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« Positionner la Tunisie comme un partenaire sécuritaire fiable »
Trois questions à: Mohamed Ali Malouche, fondateur de Tunisian American Young Professionals
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 07 - 2017

Sur le court terme, un des objectifs est de convaincre les sénateurs et congressmen de la nécessité de revoir à la hausse les budgets de 2018 (en particulier militaire- et de le faire passer de crédits en dons) et d'intégrer la Tunisie dans les plans d'investissement régionaux en cours d'élaboration par l'administration
Quelle lecture faites-vous des relations tuniso-américaines ?
L'évolution démocratique dans notre pays a permis aux relations tuniso-américaines de se développer pour atteindre un niveau qui n'a probablement jamais été atteint depuis les années 60. La Tunisie a réussi, de par le travail de sa diplomatie, de son secteur privé et de sa société civile, à construire une relation privilégiée avec la précédente administration et à acquérir un statut d'allié majeur. Le challenge sous Obama était de traduire le fort soutien politique en un soutien économique à même de catalyser l'engagement de la Tunisie envers la démocratie. La Tunisie a bénéficié d'un support économique et militaire relativement important (à hauteur de $177M en 2017), de 3 garanties de prêt de $500M et du lancement de programmes majeurs dans l'investissement (Tunisian American Enterprise Fund) et dans l'infrastructure (Millenium Challenge Corporation).
Avec l'avènement de l'administration Trump, la donne a changé parce que les priorités ont changé mais également parce que la transition démocratique tunisienne semble devenir un peu « monotone » et suscite moins d'intérêt de la part de l'administration, des centres de réflexion (think tanks) et des médias aux Etats-Unis.
Certes les Etats-Unis continuent à soutenir la démocratie mais les objectifs clairement affichés sont ceux de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme et d'une politique relativement isolationniste (America First).
La conséquence palpable de ce changement se fait sentir dans le budget proposé par l'administration au Congrès pour 2018, et qui propose une diminution du support destiné à la Tunisie de 67%. Ceci est bien entendu la proposition de l'administration et elle est encore sujette à l'approbation du Congrès qui, à travers les déclarations de quelques-uns de ses membres, en particulier la congresswoman républicaine Ileana Ros-Lehtinen qui préside le comité MENA de la commission des affaires étrangères ou le sénateur démocrate Chris Murphy, ont laissé entendre que ce budget allait être revu à la hausse
Il est intéressant de noter que ce même budget ne réduit pas l'aide militaire américaine à l'Egypte ou à la Jordanie, et qu'il augmente même l'aide économique destinée à des pays comme l'Irak ou la Libye.
Il faut dire côté américain que c'est un phénomène général de réduction des budgets vers l'extérieur (bien que des exceptions existent comme celles mentionnées ci-dessus), que cette administration est transactionnelle, fonctionne en termes de « deals », mais que la Tunisie, de son côté, a aussi du mal à faire passer un message qui réponde aux nouvelles priorités de l'administration américaine.
Justement, l'exercice de Youssef Chahed à Washington va être compliqué: plaider la cause de la Tunisie auprès d'une administration qui a pour slogan «America First» ne va pas être simple. Quel argumentaire développer, surtout que l'administration américaine prévoit une réduction drastique de son aide militaire ?
D'abord, comme principe général, je suis convaincu que la Tunisie se doit de compter sur elle-même. Mais, dans la mesure où la Tunisie a besoin de partenaires étrangers dans les domaines sécuritaire et économique et parce que nous sommes traditionnellement un pays ouvert aux alliances et aux partenariats, nous pouvons dire qu'une importante opportunité se présente à Youssef Chahed de positionner la Tunisie comme partenaire clé des Etats-Unis.
L'argumentaire doit être simple : pour les Etats-Unis et ses alliés, la Tunisie peut être un partenaire stratégique et fiable dans une région difficile, un partenaire important pour la sécurité nationale des Etats-Unis. En outre, la Tunisie peut devenir un exemple positif pour la région.
De ce fait, la coopération militaire doit s'accentuer mais également pallier les causes profondes de l'extrémisme, comme le chômage et le manque d'opportunités. En aidant la Tunisie dans les domaines économique et sécuritaire, elle peut être un partenaire clé pour la résolution de conflits et la lutte contre le terrorisme dans la région.
Susciter l'intérêt de nos partenaires américains dépendra de notre capacité à nous positionner comme un atout pour l'Amérique avec une administration transactionnelle. Il faut donc recalibrer notre proposition de valeur pour coller plus aux priorités du moment—en particulier, positionner la Tunisie moins comme une démocratie émergente, mais plus comme un partenaire sécuritaire fiable qui apporte une valeur ajoutée dans la lutte contre le terrorisme, dans la résolution des conflits régionaux (Libye, Golfe...). La Tunisie a obtenu un prix Nobel de la paix. Positionnons-nous comme ce partenaire sage, ce laboratoire de résolution des conflits de la région, un vis-à-vis incontournable car ayant la légitimité d'une vraie transition démocratique.
Selon vous, quelles devraient être, sur le court terme, les lignes d'action ?
La tâche de Youssef Chahed durant cette visite sera de replacer la Tunisie dans l'échiquier américain et mondial. Sur le court terme, un des objectifs est de convaincre les sénateurs et congressmen de la nécessité de revoir à la hausse les budgets de 2018 (en particulier militaire- et de le faire passer de crédits en dons) et d'intégrer la Tunisie dans les plans d'investissement régionaux en cours d'élaboration par l'administration, en particulier dans le secteur des énergies renouvelables, de la levée de certaines barrières commerciales pour les secteurs à forte création d'emplois comme le textile en particulier.
A titre d'exemple, la Tunisie, qui n'a pas d'accord de libre-échange avec les USA, bénéficierait immensément d'une « concession commerciale exceptionnelle pour la sécurité » qui consisterait à supprimer le droit de douane de 17% sur les exportations de vêtements fabriqués en Tunisie vers les Etats-Unis. Dans ce cas-là, un consortium tunisien de cinq grandes entreprises de textile a estimé que 30.000 emplois pourraient être créés dans les deux années à venir dans les régions intérieures du pays. S'attaquer aux causes profondes de l'extrémisme, comme le chômage et le manque d'opportunités en Tunisie, est le meilleur moyen de vaincre Daech.
Sur le moyen terme, l'objectif est de faire évoluer la relation économique de l'assistance vers le partenariat et enclencher l'investissement et l'innovation comme véhicules-clés de la relation, en particulier à travers un accord de libre-échange entre les deux pays, qui serait important pour attirer l'investissement vers notre pays
Il est également très important de faire passer ces messages par les voies officielles et non officielles, à travers la création d'un réseau influent d'amis de la Tunisie aux Etats-Unis dans les milieux universitaires, de la politique et des affaires qui relayeront le message auprès de l'administration, du Congrès, des groupes de réflexion et des médias.


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