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Ainsi va la justice transitionnelle et elle ne va pas bien
Tribune : IVD — AUDITIONS PUBLIQUES SUR LES VIOLENCES A L'ENCONTRE DES FEMMES
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 03 - 2017


Par Noura BORSALI
Tel qu'énoncée dans le communiqué officiel de l'IVD, la séance des auditions publiques du 11 mars 2017 devait être consacrée aux « violations des droits humains commises contre les femmes ». Quelle ne fut notre surprise de constater que le travail de l'IVD et particulièrement de sa commission Femmes est fortement réducteur ! Selon la loi qui régit le processus de justice transitionnelle, la période qui intéresse l'Instance et relative aux violations des droits de l'Homme s'étend de 1955 à 2013, date de la promulgation de ladite loi. Plus de cinquante années sont ainsi l'objet d'investigation dont l'objectif est de dévoiler toutes sortes de violations des droits humains dont des Tunisiennes furent victimes (pour ce qui est de notre cas ici). Certes, et en dépit de la position avant-gardiste dont peut se prévaloir notre pays quant aux droits des Tunisiennes, il n'en demeure pas moins que des violences à l'encontre de femmes ont été commises tout au long de notre histoire. Parmi les facteurs qui ont généré ces violations, on peut citer, d'une part, la nature patriarcale et le conservatisme de la société, et, d'autre part, l'autoritarisme politique et la violence du système mis en place dès l'indépendance. Il est indéniable que des Tunisiennes, pas très nombreuses dans certains cas, ont été de tous les combats. C'est pourquoi nous nous attendions, en suivant ces auditions publiques d'une importance capitale, que soit donné un éventail significatif des différentes violences subies par des femmes. Car nous ne cesserons jamais de répéter que l'objectif ultime de la justice transitionnelle est la non-répétition de tels actes dans le présent comme dans l'avenir.
Un éventail réduit et limité
Que nous a proposé l'IVD lors de cette soirée du 11 mars ? Cinq témoignages de deux femmes appartenant à la gauche tunisienne et au mouvement féministe tunisien et trois interventions de deux femmes nahdhaouies et d'une jeune femme se présentant comme indépendante politiquement. Pour l'IVD, l'équilibre serait ainsi réalisé. Mais là où le bât blesse, c'est dans cette vision réductrice des violences mises à nu. Le premier témoignage (le deuxième dans l'ordre de présentation) présenté par une femme de gauche et appartenant à l'Atfd ne fut pas très percutant et a tenté de montrer, mais de façon très sommaire, le parcours de l'Atfd pourtant semé d'embûches durant la fin de règne de Bourguiba et les années Ben Ali, autrement dit pendant la période de l'interdiction de l'association et après sa légalisation en 1989, certes dans un contexte bien précis. Pourtant, une importante occasion était offerte au témoin d'informer un public très large des harcèlements dont a été victime le mouvement féministe autonome et, en l'occurrence, l'Atfd . Cela aurait permis de faire taire ces voix accusatrices et haineuses à l'encontre de l'Atfd accusée injustement, par les islamistes, d'avoir été financièrement et idéologiquement à la solde de Ben Ali. « Comme ce fut le cas de ces propos fallacieux et haineux d'un jeune islamiste contre ma personne, et ce, pour avoir critiqué ces auditions dans mon statut sur facebook. Propos» —hélas !— encouragés par un petit « j'aime » venant d'un membre du gouvernement, la jeune nahdhaouie Sayida Ounissi (!!) et de la députée nahdhaouie Amina Zoghlami (!!) faisant ainsi le lit d'une intolérance vis-à-vis de l'Autre.
Revenons aux témoignages proposés. Le second témoignage (troisième dans l'ordre de présentation) est celui d'une femme de gauche ayant milité dans les rangs de l'Uget et, plus tard, d'une organisation marxiste-léniniste vouée à la clandestinité, et, donc à la vindicte du pouvoir bourguibien, à divers harcèlements policiers, aux traitements inhumains dont la torture ainsi qu'à des procès iniques et des emprisonnements dans des conditions lamentables. Ce témoignage qui évoque également —quoique rapidement— les harcèlements du témoin en tant que syndicaliste et militante à la Ltdh, est édifiant à de nombreux égards.
La concentration sur le port du voile
Les autres témoignages d'une femme se présentant comme indépendante politiquement (premier témoignage) et de deux militantes du parti Nahdha (les deux derniers) ont tourné autour de la question du hijab et de toutes les conséquences qui en ont résulté sur leurs vies et celles de leurs familles, sur leur dignité de femmes et leurs droits de citoyennes spoliés. Elles ont subi une violence policière effroyable décrite et dénoncée avec vigueur dans divers rapports d'ONG de droits humains nationales et internationales. Ces témoignages ont été consolidés par un VTR (Video tape recorder) portant sur toutes les circulaires interdisant le port du hijab à partir de la décennie 1980. L'utilisation, par l'IVD, de ce moyen concentré sur le port du hijab est nouvelle pour le public qui suit les auditions depuis leur démarrage.
