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« La Tunisie a besoin d'un leader rassembleur qui ait l'étoffe d'un chef »
Interview avec l'avocat-journaliste tuniso-algérien et ancien diplomate au service d'Alger, Maître Ali Salah Ben Hadid
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 02 - 2011

Ils se comptent par dizaines de milliers les esprits libres que l'ancien régime de Ben Ali a mis au ban. C'est le cas du militant maghrébin, le Tuniso-Algérien, Me Ali Salah Ben Hadid, un intellectuel aux multiples casquettes : ancien diplomate auprès du pays de l'Emir Abdelkader, journaliste tunisien ayant fréquemment séjourné au royaume chérifien, avocat d'affaires à Genève et fondateur du FEM (Forum économique maghrébin). La Presse vous propose un entretien avec Me Ben Hadid où ce dernier donne son avis sur la Tunisie post-révolution et l'avenir du Maghreb ainsi que de son intention de déposer une plainte contre le président déchu au motif de crimes contre l'humanité, par l'application de l'article 7 du Statut de Rome, et ce, devant un Tribunal pénal internationale (TPI). Entretien.
Tout d'abord, quelles sont vos appréciations concernant la révolution tunisienne et comment voyez-vous son impact sur le Maghreb ?
C'est une révolution qui sera un cas de leçon et qui pourrait déboucher à moyen terme sur l'insolite tant sur le plan économique et politique que sur le plan culturel et social. En revanche, je pense que la Tunisie a besoin d'un leader rassembleur qui ait l'étoffe d'un chef. Je voudrais cependant préciser que les investisseurs étrangers ne pourront s'impliquer sans qu'il y ait un climat d'affaires où prévalent sécurité et stabilité. C'est pourquoi, j'en appelle à la patience des jeunes sans leur dénier le droit de s'exprimer. En effet, il est très tôt, vu l'incertitude qui règne en ce moment dans la région de s'aventurer à exprimer ou à lancer des prophéties. Il est souhaitable que le gouvernement provisoire arrête des échéances et un programme pour mieux éclairer et tranquilliser les Tunisiens. Néanmoins, je peux affirmer avec certitude que rien ne sera plus comme avant tant en Tunisie que dans la région tout entière. D'autre part, la population maghrébine est constituée d'une proportion de l'ordre de 70% ayant la trentaine, ce qui signifie que la jeunesse dans le Grand Maghreb aura un poids considérable tant par ses orientations que par la solidarité intermaghrébine. Revenons à la Tunisie, je crois qu'il n' y aurait pas démocratie digne de ce nom sans l'indépendance et la liberté de la justice et celle de la presse en veillant sur l'éthique et la déontologie de la profession.
On sait que vous avez toujours défendu le projet du FEM (Forum économique maghrébin). Comment envisagez-vous de le faire booster dans les circonstances actuelles que connaît la région ?
Etant un militant maghrébin convaincu que l'avenir et le bien-être de la région ne peuvent se réaliser que par la garantie de la canalisation des énergies de la jeunesse maghrébine, j'ai œuvré depuis 2005 dans ce cadre à jeter les bases d'un Forum économique maghrébin en visitant en l'espace de 5 ans les trois pays du Maghreb réunis au sommet de Tanger de 1958 (Tunisie, Algérie et Maroc, Ndlr) pour choisir des acteurs économiques et des juristes dans chacun de ces pays. Et nous avons eu notre première réunion constitutive le 8 avril 2008 à Tunis en la présence de M. Abdelwaheb Ben Ayed. Concernant l'avenir du FEM, on est en train de chercher une nouvelle formule impliquant plus les jeunes et certaines forces vives de la région (essentiellement les acteurs économiques).
Quelle est votre propre perception de l'avenir de l'UMA dans le nouveau contexte et que faudrait-il faire pour contourner les entraves causées par le blocage politique dans la région?
