Il suffit d'ailleurs de rappeler que la création, voilà plus de 12 ans, du Conseil supérieur de l'exportation et de l'investissement, donne sa juste valeur à cet enjeu économique. Il convient de souligner que d'une année à l'autre, l'Etat n'a cessé de multiplier les mesures et d'entreprendre les dispositions nécessaires pour assurer une réelle dynamique à l'export. Mais ce qui est important à relever, c'est que toutes les dispositions retenues n'ont pas cherché à promouvoir seulement les exportations mais aussi et surtout à les entourer d'une large capacité de résistance et de relance, notamment en période de crise. L'année 2009 est venue, encore une fois, affirmer la bonne capacité de résistance de nos exportations. En effet, malgré une conjoncture internationale hostile, marquée essentiellement par le fléchissement de la demande sur le marché international, les exportations tunisiennes ont réussi tout de même la prouesse de s'inscrire à la hausse depuis le second semestre de l'année. Le mérite de ce comportement revient certainement à une vision prospective qui a permis d'anticiper à temps les nouvelles tendances, de réagir vite et de prendre les mesures nécessaires. Ce mérite revient également à une politique de soutien permanent au profit des entreprises exportatrices et, notamment, dans les situations difficiles. On se rappelle à ce propos les multiples et importantes mesures décidées par le Chef de l'Etat, le 30 janvier 2009, lors d'un Conseil ministériel, pour venir en aide aux entreprises et préserver ainsi le dynamisme de nos exportations. Il s'agit surtout de l'élaboration d'un troisième programme de développement des exportations (2010-2014) qui renforce les réalisations du programme actuel et s'appuie sur les programmes sectoriels y afférents. Pour bien conduire ce programme, le Chef de l'Etat a recommandé d'engager une troisième tranche du Fonds d'accès aux marchés extérieurs (Famex III) pour venir en aide à 1.000 entreprises et 80 structures professionnelles afin d'adapter leurs produits aux exigences des marchés extérieurs et diversifier leurs marchés (en plus de l'aide à apporter à 100 entreprises pour réaliser leur externalisation), de consolider la Caisse de garantie et renforcer ses interventions pour appuyer les exportations des services, à travers l'augmentation du plafond des prêts garantis de 500.000 dinars à 750.000 dinars pour les biens et de 100.000 à 200.000 dinars pour les services et l'augmentation des crédits du Fonds de 5 millions de dinars. Soutien permanent Par ailleurs, pour dynamiser encore plus le système d'appui et activer davantage la politique promotionnelle, les mesures présidentielles ont porté sur la nécessité d'instaurer une stratégie globale qui permettrait de favoriser la complémentarité et l'efficacité des interventions des structures concernées par la promotion commerciale à l'extérieur. En parallèle, elles ont porté sur la garantie, par le Centre de promotion des exportations, d'un encadrement personnalisé des entreprises et de mieux connecter les chambres de commerce et d'industrie au réseau Tasdir Net et aux banques de données internationales sur les marchés et de soutenir encore plus les exportations des services. Sans parler de la révision de la loi relative au commerce extérieur, en limitant les cas des licences d'importation ou d'exportation, en renforçant le suivi de l'évolution des importations et en dynamisant les mécanismes de dumping et les mesures de prévention, en cas de besoin. De même, pour inciter davantage à l 'export, le Chef de l'Etat a décidé de porter le plafond annuel de la prime de voyage d'affaires des exportateurs de 300.000 dinars à 500.000 dinars et les plafonds annuels des transferts autorisés pour les entreprises résidentes non exportatrices au titre de l'investissement à l'étranger à 500.000, et de faciliter en même temps le financement sous forme d'escompte sur l'étranger, tout en acceptant l'escompte des effets ne dépassant pas un an, contre 6 mois actuellement. Autant donc de dispositions qui ont permis d'élargir significativement la capacité concurrentielle et compétitive des entreprises nationales exportatrices, de réduire au maximum les impacts de la crise financière internationale et aussi et surtout de préparer rapidement la relance. En plus de toutes ces mesures retenues, on a assisté tout au long de cette année à d'autres décisions, qui ont concerné surtout l'assouplissement des procédures douanières et l'allégement des charges financières des entreprises exportatrices. Sans parler de la consolidation régulière de notre tissu productif pour qu'il soit toujours plus innovant et plus réactif. Mieux encore, la décision du Chef de l'Etat d'instaurer au sein de la Banque centrale de Tunisie une commission nationale chargée du suivi de la conjoncture internationale et de jouer le rôle de veille traduit clairement cette volonté et ce souci d'anticiper à temps les éventuels nouveaux bouleversements sur la scène internationale et de leur apposer les scénarios de résistance et de relance adéquats.