Potentiel projeté d'ici 2025
L'activité de dessalement menée par la Sonede est en cours d'évolution significative. Plusieurs projets de création de Sdem et Sdes sont en cours de réalisation ou projetés, dont quatre nouvelles Sdem (Zarat, Sousse, Sfax et Kerkennah) dont la capacité totale est de 206.000 m3/j d'ici 2025, et six nouvelles Sdes programmées totalisant une capacité de 31.000 m3/j.
Ainsi, la capacité des projets Sonede en cours est de 237.000 m3/j, ce qui porterait le potentiel des eaux dessalées de 165.600 m3/j en 2020 à 402.600 m3/j en 2025. De même, les volumes potentiels à dessaler par la Sonede passeront ainsi de 58,6 Mm3/an en 2020, à 145 M m3/an en 2025. A ces volumes s'ajoutent 8 Mm3/an à usage industriel.
Il est à signaler que ce potentiel sera encore plus important puisque les Sdem sont extensibles dans un autre horizon. Les eaux non conventionnelles constituent des ressources en eau importantes du point de vue quantitatif. Mais actuellement, une quantité importante des volumes des eaux usées traitées (EUT) produites n'est pas conforme aux exigences réglementaires ni de rejet dans le milieu naturel ni pour la réutilisation.
Cependant, il est évident que plus les exigences en qualité sont importantes, plus les coûts associés sont élevés. C'est la raison pour laquelle il est important de définir le niveau de qualité requis pour l'usage desservi. Cette analyse incite à procéder au cas par cas lors du développement des projets de Réut. Afin de pouvoir exploiter ces ressources, il est nécessaire de pallier les problèmes de qualité. Pour cela, la recherche dans le domaine des nouvelles technologies de traitement adaptées au contexte tunisien est bien indiquée, ce qui permettrait de limiter les risques sanitaires et d'être compatibles avec les usages.
Quant à l'eau dessalée, elle représente en Tunisie une ressource non conventionnelle fiable pour augmenter l'offre en eau douce sur le long terme.
Toutefois, le dessalement de l'eau saumâtre, nettement moins cher que celui de l'eau de mer, se heurtera à l'avenir à l'indisponibilité des ressources en eaux saumâtres. En fait, celles-ci proviennent des nappes surexploitées, et par conséquent sont incertaines et limitées dans le temps. Ceci fera que le choix stratégique du dessalement s'orientera à l'avenir à l'eau de mer.
L'inconvénient est bien sûr le coût énergétique et l'émission correspondante de CO2, mais la combinaison de projets de dessalement avec une composante énergie renouvelable ne fera qu'augmenter à l'avenir.
Accélérer l'adoption du Code de l'eau
Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (Ftdes) a appelé le gouvernement dans une note, qu'il a publiée récemment, intitulée «la crise de l'eau en Tunisie : une mauvaise gestion des ressources hydrauliques expose le pays à un stress hydrique», à accélérer l'adoption du code de l'eau en suspens afin de faire face à la crise hydrique à laquelle est confrontée la Tunisie.
Le Forum a mis l'accent sur la nécessité d'inscrire dans ce code le droit à l'eau comme «un droit fondamental», en accordant la priorité à l'usage domestique.
En s'appuyant sur l'application du principe de la séparation entre les fonctions de planification, de gestion et services de l'eau et de régulation en des institutions distinctes, le projet propose la création du Conseil Supérieur de l'Eau sous l'égide du chef du gouvernement, d'une agence nationale de protection du domaine public hydraulique, et une instance nationale de régulation des services de l'eau. Il avance, par ailleurs, une certaine conception de la décentralisation et la mise en œuvre du principe de participation dans la gestion des ressources, par la création de comités régionaux de l'eau au niveau de chaque gouvernorat.
Cette réforme se caractérise également par la création des groupements hydrauliques qui vont remplacer à terme les GDA dans la gestion locale de l'eau. Le projet prévoit également une certaine flexibilité et une diversité institutionnelle par la création d'entreprises publiques de gestion des systèmes hydriques dans les périmètres publics irrigués. Il instaure aussi le système national d'information sur l'eau et le plan national intégré des ressources en eaux, et précise les principes à respecter et la démarche bottom-up de son élaboration. En terme organisationnel également, le projet du CDE propose la création du corps des contrôleurs du domaine public hydraulique.
Il initie, en somme, une véritable refonte de la gouvernance de l'eau dans le pays.


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