Justement, en créant des lobbies économico-financiers joints à des chercheurs et des militants maghrébins, nous pouvons d'une part contourner la mauvaise foi des politiques et faire pression si besoin sur les centres de décision pour que le train du Grand Maghreb puisse être mis sur les rails en suivant la bonne voie. Il faut aussi être franc et clair en avouant que ce train est bloqué du point de vue politique par la gangrène de l'affaire du Sahara occidental. Ce problème a seulement coûté très cher aux deux pays concernés (Algérie et Maroc) mais il a aussi affaibli l'UMA. Je pense que dans l'intérêt des pays de la région, tout le monde doit s'activer à trouver une solution. Toutefois et avec ce qui se passe actuellement, je reste très optimiste concernant l'avenir de l'UMA car plusieurs signes nous laissent croire que d'ici 2012 ou 2013, il pourrait y avoir une solution définitive pour le problème du Sahara occidental. Et pour cause, depuis la mondialisation et la fin de la guerre froide, les rapports de forces et d'alliances se sont considérablement modifiés. Pour être plus précis, l'intérêt de l'Occident concernant le Maghreb était de diviser pour mieux unir. Mais ces derniers temps, les grandes puissances et la communauté internationale ont plus intérêt à ce que la région soit stable et poussaient à trouver une solution comme c'était le cas en 2002 dans le dossier de l'îlot Leila qui a failli provoquer une crise maroco-espagnole. D'autre part, il ne faut pas oublier qu'un pays comme l'Algérie, avec le plus grand stock de fer dans le monde du côté de Garj Bilet, les grandes puissances mondiales n'ont pas intérêt à ce que la région ne soit pas stable.
Comment peut-on dynamiser les échanges entre les pays du Maghreb qui sont très faibles ?
C'est une honte lorsqu'on constate que les échanges économiques intermaghrébins sont de l'ordre de 2%, alors que les pays du Maghreb ont des avantages, des opportunités et des réalités pour être les mieux placés pour édifier une intégration économique de grande envergure pour ne pas dire globale. Selon la Banque mondiale, il suffirait d'augmenter ces échanges de plus de 3% pour que tous les problèmes de la région soient résolus. Tout est dit !
Vous affirmez avoir été victime d'une machination pour faire avorter un projet paramédical en Tunisie et pourquoi n'a-t-il pas vu le jour ?
C'était un projet de grande envergure qui consiste en une transfusion saline goutte-à-goutte. Le projet qui visait le marché africain et une partie du marché asiatique était évalué à 123 millions d'euros. Initialement, plusieurs pays se sont portés candidats pour accueillir ce projet tels que le Maroc, l'Egypte, le Sénégal et la Turquie. J'ai dû me battre avec deux autres hommes d'affaires (un financier syro-suisse et un Tuniso-Helvétique) pour que notre pays soit la terre d'accueil de ce projet. Content des résultats de mes efforts, je suis venu en Tunisie en 2004 à la rencontre des décideurs tunisiens. Tous ont par la suite désigné l'ancien président-directeur général de la Banque de l'Habitat, pour constituer le tour de table. Bref, tout laissait croire que le projet était sur la bonne voie et que tout allait bien. Sauf que les choses ont commencé à se compliquer le jour où j'ai chargé un coordinateur pour suivre l'évolution du dossier et la mise du tour de table en mon absence. Ce monsieur, un fonctionnaire de l'API, s'est montré malhonnête. Alors qu'on était à un stade très avancé, et à ma très grande surprise, j'ai appris que celui-ci a essayé de contacter derrière mon dos les Suisses pour détourner mon projet et l'offrir sur un plateau doré au clan des Trabelsi. Et depuis, le projet est en état de mort fœtale. Enfin, j'ai remarqué qu'en Tunisie, après la révolution, on a tendance à accuser tout le clan des Trabelsi et des Ben Ali, mais on oublie leurs complices qui ont profité de cette association au point de devenir aussi riches qu'eux par complicité ou manipulation.
Plusieurs médias étrangers ont souligné votre intention de poursuivre Zine El Abidine Ben Ali devant la Cour pénale internationale. Comment songez-vous y procéder ?
Tout d'abord, il faut noter que j'étais parmi les premiers, au lendemain de la révolution, à appeler pour que le Conseil fédéral helvétique bloque les avoirs des Ben Ali en Suisse et de lancer un mandat d'arrêt international. Certes, ce mandat a comme effet immédiat d'empêcher le dictateur de bénéficier du statut de réfugié politique, mais très symbolique comme procédure tant que ce mandat était truffé d'accusations légères. Il va falloir muscler cette demande et je m'y activerai. Toutefois, on va s'activer pour que les fonds volés par les Ben Ali, Sakhr El Materi et le clan des Trabelsi soient restitués très vite. En ce moment, je travaille dur pour déposer une plainte contre Zine El Abidine Ben Ali au motif de crime contre l'humanité par l'application de l'article 7 du Statut de Rome (adopté le 17 juillet 1998). Pour cela, il faut constituer un dossier solide et former une bonne équipe de juges pénaux et des enquêteurs professionnels afin que la requête soit bien motivée.


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