Tunisie – Les raisons de l'émission du mandat de dépôt à l'encontre de Seifeddine Makhlouf    Tunisie Telecom félicite la position de l'UGTT    Egypte : Décès du maréchal Mohamed Hussein Tantaoui    Infos Bourse – L'ATB se hisse en haut du podium    Tunisie : Lilia Bellil appelle Kaïs Saïed à dévoiler les noms de députés qui percevaient de l'argent contre la ratification de lois    Les leaders d'Attayar, Ettakatol, Al Jomhouri et Afek Tounes en réunion à l'UGTT    Yamina Zoghlami : La présidence doit fournir la liste des élus qui ont monnayé leurs services    Salaheddine Jourchi- Kais Saied a déjà commencé à mettre en exécution son plan [Audio]    Les fabricants d'aliments de bétail appelés à renoncer à leurs marges bénéficiaires    Municipalité de Raoued : Le chef de l'Etat doit prendre ses responsabilités face aux profiteurs qui usurpent la révolution    Le Kram: Le plafond d'une salle de classe s'écroule alors que des élèves sont à l'intérieur [vidéo]    Le photographe tunisien Habib Hmima n'est plus    Salon Web Summit 2021: Les startups tunisiennes appelées à participer    AMI Assurances se donne les moyens de ses ambitions et annonce l'augmentation de son capital social    La Commission européenne veut imposer le chargeur universel pour smartphone d'ici 2024    Une manifestation en soutien à la journaliste Arwa Baraket    Football : Programme TV de ce Mardi 21 Septembre 2021    La Ligue des Etats arabes tient sa réunion consultative à New York    Abdellatif Mekki : Kaïs Saïed a officiellement gelé la Constitution !    Iyadh Elloumi: Kais Saied est un danger pour le pays    Bad Buzz: Un centre commercial offre jusqu'à 80% de remise, pour les Lybiens    Tunisie – Coronavirus: une 3ème dose pour les personnes déjà vaccinées par un vaccin non reconnu dans certains pays    Spectacle "Voyage avec la Lumière" à la Cité des Sciences de Tunis    Change devises en dinar tunisien : Cours du 21 septembre 2021    26 septembre : sixième journée portes ouvertes pour la vaccination    Couacs lors du discours de Sidi Bouzid : La présidence n'avait pas prévenu les équipes de la Télévision nationale    Ligue des champions (2e tour préliminaire) : Le programme    Natation : La FTN retire sa plainte contre Oussama Mallouli    Abu al-Bara al-Tounsi tué dans un raid à Idleb    Le Club Africain annonce une liste de 11 joueurs prêtés pour la nouvelle saison    Bientôt un gouvernement et des dispositions transitoires, promet Saïed depuis Sidi Bouzid    Le ministre des Affaires culturelles reçoit Noureddine et Nejia Ouerghi    Crise des sous-marins: Quelques leçons pour les Arabes    Match FC Barcelona vs Grenade : chaines qui diffusent le match du 20 septembre de la Liga    JCC 2021 : Liste des films tunisiens sélectionnés pour les compétitions officielles    Le point sur l'épidémie du coronavirus dans les pays arabes : Mise à jour du 20 Septembre 2021 à 11H00    "Streams" de Mehdi Hmili en compétition officielle du FIFF de Namur et de La Mostra de Valencia en Espagne    UE Med : Il est nécessaire de préserver la démocratie et l'Etat de droit en Tunisie    Ons Jabeur 17ème mondiale    30 auteurs au Congrès des écrivains de langue française à Tunis    25 ème anniversaire des Prix Littéraires COMAR D'OR : Les romans primés en langue française    Arrestation des deux derniers prisonniers palestiniens évadés récemment    Tunisie – Une vague sans précédant de migration qui ne manque pas de rappeler les « menaces » de Ghannouchi    Evasions Sonores: Performances artistiques live par Oussama Menchaoui et Dawan    Appel à films pour présenter la candidature de la Tunisie à l'"Oscar du meilleur film international"    Pêcheurs tunisiens interpellés par les garde-côtes libyens : Le ministère de la Défense rappelle la réglementation    Comment comprendre les prochaines élections en Allemagne et quel impact sur la Tunisie du départ d'Angela Merkel    Cinq enseignements à tirer de l'abominable gestion américaine de la tragédie afghane    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Constat alarmant
Médias en Tunisie, sept ans après !
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 06 - 2018

L'Unesco vient de présenter son troisième rapport sur « Les tendances mondiales en matière de liberté d'expression et de développement des médias », lequel est doublement soutenu et par la Suède — bailleur de fonds — et par la Norvège qui a financé sa traduction dans sa version arabe. Edité en 200 pages, il couvre une bonne période allant de 2012 à 2017. Liberté, pluralisme, indépendance et sécurité des journalistes en sont les quatre dimensions clés. D'après la directrice générale de l'Unesco, Mme Audrey Azoulay, le bilan n'est pas assez bon, il est mi-figue mi-raisin.
L'Unesco vient de présenter son troisième rapport sur « les tendances mondiales en matière de liberté d'expression et de développement des médias », lequel est doublement soutenu et par la Suède- bailleur de fonds- et par la Norvège qui a financé sa traduction dans sa version arabe. Edité en 200 pages, il couvre une bonne période allant de 2012 à 2017, soit le quinquennat de tous les changements qu'avait connu le secteur de la presse aussi bien dans le monde que sous nos cieux. Liberté, pluralisme, indépendance et sécurité des journalistes en sont les quatre dimensions clés pour faire le point de la situation. D'après la directrice générale de l'Unesco, Mme Audrey Azoulay, le bilan n'est pas assez bon, il est mi-figue mi-raisin. D'autant plus que l'état des lieux laisse encore à désirer : «Harcèlement cybernétique, discours haineux, fausses nouvelles non vérifiées, ainsi que menaces pesantes sur la sécurité physique et numérique des journalistes ».