Ce travail de l'IVD relatif au choix de ces seuls témoignages (dont trois sur une même question : l'interdiction du port du hijab) et à l'ordre de leur présentation comme signalé précédemment, appellent des remarques et - pourquoi pas ? - des critiques qu'on voudrait constructives pour le processus de justice transitionnelle.
Par ces cinq témoignages présentés, l'IVD n'a pas réussi à donner un éventail quelque peu précis et représentatif des violations des droits humains contre les femmes à travers plus de cinq décennies, ou même de donner à voir plus précisément les violences subies par ces dernières dont des femmes de gauche et islamistes. Il est certain que ceci ne relève aucunement d'une quelconque erreur venant des témoins - devant lesquels nous ne pouvons que nous incliner - mais d'une appréciation superficielle et partiale de cet état de choses et d'une impréparation incontestable et surtout d'une certaine conception du témoignage.
Un témoignage doit être pertinent
Nous avons eu l'occasion, dans un précédent article sur l'IVD publié sur les colonnes du quotidien « La Presse » et daté du 11-12-2016, d'attirer l'attention sur cette dernière question. Les témoignages présentés, en effet et jusque-là, comme un long fleuve, finissent par être lassants et presque banalisés en dépit de leur gravité. L'attention des spectateurs et aussi des invités présents sur les lieux finit par s'en détacher, comme le prouve la désertion de la salle avant même la fin des témoignages. La durée réservée aux différentes auditions et qui s'étale, de surcroît le soir, sur quatre ou cinq heures et la longueur des témoignages parfois dépassant les soixante minutes ne sont pas efficaces et diluent les discours dans des détails qui ne sont pas toujours pertinents. L'expérience marocaine, pionnière dans le monde arabe, réserve la même durée de vingt minutes à chacun des témoignages bien ciblés et percutants et fixe, à l'ensemble des auditions, un temps global limité à deux heures, et ceci, répétons-le encore, sans aucune intervention des membres de l'IER (Instance Equité et Réconciliation). Peut-être que l'IVD a-t-elle intérêt à mieux cibler et à écourter les témoignages en les concentrant sur l'essentiel afin de les rendre plus pertinents et moins lassants. Il y a, sans aucun doute, dans cette démarche d'ordre informatif, mais surtout thérapeutique une pédagogie et une psychologie à ne pas négliger.
Le corps nu, objet de violences
Par ailleurs, de nombreuses violences telles que vécues par les femmes témoins islamistes n'ont pas été évoquées ou précisées dans leurs propres témoignages. Les violences subies par ces dernières ne peuvent se réduire à la seule interdiction du port du hijab et aux conséquences qui en ont découlé sur leurs vies. Désormais, tout n'a pas été dit. Peut-être par pudeur pour la plupart d'entre elles qui ont du mal à évoquer les violences exercées sur les parties intimes de leurs corps. Dans ce cas, ne fallait-il pas réserver un VTR à tous ces terribles harcèlements et souffrances subis tant par les femmes islamistes que par les femmes d'extrême gauche ? Un rapport d'Amnesty International, paru à Londres le 3 juin 1993 et intitulé « Tunisie : Des femmes sont victimes de harcèlement, de torture et d'emprisonnement » et portant sur les femmes islamistes et d'extrême gauche est fort édifiant à ce propos. Des témoignages souvent anonymes ont fait état de graves violations telles que les arrestations arbitraires, la garde à vue prolongée, le harcèlement, la détention, la torture et les mauvais traitements et les procès inéquitables. Des témoignages anonymes poignants y ont figuré. Des représailles contre les épouses et les parents de détenus ont été également évoquées avec leurs conséquences terribles sur leur santé physique telles que des paralysies partielles ou encore des maladies incurables dont certaines ont abouti au décès des victimes. Que dire encore de ces femmes (dont quelques-unes étaient enceintes) épouses ou parentes ou militantes déshabillées, menacées, par leurs bourreaux, de sévices sexuels et de viols par un des leurs et torturées par plusieurs policiers ? Ajoutons à cela la perte de leurs emplois, la privation de tous leurs droits et une résidence surveillée qui ont paralysé leur vie ?
Il est difficile certes, pour la plupart, de dire la violence exercée sur leurs corps dénudés de force et leurs organes génitaux. Une question de pudeur aussi les en empêche. Là, intervient le rôle de l'IVD qui aurait pu réserver un VTR à toutes ces formes de violence qui doivent être mises à nues ou enregistrer des témoignages et les présenter de façon anonyme. Parce que sur ces violences spécifiques aux femmes, le voile doit être absolument levé compte tenu de leur gravité.
Et d'autres femmes encore et encore...
