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Les mentalités ne suivent pas
Lutte contre toutes les formes de violence à l'encontre de la femme
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 03 - 2019

C'est hier que la Maison de l'Avocat a accueilli la Journée d'étude sur le rôle de l'avocat dans la mise en œuvre de la loi 58 de l'année 2017 relative à la lutte contre toutes les formes de violence à l'encontre de la femme. Organisée par la Ligue des électrices tunisiennes (LET) en partenariat avec le Centre danois de la recherche et de l'information sur le genre (KVINFO) et l'Association des jeunes avocats, la journée a clairement montré une disparité entre le texte et les mentalités.
«Outre la violences au sein des foyers familiaux, il existe des violences économiques à l'encontre des femmes et c'est là qu'intervient le rôle des avocats. Ceux qui, parmi eux, se trouvent au sein de l'ARP ont milité pour faire véhiculer cette loi», a affirmé l'experte Anouâr Mnasri, juge administrative et membre-fondateur de la Ligue les électrices tunisiennes (LET), lors de la journée d'études sur le rôle de l'avocat dans la mise en œuvre de la loi 58-2017 relative à la lutte contre toutes les formes de violence à l'encontre de la femme.
C'est une reconnaissance du rôle capital de l'avocat dans la lutte contre les violences faites aux femmes que nous saisissons tout de suite sur la base des contributions de toutes les personnes qui ont pris la parole au cours de cette journée dédiée à la loi 58-2017. Car la réalité n'est pas aussi rose que semble le murmurer la réussite de la société civile à pousser les législateurs à accorder leur sceau à la loi.
«Pourtant, nous sommes en droit de nous interroger si cette loi a été franchement appliquée, même si l'approche tunisienne n'a pas seulement abordé les aspects incriminatoires mais aussi le rôle de l'Etat dans la rupture avec les mentalités acceptant les violences contre les femmes alors que 78% des femmes en sont victimes», ajoute Mnasri.
Les violences politiques incriminées
Dans le domaine politique, il se peut qu'il y ait des échanges très vifs entre députés et il s'agit là de violences qui sont incriminées par la législation générale. Mais aussitôt que l'échange devient basé sur la discrimination entre les deux sexes, c'est la nouvelle loi 58-2017 qui devient la référence. C'est sur cette question de genre que notre interlocutrice s'insurge : «Les femmes voilées ou non ont subi des violences de la part de toutes les franges politiques pour la seule raison qu'elles sont des femmes. Le procureur général, qui est le protecteur de l'intérêt général, peut intervenir pour protéger les femmes contre les violences et c'est là que les avocats peuvent être des leviers alors que l'un des points capitaux est que cette loi ne doit pas être abordée en aparté mais en symbiose avec les autres législations du droit commun».
Selon elle, la médiocrité ne s'arrête pas là. Il existe uniquement six centres d'accueil pour les femmes sujettes à violence alors que les communautés locales se sont engagées à créer d'autres centres d'accueil. «La responsabilité de l'Etat est de transformer les mentalités en commençant par modifier l'image de la femme et de l'homme dans les programmes éducationnels, du genre "ma mère est dans la cuisine, mon père est au café". Il faut agir sur ces stéréotypes archaïques», conclut Anouâr Mnasri.
En prévision des prochaines élections…
Turkia Ben Khedher, vice-présidente LET, aborde la question sur une autre dimension qui justifie l'impression générale, lors de cette journée, que la loi part en porte-à-faux par rapport aux pratique : «Les mentalités n'ont pas encore suivi les lois, à commencer par le gouvernement qui n'use pas de la parité dans la constitution de ses différentes sphères. Mais il y a une autre dimension à cette réalité : lors des élections municipales, sur 350 sièges de tête de liste, 67 seulement (20%) ont été dévolus aux femmes !».
«C'est pour cela que nous avons voulu lancer le débat sur le respect de la loi dans le traitement de la femme. Nous avons participé à la rédaction de la loi 58 avec un consortium d'associations et nous avons rencontré les avocats pour faire connaître cette loi qui cite la violence politique pour la première fois en Afrique et dans le monde arabe. Quant au choix du timing, on voulait impliquer les avocats sur la manière à aborder avec la violence politique en prévision des prochaines élections», commente-t-elle.
Hassina Darragi, avocate spécialisée dans la violence genre, a repris le même argumentaire mais en allant plus en profondeur dans le détail de ce que subissent les femmes : «Toute violence contre les femmes se base sur la violence sexuelle et s'étend à des attaques de toutes sortes qui peuvent venir des membres de la famille, des collègues de travail et même de l'Etat. Tout commence par le viol conjugal, les crimes d'honneur, la violence domestique… La violence contre les femmes se base sur la discrimination du genre mais ce sont les conditions sociales et les mentalités qui contribuent à la pérennité de cette situation».
En Tunisie, 53,5% des femmes subissent des violences de toutes sortes qui ont été enregistrées selon les parties officielles et la société civile. C'est pour cela que la société civile n'a pas cessé de faire des pressions sur l'ARP pour que cette loi 58 voie enfin le jour.


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