L'année dernière, 5.000 certificats médicaux ont été remis à l'administration par des enseignants pour justifier leurs absences Le taux d'absentéisme dans l'enseignement serait alarmant. Le ministre de l'Education l'aurait reconnu, lui-même, au cours d'une déclaration à une chaîne radio. Il y aurait, quotidiennement, autour de 25% d'enseignants qui s'absentent pour diverses raisons. Les parents subissent, à leur corps défendant, cette situation sans pouvoir trouver une solution. Cela se ressent, spécialement, dans le primaire. Chaque matin, les parents accompagnent leurs enfants croyant les confier à l'école. Les uns rentrent chez eux pour constater, quelques minutes plus tard, qu'ils n'ont pas eu cours. D'autres, s'en vont à leur travail, tandis que leur fils ou fille sont confrontés au même problème. Les petits reviennent, souvent, chez eux ou se dirigent vers les garderies où ils sont inscrits. Mais une bonne partie peut rester dans la rue. Idem pour les élèves des collèges ou des lycées. En d'autres termes, ces masses de jeunes sont ainsi livrées à la rue avec tous les risques que l'on peut deviner. Pour mesurer l'impact de ce phénomène, il est possible de voir ce que représentent les chiffres déclarés. Si on suppose que les 15.000 enseignants absentéistes ont chacun 4 classes de près de 30 élèves, il y aura 120 élèves qui seront touchés par ces absences. Lorsque cette absence se prolonge de plusieurs jours, les conséquences sont encore plus graves. En ce qui concerne, par exemple, les congés de maladie, le fléau cause d'énormes préjudices. Selon certaines statistiques, on estime le nombre de certificats délivrés à 5.000. Pourtant, 10 % de ces certificats seulement sont à prendre au sérieux. Le reste est délivré pour «valoir ce que de droit». C'est-à-dire, une simple pièce justificative. Les parents déplorent ces absences non seulement parce qu'elles portent préjudice au niveau de leurs enfants, mais, aussi, parce qu'elles sont des sources de risques et de menaces. Un écolier ou un collégien livré à lui-même devient une proie facile entre les mains de tous les «prédateurs». Il est, de toute évidence, impossible pour le ministère de l'Education de juguler à lui seul ce fléau. La solution ne peut être que collective. C'est donc à une concertation commune entre toutes les parties qui se sentent concernées par cette question qu'on doit recourir. Toutefois, le ministère peut agir à son propre niveau pour diminuer l'impact de l'absentéisme sur les élèves. Il faudrait, surtout, insister sur ces absences impromptues. Car ce sont elles qui déstabilisent et l'administration et les parents. L'utilisation, par les enseignants, des outils technologiques (SMS, à tout le moins ou téléphone) aiderait beaucoup à remettre un peu d'ordre dans la situation. De cette manière, il sera possible à l'administration d'aviser à temps les élèves et, par conséquent, leurs parents. Cela évitera ces attentes prolongées d'un enseignant qui n'arrive pas.