Ce constat est alarmant et ne laisse personne indifférent. De même, la conférence-débat, organisée suite à la publication, en Tunisie, de ce rapport avait déjà donné du grain à moudre. Ses résultats et les défis qu'il a posés ont interpellé professionnels, hommes des médias, universitaires et société civile. Pour eux, il peut servir de « guide précieux pour avancer dans cette voie». Chacun des intervenants a, d'ailleurs, livré ses pensées à ce sujet. Le président de la Haica, M. Nouri Lajmi croit avoir besoin de ce rapport pour décrire cette situation si complexe et qui prête à des pistes de réflexion. L'Unesco, dit-il, n'a cessé, depuis 1991, d'accorder son soutien pour l'indépendance et la liberté d'expression. « Ce rapport est le résultat d'un travail qui demande énormément de temps, d'énergie et d'argent», déclare-t-il en conclusion. Mme Hamida El Bour, directrice de l'Ipsi, l'a qualifié d'intéressant, il se base sur une approche académique méthodique. Elle a proposé l'introduction de « la sécurité des journalistes » comme filière d'enseignement, du fait que les cas d'atteinte et d'agression à leur encontre ne sont plus à démontrer. «Ce rapport servira de document de référence en la matière», juge-t-elle. Mais, celui-ci suffira-t-il à faire bouger les lignes?
Indépendance, dites-vous !
Sur le plan pratique, ce rapport, de l'avis de M. Néji Bghouri, président du Snjt, n'a pas approfondi les investigations. Où en est l'indépendance des médias ?, s'interroge-t-il. Et la sécurité des journalistes pose aussi problème. «En Egypte comme en Turquie, la séquestration des journalistes demeure, hélas, une monnaie courante», déplore-t-il. Pour le député nahdhaoui, M. Naoufel Jammeli, qui se charge de la Commission droits et libertés à l'ARP, l'indépendance des médias n'est qu'une chimère. «Je ne pense pas que le vrai débat soit d'aller chercher cette indépendance. L'essentiel consiste, plutôt, à y mettre des garde-fous». En première lecture, le rapport de l'Unesco se veut, alors, une radioscopie d'une profession journalistique mal en point. Au second degré, le but étant de s'en inspirer à bon escient, à même de s'approprier ses résultats et recommandations pour renforcer des cadres nationaux propices à la liberté d'expression, d'information et à l'indépendance des médias. Que pense-t-on du contexte local et comment l'améliorer ? Bochra Belhaj Hmida, députée et modératrice du 2ème panel, a tenté d'écouter tous les sons de cloche sur ce que devient la presse en Tunisie post-révolution.
Qu'en est-il du cas tunisien ? Grande confusion et opacité dans l'application de la loi, ainsi réplique le professeur universitaire à l'Ipsi, M. Arbi Chouikha, auteur de l'ouvrage «La difficile transformation des médias». L'homme a brossé un portrait d'un secteur tristement en panne de réformes et de stratégie. Cela est dû, selon lui, à l'absence de toute autorité. Autre question lancinante qu'il a tenu à se poser : Sept ans après la révolution, les lois et tous les dispositifs juridiques mis en place ont-ils provoqué la réforme médiatique nécessaire? Et d'ajouter que l'émergence d'une nouvelle politique sectorielle a fait défaut. Soit, des entreprises de presse, des radios et des chaînes Tv dont les sources de financement ne sont plus transparentes. De même, les ex- médias du gouvernement ne se voient pas sortir du giron du pouvoir. Paradoxalement, l'orateur semble avoir oublié « l'interventionnisme » de l'Etat qui pesait sur l'évolution du secteur. «Son rôle régulateur a été, quelque part, étouffé », regrette-t-il. Et de conclure que la volonté de réforme ne peut émaner que de l'Etat. Ce qui, à ses dires, pourrait reconquérir la confiance. Mme Belhaj Hmida ne l'entend pas de cette oreille. Elle s'est focalisée plutôt sur la force de la société civile et son militantisme pour désamorcer la crise des médias.
Médias et politiques, une liaison dangereuse ?
M. Nouri est revenu sur la philosophie de l'instance de régulation de l'audiovisuel qu'est la Haica, laquelle doit garantir l'accès aux médias. Elle doit également être mise à l'abri des influences. Aussi faut-il accorder nos violons ? Il faut, préconise-t-il, que les députés se libèrent du diktat des partis. Bghouri l'a bien dit, clairement : «On ne peut guère isoler les médias du contexte politique où ils évoluent». Autant dire, politiques et médias entretiennent encore des liaisons dangereuses, sur fond d'abus et de corruption. Il a cité, en filigrane, «Nessma tv» et «Al Hiwar Ettounsi», deux chaînes accusées d'avoir manipulé l'opinion publique. Même s'il y a eu des tentatives de réforme, elles ne sont jamais allées au fond des choses. C'est pourquoi, argue-t-il, nos médias ne disposent vraiment pas d'une charte éthique ni professionnelle. On dénonce, de surcroît, une certaine défaillance juridique: difficulté d'accès à l'information, alors qu'on se réjouit déjà d'un droit là-dessus. A ce titre, les «barons» du secteur ne font toujours pas la loi. La journaliste à la TAP, Mouna Mtibaâ, a évoqué cette inversion des tendances qui caractérise les médias d'aujourd'hui, ni libres ni indépendants. Quant à la protection des journalistes, elle demeure un slogan creux.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.