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Une société à deux vitesses
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 10 - 2010


Par Hmida Ben Romdhane
Après plus de 62 ans d'existence, Israël est non seulement dépourvu de frontières fixes et reconnues, mais ne s'est toujours pas doté de Constitution. Ces deux incongruités font de lui un pays singulier avec un statut particulier dans le monde, un statut qui ne semble pas déranger outre mesure les citoyens israéliens et qui, de toute évidence, arrange bien les politiciens d'Israël, toutes tendances confondues.
Les frontières, Israël ne les fixera jamais de son propre chef en ayant pour référence la résolution 181 de l'ONU du 29 novembre 1947, dite résolution de partage. Les droites laïque et religieuse, largement majoritaires, défendent toutes deux le concept irrationnel d' «Eretz Israël» selon lequel, en Palestine, il y a bien des territoires occupés, mais ce sont des territoires israéliens occupés par les Arabes. En Palestine, il y a bien une injustice, mais c'est une injustice subie par les Israéliens, empêchés d'hériter la terre de leurs ancêtres dont le titre de propriété est vieux de quelque 4000 ans.
Ce concept d' «Eretz Israël», n'est pas nouveau et n'est pas né avec l'Etat israélien, mais il lui est antérieur. Déjà dans les années 1930-1940, des groupes politiques juifs en Palestine nourrissaient des projets grandioses. Les « Canaanites » souhaitaient établir un « Pays Hébreu » avec pour frontières naturelles la Méditerranée à l'ouest et l'Euphrate à l'Est. D'autres groupes de droite, dirigés par des activistes du genre Ben-Zion Netanyahu, le père de Benyamin, avaient pour objectif d'établir un «Royaume d'Israël» avec des frontières s'étendant du Nil à l'Euphrate
Il est à rappeler ici que Ben-Zion Netanyahu, aujourd'hui âgé de 100 ans est «en pleine possession de ses facultés mentales». Apparemment, il n'est pas très content de son fils à cause des «concessions» que celui-ci ne cesse de faire aux Palestiniens… En 1947, Ben-Zion Netanyahu avait rédigé une pétition, publiée dans le New York Times, dans laquelle il dénonçait, dans les termes les plus virulents, la résolution du partage de la Palestine. Benyamin est bel et bien le fils de son père. Il a enterré les accords d'Oslo, se dresse aujourd'hui comme un barrage contre tout traité de paix qui amènerait Israël à évacuer la Cisjordanie et Jérusalem-Est, et ne rate pas une occasion pour rappeler l' «ingratitude» des Arabes qui, bien qu'Israël ait «renoncé à son droit sur la Jordanie», continuent de réclamer d'autres territoires.
Tout ça pour dire que, sans l'intervention d'une force étrangère contraignante, Israël continuera à refuser tout tracé de frontières qui écarterait de ses considérations le concept irrationnel de la terre promise et les titres de propriété bibliques.
Mais Israël n'a pas de Constitution non plus, ce qui ouvre la voie à toutes sortes d'abus législatifs. N'importe quel parti peut proposer n'importe quoi sous forme de projet de loi, et s'il a le soutien de 61 membres de la Knesset, ce n'importe quoi pourra devenir une loi. C'est le cas du projet de loi adopté par le gouvernement Netanyahu et qui sera discuté bientôt par la Knesset avant d'être soumis au vote. Selon ce projet, toute personne désirant obtenir la nationalité israélienne sera tenue de prêter un serment d'allégeance à «l'Etat d'Israël, l'Etat-nation du peuple juif».
Mais ce projet n'est rien par rapport à ce que prépare Avigdor Lieberman et son parti russe Israël Beitenou. Depuis des mois, ils font campagne pour un projet de loi qui exigerait un serment d'allégeance à l'«Etat-nation du peuple juif» que prêteraient les citoyens israéliens eux-mêmes. Il est bien évident que personne en Israël, y compris Lieberman, le chef d'orchestre de cette campagne, n'osera jamais exiger un tel serment des citoyens juifs, et encore moins des extrémistes religieux qui abhorrent l'Etat laïc israélien, même s'ils bénéficient de ses services, de sa protection et de ses subventions. Il est clair que les vraies cibles de ce projet en gestation sont le million et demi d'Arabes israéliens.
L'absence de Constitution en Israël a d'autres conséquences plus graves encore : elle rend possible l'instauration d'un système administratif et judiciaire à deux vitesses, avantageant les Juifs et désavantageant les autres citoyens de confession musulmane et chrétienne. Ces avantages pour les uns et désavantages pour les autres embrassent tous les secteurs d'activité économique et sociale en Israël et s'étendent aux droits les plus élémentaires tels ceux à l'emploi, à l'éducation, à la propriété et, bien sûr, à l'égalité devant la loi.
Les absurdités juridiques en Israël sont telles aujourd'hui que l'attribution de la nationalité, par exemple, est régie par deux lois différentes : une loi pour les Juifs, dite «la loi du Retour», et une autre pour les non Juifs. «La loi du Retour» donne droit à tout Juif de quelque nationalité et de quelque origine qu'il soit de bénéficier automatiquement et sans restriction aucune de la nationalité israélienne et du droit de s'établir et de travailler en Israël. L'autre loi, déjà très draconienne, s'apprête à s'alourdir de nouvelles difficultés, comme celles qui consistent pour le postulant à prêter serment pour l' «Etat-nation du peuple juif».
Israël n'a pas de Constitution, mais a un document qu'il fête chaque année avec fanfare : la «Déclaration d'indépendance». Dans ce document, on peut lire notamment qu' Israël «veillera au développement du pays au bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix ainsi que cela avait été conçu par les prophètes d'Israël ; il assurera une complète égalité sociale et politique à tous ses citoyens, sans distinction de religion, de race ou de sexe ; il garantira la liberté de culte, de conscience, d'éducation et de culture ; il assurera la protection des Lieux saints de toutes les religions, et respectera les principes de la Charte des Nations unies.» Difficile de trouver une dichotomie aussi absolue entre le texte fondateur d'un Etat et la pratique de ce même Etat.


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