Par Jalel Mestiri Que le Promosport, opérateur historique, participe au financement du football tunisien est une bonne chose, mais il faut que cela puisse favoriser l'intégrité du sport. Si, sur le plan juridique, il détient le monopole des paris sportifs, dans la réalité, ce n'est plus le cas. Il ne semble pas évident qu'il soit possible d'envisager de manière rationnelle un environnement aussi incertain que celui des événements sportifs. C'est toutefois le sujet de notre dossier de cette semaine : marché des paris sportifs, bookmakers, Promosport, réseaux sociaux (Planet), parieurs et tout ce qui est entrepris ici et là pour maximiser les gains. Le tout dans une dimension à la fois économique et sociale. Les paris sportifs ont pris une nouvelle proportion et une signification complètement différente depuis l'émergence d'Internet. Les parieurs tunisiens ne semblent plus porter le même intérêt pour la grille proposée par le Promosport. Encore moins par les modalités de jeu, il est vrai complètement dépassées, et qui ne reflètent plus les motivations que l'on peut porter pour les paris sportifs. Les temps ont certainement changé, mais en l'absence d'adaptation et surtout de mise à niveau, ainsi que de coordination avec la FTF, le Promosport, dont les rentrées sont essentiellement destinées pour l'amélioration et l'entretien de l'infrastructure sportive, ne suscite plus la même passion. L'imposition de 25%, ainsi que la TVA assujettie aux points de vente ont davantage aggravé la situation, au bénéfice d'un nouveau phénomène de jeu sur les réseaux sociaux (Planet Win), qui n'est pas soumis à la taxe et qui n'a pas de cadre juridique et qui profite largement suite à l'absence de modèle législatif sur les paris sportifs en ligne. Que le Promosport, opérateur historique, participe au financement du football tunisien est une bonne chose, mais il faut que cela puisse favoriser l'intégrité du sport. Si sur le plan juridique, il détient le monopole des paris sportifs à l'instar des points de vente, dans la réalité, ce n'est plus le cas. La multiplication des incitations au jeu est en effet de plus en plus évidente. Planet Win offre ainsi une modalité de jeu plus variée et surtout plus captivante. Les paris s'orientent sur les phases de jeu (sets, money-time, mi-temps...). Actuellement, dans les sports collectifs, un parieur peut miser sur une victoire ou une défaite, mais aussi sur le nom du buteur, l'équipe qui encaisse le dernier but, la prochaine équipe à marquer ou encore la réussite à un tir au but. Les techniques sont souvent beaucoup plus subtiles avec des parieurs qui prennent le soin de jouer en ligne dans plusieurs pays, sur plusieurs sites avec de petites sommes. Il est nécessaire d'engager un débat législatif et d'entamer une réflexion sur les types des paris, sur cette concurrence déloyale entre le Promosport et les réseaux sociaux, d'analyser et en limiter l'explosion. Même s'il ne faut pas faire d'amalgame avec ce qui est demandé et ce qui existe aujourd'hui, l'on doit se résoudre à arrêter de promouvoir des activités dangereuses pour l'intégrité du sport. Les sites illégaux multiplient les risques: corruption à grande échelle, menace sur la transparence publique, sur l'intégrité du sport. Une régulation est indispensable. Elle devrait consister à interdire les incitations déloyales au jeu, ainsi que le recours aux pratiques douteuses.