Lors de ces séances plénières, les élus n'ont pas l'obligation d'être présents. Pour une raison toute simple, c'est qu'il ne s'agit pas d'une séance de «vote» Un hémicycle vide avec seulement un député ou deux face à un membre du gouvernement, la scène est devenue habituelle et a fini par écorner l'image de l'un des piliers de la deuxième République qu'est l'Assemblée des Représentants du Peuple. Mais revenons aux sources et causes de tout cela. La Constitution accorde au parlement deux principales missions :l'une législative, l'autre de contrôle du travail gouvernemental. Les séances du samedi sont justement consacrées à ce second volet. Elles permettent aux élus, conformément au règlement intérieur de l'ARP, d'adresser des questions orales aux membres du gouvernement. «Pour ce faire, le député remet au président de l'Assemblée une notification écrite indiquant le sujet de ses questions et le membre du gouvernement auquel les questions sont adressées. Le gouvernement est informé des sujets des questions et de la date de la séance plénière consacrée aux réponses, à condition qu'elle se tienne dans un délai ne dépassant pas quinze (15) jours», dispose l'article 143 du règlement intérieur. Lors de ces séances plénières, les élus n'ont pas l'obligation d'être présents. Pour une raison toute simple, c'est qu'il ne s'agit pas d'une séance de «vote». Dans ce cas, le quorum (la majorité absolue des membres) n'est donc pas nécessaire. Cependant, cette opération a un coût. D'abord et avant tout, économique certain, qui consiste à faire tourner la machine parlementaire le samedi, pour un maigre bilan politique. Ensuite, il y a un coût politique pour les élus. Pour le grand public, il est en effet inutile de lui expliquer les dispositions du règlement intérieur, cela ne pourrait pas le convaincre. Ce que juge le téléspectateur (électeur) devant Al Wataneya 2 ou sur les réseaux sociaux, ce sont des députés payés par les contribuables pour siéger à l'Assemblée, qui font "l'école buissonnière". Aujourd'hui, des voix s'élèvent pour dire stop à ce qu'elles estiment être «humiliation» à leur encontre. «Nous travaillons beaucoup contrairement aux contre-vérités qui circulent ici et là», note la députée Hager Ben Cheikh Ahmed. Ces députés demandent au bureau de l'Assemblée de reconsidérer la façon dont ces séances de questions orales au gouvernement sont organisées. Le député Riadh Jaidane préconise que ces séances soient jointes aux séances plénières classiques en milieu de semaine. «J'ignore pour quelles raisons le bureau de l'Assemblée s'obstine à maintenir la tenue de ces séances le samedi», se demande le député Karim Helali. Ce dernier souhaite qu'au début des séances plénières, une quinzaine de minutes soit simplement consacrée aux questions aux membres du gouvernement, avant d'entamer l'ordre du jour. Toutefois, le problème de l'absentéisme des députés reste entier. Lorsque Hager Ben Cheikh Ahmed s'indigne de l'image de «fainéants» que l'on colle sur le dos des élus, elle a bien raison, car elle, à titre personnel, comme d'autres élus de différents groupes parlementaires sont assidus. Mais en même temps, il est vrai que certains élus (là aussi des différents groupes parlementaires) reçoivent des salaires tout en étant absent des commissions et des séances plénières. Il existe également une autre catégorie, celle des élus présents, certes, mais qui ne participent ni d'une opinion, ni d'une idée.