Mais la violation des droits humains des femmes ne doit en aucun cas se résumer à ces deux seules catégories de femmes. Ces violences ont touché d'autres militantes dans d'autres espaces, milieux et professions. L'autoritarisme politique a touché les magistrates qui s'étaient engagées dans la défense des intérêts moraux et matériels de la profession et aussi de l'indépendance de la justice. Subissant des sanctions de leur autorité, elles furent mutées et éloignées de leurs familles par de longues distances. Où sont les femmes engagées elles aussi dans le combat pour la liberté de la parole et de la presse? Elles furent, en 1993 particulièrement, l'objet de campagnes dégradantes et haineuses allant jusqu'à les présenter comme « des prostituées » ou « vendues aux sionistes et aux francs-maçons » et utilisant des photomontages pornographiques distribués en milliers d'exemplaires dans tout Tunis. Des rapports d'ONG de droits humains ont démontré en 2001 que ce harcèlement durant cette dernière décennie n'a jamais atteint autant d'intensité, de personnes, de formes et de moyens. Où sont également ces femmes subissant de façon ostensible différentes formes de provocations, des filatures et poursuites, des contrôles illégaux de leurs téléphones, de leurs courriers électroniques..., des encerclements constants de leurs lieux de résidence par des policiers en civil ? Ces harcèlements quotidiens ont touché des militantes de la Ltdh, de l'Atfd, de l'association internationale de défense des prisonniers politiques, de la section tunisienne d'Amnesty International, de l'Ugtt, etc. ? Tout cela, comme le dira Héla Abdeljaoued qui présidait l'AG de la Ltdh en 2000, « sous une pluie d'injures obscènes et de propos orduriers qu'on réserve particulièrement aux femmes ». La portée et l'étendue de la violence ont également touché des femmes dans l'espace public, comme l'ont bien démontré différentes enquêtes en 2010 et tout récemment en 2016. Ces violences ont persisté après le 14 janvier 2011 comme vient de le prouver le rapport récemment publié par l'association contre la torture qui a évoqué le pourcentage des femmes qui continuent d'être torturées. Pourquoi ne parle-t-on pas de cette jeune fille violée par des policiers sous le pouvoir de la Troïka et dont le cas a suscité un grand tollé ou encore de celles qui voient leurs libertés individuelles se réduire de jour en jour ? Et ces artistes dont Nadia el Féni qui se sont trouvées menacées par des salafistes, produit du système Ben Ali et de la Troïka, et par leurs menaces portant sur leurs vies et mettant en cause leurs libertés de création et de parole ? Et ces femmes, mères, épouses et parentes qui souffrent au quotidien de l'état physique et mental ou encore de la négligence des leurs, victimes de la chevrotine ? Et celles victimes des événements du 9 avril 2012 ? Et tant d'autres encore et encore... Qu'elles soient témoins directs ou indirects, ces femmes ont subi des violences que la justice transitionnelle se doit de dénoncer pour que ces dernières ne se répètent plus... Et puis, il existe bien une spécificité des violences (basées sur le corps et sur le sexe) exercées, comme nous l'avons vu précédemment, sur les femmes traitées de tous les noms tant dans nos lieux publics que dans les postes de police ou encore dans les lieux d'enfermement.... C'est également cet aspect des violences que l'IVD aurait dû mettre à nu...
Il est tout à fait évident qu'il ne s'agit pas de rendre compte de toutes ces violations évoquées ici. Cela serait impossible. Toutefois, un choix plus représentatif ferait l'affaire et ce en fixant à seulement 20' le temps imparti à chacun des témoignages. Ainsi, l'éventail des cas présentés serait-il plus large.
Les risques d'une intrumentalisation de la justice transitionnelle
Cette concentration sur les femmes islamistes est vue désormais comme un parti-pris en faveur du parti Ennahdha. Elle est perçue de plus en plus comme la preuve que nous sommes en face d'une justice transitionnelle instrumentalisée au profit du seul parti Ennahdha auquel elle ne servirait qu'à donner une légitimité de plus en plus grande.
Et puis, remarque-t-on, qu'est-il resté de ces auditions —telles que présentées— dans la mémoire des Tunisiens, sinon le port du hijab et par là le modèle de société que cherchent à mettre en place les islamistes ? Pour ceux-là, la concentration sur le seul port du hijab, quand bien même il aurait touché des centaines de femmes, vise à s'opposer au projet bourguibien de libération des Tunisiennes.
Les risques que court la justice transitionnelle en Tunisie sont à prendre au sérieux. Le processus déjà biaisé par tant de dérives internes a besoin d'être revu et corrigé pour la garantie de son succès et de sa crédibilité déjà profondément altérée. Car nous ne cesserons jamais de le répéter : la justice transitionnelle est un des piliers importants de la transition démocratique qui peine à se concrétiser. En conclusion, un constat s'impose à nous. Nous l'emprunterons au célèbre dramaturge allemand Bertholt Brecht (en le changeant) : ainsi va la justice transitionnelle en Tunisie et elle ne va pas bien. Hélas !


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