Le match de trop ? Vidée physiquement et manquant d'envie, l'équipe de Tunisie a subi la domination du Maroc. Inspiré, son keeper Ben Mustapha lui a évité un naufrage total. Grand Stade de Marrakech, beau temps, pelouse impeccable, match en nocturne, éclairage satisfaisant, public moyen. Maroc bat Tunisie (1-0) en amical. Score acquis à la mi-temps. But de Hamza Younès contre son camp (14'). Arbitrage: Aissa (Sénégal). Avertissements: Ben Mustapha 58', Syam Ben Youssef 67', Ben Amor 77' et Haddadi 81' (Tunisie). Maroc: Bounou, Dirar, Yamiq, Saiss, Nahiri, Carcela (Hafidhi 26'), S.Amrabat, Boussoufa, Fajr, Naciri, Bouhaddouz (Boutaieb 90+1') Tunisie : Ben Mustapha, Mbarki, Haddadi, Bronn, Syam Ben Youssef (cap), Azouni, Ben Amor, Sliti (Khenissi 80'), Lahmar (Akaichi 60'), Laâribi (Fakhreddine Ben Youssef 60'), Younès (Mhirsi 60'). La semaine internationale s'est terminée de la pire façon qui soit pour le team national. Battu hier à Marrakech par le Maroc (1-0), il a pratiqué un football rudimentaire, pauvre, et témoigné d'une désorganisation totale. Intervenant quatre jours après la défaite de Monastir face au Cameroun (1-0), ce nouveau couac pose plusieurs questions quant à l'avenir d'une sélection qui déçoit de plus en plus et perd crédit auprès de ses fans. Ce n'est pas de cette façon-là qu'elle va tenir tête au finaliste de la dernière CAN, l'Egypte, lors de sa prochaine sortie, le 5 juin aux éliminatoires de la CAN «Cameroun 2017». Sous les yeux du nouveau président de la Confédération africaine, Ahmad Ahmad, en visite au Maroc, l'équipe de Tunisie engage un effectif renouvelé à moitié par rapport à celui dominé par le champion d'Afrique vendredi dernier. La première période est l'une des plus mauvaises de l'ère Kasperczak. Emoussés, dépassés au niveau de la course, de la générosité et de l'énergie, les six joueurs qui ont été titularisés vendredi dernier à Monastir et confirmés hier traînaient la patte. A l'image d'un Laâribi éteint, d'un Azouni d'emblée disparu de la circulation, d'un Sliti aux semelles de plomb et qui tente malgré tout de secouer le cocotier, ou encore d'un Mbarki maladroit et absolument transparent côté apport offensif. Les nouveaux arrivés, eux, ne furent pas mieux. Le couloir de Haddadi voyait pleuvoir les centres les plus dangereux. A la pointe de l'attaque, Hamza Younès ne faisait pas mieux que ses premières capes il y a quelques années, c'est-à-dire inconsistant et donnant l'impression d'un corps étranger. Comble de malchance pour l'avant-centre du club grec de Skoda Xanthi, il reprit dans les filets de Ben Mustapha le centre côté gauche adressé sur coup franc par Fayçal Fejr, le milieu du Deportivo la Corogne (14'). Que de ballons perdus, que de maladresses du côté des partenaires de Syam Ben Youssef, capitaine d'un soir en l'absence du keeper Aymen Mathlouthi. Les duels étaient marocains, l'envie aussi. C'était peut-être le match de trop pour les hommes de Henry Kasperczak qui ne prenaient visiblement aucun plaisir, et n'en donnaient aucun non plus. D'ailleurs, la note aurait pu être plus lourde tant les occasions ne manquèrent pas en faveur des hommes de Hervé Renard. 7': servi par Dirar, Youssef Naciri écrase son tir.16': Dirar adresse un centre précis à Naciri, seul face à Ben Mustapha. Superbe réflexe du gardien clubiste pour renvoyer la tête de l'attaquant chérifien. 24: Dirar perd son duel face au gardien tunisien. 38': superbe action de Fajr qui dévie vers Hafidhi, lequel décoche une frappe détournée par le keeper tunisien, décidément très sollicité et qui aura évité aux Aigles de Carthage une correction. 45+1': Ben Mustapha bien placé pour capter la frappe lointaine de Nahiri. Côté tunisien, on n'eut à se mettre sous la dent qu'un heading de Hamza Younès dans les mains de Yassine Bounou (13'), et un coup franc adressé dans le petit filet par Hamza Lahmar (45+2'). Ben Mustapha sauve les meubles On attendait le réveil des nôtres en seconde période. Mais ce fut le contraire qui se produisit. Le Maroc était tout près de creuser l'écart à la 58e lorsque Ben Mustapha a fauché Naciri à la limite de la surface, se faisant avertir au passage (un carton rouge n'aurait pas été immérité). Ben Mustapha, encore lui, sauve sur Fajr (69'). Dans la minute qui suit, une totale confusion dans l'arrière-garde tunisienne dont ne profite pas Dirar. Hafidhi frappe à bout portant, mais trouve sur sa trajectoire le keeper tunisien (80'). La rentrée de trois joueurs à l'heure de jeu (Fakhreddine Ben Youssef, Mhirsi et Akaichi) n'améliore pas les choses. Il faudra attendre la 75e pour voir F. Ben Youssef percuter côté droit et servir Akaichi dont la frappe n'était pas suffisamment appuyée. Dans les arrêts de jeu, un coup franc de Mhirsi est dévié par le mur, puis repris dans les nuages par Ben Youssef. Débordés de toutes parts, les nôtres abusent de jeu dur, ce qui leur vaut une série d'avertissements et les huées du public marrakchi. Un match à oublier au plus vite. Car, de ce pas-là, ce sont de grosses désillusions qui attendent les Aigles aussi bien sur le front de la CAN que du Mondial. On veut bien croire qu'il ne s'agit finalement que de simples matches de préparation. Mais il y a tellement de choses à revoir que ce team-là donne l'impression de sombrer dans la médiocrité. De vivre son crépuscule. Irrémédiablement ?