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Beaucoup de chemins mènent à RomePar Eduardo Ferro RODRIGUES*
Tribune
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 02 - 2018


Par Eduardo Ferro RODRIGUES*
Le 25 avril 1974, on entamait au Portugal ce que le politologue Samuel Huntington appellera la «troisième vague démocratique», mouvement initié en Europe et qui s'est étendu en Amérique Latine, en Europe de l'Est et même dans quelques pays de l'Afrique subsaharienne et d'Asie.
L'avènement du «Printemps arabe» en Tunisie a donné de l'espoir à une nouvelle vague démocratique, laquelle pourrait mettre fin à un reflux démocratique qu'on constate dès le tournant du siècle. Et ceci, précisément, dans une région où la démocratie semblait, du point de vue historique, avoir plus de difficultés à s'installer.
Aujourd'hui, nous savons que cette mouvance de changement politique initiée en Tunisie début 2010 n'a pas amené une nouvelle vague démocratique dans la région, comme un tout. Les facteurs qui ont déclenché la révolte — les angoisses de la classe moyenne, les attentes des jeunes gens, le malaise des militaires, quelques processus électoraux — n'ont pas abouti au même résultat partout, mettant en évidence le contraste entre l'espoir tunisien et la tragédie dans laquelle la Libye et la Syrie ont été englouties.
On ne peut jamais considérer les processus de démocratisation en suivant une approche déterministe, comme s'il n'y avait qu'une seule recette qui demande à être mise en œuvre par tous et d'une seule manière.
Je ne crois pas qu'il y ait une sorte de disposition antidémocratique dans les sociétés qui sont majoritairement de religion islamique. D'ailleurs, avant le Printemps arabe, on avait déjà des expériences démocratiques en Albanie, en Turquie, en Malaisie ou en Indonésie.
L'histoire contemporaine abonde de cas de succès ne réunissant pas au départ les conditions nécessaires à la démocratisation. Le contraire est, malheureusement, aussi vrai.
L'histoire contemporaine du Portugal nous révèle qu'il y a «beaucoup de chemins que mènent à Rome». La légitimité révolutionnaire serait-elle compatible avec la légitimité électorale ? Est-ce que l'emprise militaire sur la transition démocratique, de 1974 à 1982, a fonctionné selon les manuels sur la démocratisation ? Le Portugal était-il une vraie démocratie en ce temps-là ? Ce qui importe est que, en dépit des chemins parcourus, plus ou moins difficiles, nous soyons arrivés à bon port.
De ce côté-ci, les démocrates tunisiens peuvent être rassurés. Tous les chemins mènent à Rome, mais il y a de nombreux et différents chemins pour y arriver.
Je sais que les Tunisiens regardent curieux le parcours constitutionnel portugais. De fait, contrairement à la première République, de 1910 à 1926, depuis 1976 la démocratie portugaise a su traduire, dans les faits, les droits sociaux, économiques et culturels consacrés dans notre Constitution.
Je sais aussi que les Portugais, par le biais de quelques-uns de leurs représentants, sont allés au-delà de la curiosité et se sont engagés dans l'assistance technique et politique du processus constitutionnel tunisien.
On ne peut faire défaut au soutien international à la Tunisie, notamment pour ce qui est de l'Union européenne.
Il me semble que la Tunisie a reçu des autorités portugaises plus que des mots d'encouragement et de grands gestes importants dans le cadre des organisations internationales dont nous sommes membres. Ma visite est encore un témoignage de notre objectif national de renforcer les relations bilatérales et d'approfondir les relations économiques et sociales entre le Portugal et la Tunisie.
La Tunisie est un partenaire privilégié de l'Union européenne, grâce à un accord important de coopération financière et technique dans le cadre de la politique européenne de voisinage. D'ailleurs, elle négocie un accord de libre-échange, lequel pourra rapprocher les peuples et faire converger les économies et les opportunités d'investissement.
C'est à la société tunisienne, à ses représentants et à ses institutions d'œuvrer en vue de consolider la démocratie. C'est qu'aucune démocratie ne peut s'exempter de la loyauté institutionnelle et de la concorde entre les acteurs politiques sur les règles du jeu et sur les contrepouvoirs inhérents à la démocratie.
La consolidation de la démocratie en Tunisie est un but partagé par tous : par les Tunisiens, vu les opportunités de participation et de développement qu'elle peut apporter; par les partenaires européens, y compris les Portugais; par la certitude que la démocratie est un facteur de paix, de sécurité et de coopération internationale.
* Président de l'Assemblée de la République du Portugal


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