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«Jamais nous n'avons subi un drame maritime de cette ampleur»
Rencontre avec Abderrahmane Hedhili, du Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux
Publié dans La Presse de Tunisie le 10 - 06 - 2018

Abderrahmane Hedhili, activiste des droits de l'Homme, a démissionné en septembre de son poste de président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (Ftdes). Son geste, déclare-t-il, est «un signe de protestation contre la politique de l'indifférence des autorités à l'égard de dossiers sociaux cruciaux comme celui des migrants ». Ce geste lui permet en même temps de militer plus librement, au sein du Forum pour cette cause. Nous l'avons rencontré lors du sit-in organisé jeudi par le Forum en solidarité avec les familles des disparus du dernier naufrage au large des îles Kerkennah, où ont péri le 2 juin plus de 75 personnes dans une embarcation au bord de laquelle s'entassaient près de 200 migrants.
Qu'est-ce qui distingue le dernier drame de Kerkennah des autres naufrages d'émigrés clandestins tunisiens ?
Le volume très élevé de ses victimes. Depuis que l'émigration clandestine a commencé en Tunisie, jamais nous n'avons perdu plus de 40 à 50 jeunes en une seule fois dans de tels accidents maritimes. Jamais nous n'avons subi un drame maritime de cette ampleur. Même l'accident survenu le 8 octobre 2017 au large des îles Kerkennah lorsqu'un chalutier sur le bord duquel se trouvaient 90 migrants tous tunisiens a sombré en haute mer, il n'avait pas fait plus de 60 morts et disparus.
Pourquoi les autorités ne trouvent-elles pas de réponses aux dossiers des disparus en Méditerranée dont les familles n'ont aucune nouvelle depuis des années ?
Tout simplement parce que tous les gouvernements post-14 janvier n'étant adossés sur aucune politique sociale ont ignoré ce problème quand ils n'ont pas jeté à l'adresse des familles des disparus : « Ce n'est quand même pas nous qui leur avons procuré de l'argent pour partir ! ». En plus de cela, la coopération entre notre pays et l'Europe révèle une faiblesse de la Tunisie face à ses partenaires, elle est fondée principalement sur l'arrêt des flux migratoires vers l'Europe contre une quête d'aide au développement de la part de la Tunisie. Solidaires avec les familles des disparus, nous militons au Ftdes pour que le gouvernement réponde à trois revendications : révélation de la vérité sur le sort des victimes de la Méditerranée dans le cadre d'une investigation sérieuse, soutien économique et social à des familles vivant souvent en dessous du seuil de pauvreté et assistance psychologique aux parents, dont beaucoup souffrent de dépression.
Combien s'élève le nombre de disparus en mer ?
503 familles des personnes disparues ont déposé des dossiers. Nous estimons que le chiffre de ces victimes s'élève plutôt au triple, soit environ 1 500 personnes. Or, selon nos informations, beaucoup de familles très pauvres, analphabètes, peu informées et vivant dans des zones isolées, ignorant jusqu'à l'existence d'ONG qui s'intéressent à ce problème, n'ont pas alerté sur la disparition de leurs proches. La majorité des 503 cas répertoriés ont tenté de traverser la Méditerranée en janvier 2011 lorsque l'avènement de la Révolution a donné lieu à un relâchement de la surveillance policière sur les côtes.
Vous appelez au Ftdes à l'abandon de l'approche sécuritaire dans la gestion du dossier de la migration du côté tunisien et européen. Que préconisez-vous en contrepartie ?
Une alternative de développement dans la Tunisie de l'intérieur pour que ces gens trouvent enfin dignité et sécurité chez eux ! Du côté européen, les politiques restrictives et de fermeture ont débouché sur 33 293 morts et disparus en Méditerranée, dont une majorité d'Africains subsahariens. Tant que les raisons du départ existent, à savoir l'exclusion, la précarité, les guerres et les conflits ethniques, les migrations ne s'arrêteront pas, y compris lorsqu'elles sont entourées d'une sévère approche sécuritaire. On ne récoltera que plus de victimes ! Au Forum, nous appelons au respect du principe de libre circulation des individus. Ce principe était activé jusqu'aux années 80, il n'a pas entraîné une augmentation spectaculaire des mouvements de départ. Au contraire, les gens traversaient la mer d'une manière saisonnière puis revenaient chez eux.


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