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Un certain regard sur le cinéma tunisien
JCC — Rencontre avec Salwa Naimi
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 11 - 2016

Lors de cette 27e édition qui vient de s'achever, nous avons repéré une des têtes les plus familières : celle d'une femme aux grands yeux et aux cheveux très noirs. Il s'agit de la journaliste et écrivaine syrienne vivant en France qui considère la Tunisie et ses journées théâtrales et cinématographiques de Carthage comme un retour aux sources.
Depuis quand vous assistez aux Journées cinématographiques de Carthage?
La première fois où je suis venue en Tunisie, c'était au milieu des années 80. Pendant douze ans, j'ai suivi les deux festivals, les JTC et les JCC. A l'époque, le monde du théâtre et celui du cinéma se croisaient beaucoup... Les œuvres que j'ai eu la chance de voir, telles que «Arab» ou «Familia», sont encore gravées dans ma mémoire. C'était impressionnant de voir que dans le monde arabe, il existe des artistes qui travaillent de la sorte...
Et aujourd'hui, qu'est-ce qui a changé ?
L'émigration des artistes est devenue chose banale. Il y a beaucoup de films qui traitent de la réalité d'un pays, mais leurs réalisateurs vivent ailleurs, en Europe ou en Amérique. Ils ont, pour la plupart, une double culture...
Là, vous parlez du monde arabe en général. Mais qu'en est-il de la Tunisie ?
Il faut dire que tant d'années sont passées sans que je revienne en Tunisie. En 2015, j'ai renoué avec les JCC et j'ai découvert une nouvelle génération de cinéastes, des jeunes qui se cherchent et qui racontent la réalité avec de nouveaux procédés.
Comme qui, par exemple ?
Comme Kaouthar Ben Hnia. Dans son film «Zeineb n'aime pas la neige». Elle a suivi un personnage réel durant cinq ans... Mohamed Ben Atia, dans «Nhebek Hedi», évoque, entre autres, la révolution, avec beaucoup de finesse et de subtilité.... Mais il y en a d'autres qui parlent d'une situation nouvelle avec des outils d'un autre âge.
Que voulez-vous dire ?
Je veux dire que les jeunes cinéastes ont intérêt à créer leur propre langage et s'éloigner de la forme et de la vision du monde de leurs aînés.
Mais vous sembliez pourtant être fascinée par les aînés...
Je ne dis pas le contraire, mais dans la plupart des films de ces dernières années, je ne retrouve plus cette audace dans le propos et la forme. Je cite, à titre d'exemple, «Arab » de Fadhel Jaibi et Fadhel Jaziri, réalisé en 1988, adaptation de la pièce de théâtre éponyme, et que je viens de revoir. Ce long métrage est toujours d'actualité. Il a cette force de lecture du monde arabe et de la Tunisie qui n'existe plus dans les films d'aujourd'hui.
Pensez-vous que les JCC, en tant que festival, ont évolué ?
Il y a un changement. Je ne sais pas si cela s'est fait petit à petit ou d'une manière radicale. Mais ce qui est sûr, c'est que je n'aime pas du tout ce côté glamour et ce côté « petit Cannes » qui n'existait pas avant. Cela dit, ce qui m'impressionne toujours, c'est le public. On dirait que c'est la saison cinématographique pour les jeunes Tunisiens. D'une session à l'autre, ils sont de plus en plus nombreux.
Que représentent pour vous les JCC ?
C'est d'abord un pays et une culture. Et puis, c'est le premier festival que j'ai couvert en tant que journaliste.
Vous revenez souvent même en période hors festival, n'est-ce pas ?
En effet, je reviens souvent en Tunisie pour écrire. Je n'écris nulle part ailleurs. Surtout depuis que j'ai été privée de retourner en Syrie, là où je suis née.
A propos d'écriture, quel est le lien entre vos cinq recueils de poèmes, vos nouvelles et vos deux romans ?
Je ne saurais pas vous le dire. Mais tout ce que je sais, c'est que j'ai bâti ma vie sur l'écriture. Celle-ci me permet de dire comment je reçois le monde et je fais tout pour ne pas me répéter et répéter ce que disent les autres. C'est pour ça que j'écris si peu.
De quoi s'agit-il dans votre premier roman «Preuve par le miel» ?
Je parle du corps, du sexe dans la culture arabo-musulmane. Ce livre a été traduit en 20 langues. Il a été, quand même, interdit dans tout le monde arabe, sauf au Maghreb, et interdit aux moins de 18 ans au Liban, au pays d'une Haifa Wahbi qui chante «Bouss el wawa» pour les enfants.
Et dans votre roman intitulé «Presqu'Ile arabe» ?
Ce roman traite de ma relation avec mon pays natal et du droit de non-retour.
Le droit de non-retour ?
Oui. Je me pose la question : pourquoi faut-il toujours retourner au pays...
Et qu'en est-il du troisième roman ?
Il est en cours d'écriture.


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