L'investissement américain représente 2% des IDE Le président Béji Caïd Essebsi) a pris part, hier, au forum économique afro-américain qui se tient à New York avec la participation de près de 35 pays et plus de 200 entreprises américaines. La participation du chef de l'Etat à ce forum, auquel il a été invité par le président américain Barack Obama, est l'occasion pour aborder les attentes de la Tunisie en matière de coopération économique, financière et d'investissement avec ses partenaires (Etats et entreprises financières), notamment en cette conjoncture difficile. A travers la promotion de sa coopération avec ses différents partenaires, la Tunisie aspire à gagner le pari du développement économique, de la lutte contre le terrorisme et de l'emploi des jeunes, notamment. Les Etats-Unis comptent parmi les premiers pays à avoir salué la révolution tunisienne. Le président Obama avait alors déclaré devant le Congrès américain que les USA se rangeaient aux côtés de la communauté internationale pour témoigner du militantisme courageux des Tunisiens pour leurs droits. Il avait ajouté dans son discours «que son pays soutiendra les pays qui aspirent à instaurer la démocratie comme la Tunisie». En mai 2015, à l'occasion de la visite du président de la république aux USA, le président Obama avait annoncé l'attribution à la Tunisie du statut de «pays allié majeur non membre de l'Otan». La Tunisie est ainsi devenue le 16e pays non membre de l'Organisation de l'alliance atlantique, aux côtés du Japon, de l'Australie, de l'Afghanistan, de l'Egypte, du Maroc et du Bahreïn. Pour les analystes spécialistes des relations tuniso-américaines, cette initiative s'inscrit dans le cadre du soutien sécuritaire et militaire apporté à la Tunisie par Washington qui doit faire face à la situation explosive en Libye. Les USA comptaient effectivement sur la Tunisie pour contribuer à désamorcer la crise libyenne et combattre le terrorisme, devenu une réelle menace pour toute la région. De l'avis d'experts militaires, l'attribution de ce statut à la Tunisie lui permet de bénéficier d'avantages sécuritaires, militaires et logistiques et du soutien en matière de formation. Ce statut confère également à la Tunisie le droit de détenir des armes sophistiquées vendues exclusivement aux alliés stratégiques des USA, précisent les experts. Commission mixte de suivi La visite du chef de l'Etat aux USA en mars 2015 a été également l'occasion de signer un mémorandum d'entente portant sur la coopération en matière de sécurité, de développement économique et de promotion de la démocratie. L'administration américaine s'est dite alors disposée à favoriser la réalisation des réformes engagées par la Tunisie à travers notamment la garantie d'un prêt d'une valeur de 500 millions de dollars. Cette garantie permet à la Tunisie de bénéficier d'un taux d'intérêt de 2% (contre 5,2%) remboursable sur une période de 7 ans, soit un gain de près de 224 millions de dollars. Par ailleurs, il a été convenu de créer une commission mixte chargée d'assurer le suivi des différents dossiers, de faciliter les démarches pour les investisseurs et de concevoir des idées de projets innovants. Depuis 2011 et jusqu'en 2015, les USA ont octroyé aux gouvernements tunisiens successifs une enveloppe globale de 700 millions de dollars sous forme de dons ou d'aides, outre des garanties de crédits de près d'un milliard de dollars, selon l'ambassade américaine à Tunis. Par ailleurs, des statistiques de l'organisation mondiale du commerce et de l'Institut tunisien des statistiques indiquent que durant les cinq dernières années les importations tunisiennes des Etats-Unis ont quadruplé passant de 160 millions de dollars en 2010 à 606 millions de dollars en 2015. Les exportations tunisiennes vers les USA ont été en 2015 de près de 206 millions de dollars contre 215 millions de dollars en 2010. Les échanges commerciaux, eux, n'ont pas dépassé 2,6%. S'agissant de l'investissement, certains analystes économiques constatent que le taux d'investissement américain en Tunisie ne dépasse pas 105 millions de dollars, le secteur de l'énergie excepté, ce volume ne représente que 2% des entreprises étrangères implantées en Tunisie. Au plan sécuritaire, les USA ont alloué à la Tunisie une enveloppe de près de 225 millions de dollars à titre d'aide, qui a consisté essentiellement en armes et véhicules, outre l'assistance en matière de formation et de lutte contre le terrorisme, la contrebande et le crime organisé.