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1er juin 1959-3 mars 2011
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 03 - 2011


Par Hmida Ben Romdhane
Les quinquagénaires ont aujourd'hui l'âge de la Constitution de 1959, celle-là même qui fut adoptée un peu plus de trois ans après l'indépendance. Quand on pense à ce document fondateur, le sentiment qui domine est celui d'un malaise profond et d'une frustration étouffante.
Le malaise et la frustration se nourrissent de la conscience aiguë des occasions ratées et du temps perdu. Les Tunisiens n'ont pas perdu une année ou deux, ni une décennie ou deux. Ils ont perdu plus d'un demi-siècle pendant lequel ils ont été exclus du processus de décision politique. Si beaucoup d'entre eux n'ont jamais participé aux mascarades électorales des cinq décennies précédentes, beaucoup aussi avaient accepté, consciemment ou inconsciemment, de se laisser instrumentaliser et servir de feuille de vigne à des régimes dictatoriaux.
Le malaise et la frustration se nourrissent des attaques en règle perpétrées par les dictatures contre la Constitution. Celle-ci fut soumise de manière éhontée à toutes sortes de manipulations. L'idée directrice des innombrables révisions subies par le texte constitutionnel de 1959 était de répondre aux désirs des deux chefs de l'exécutif qu'a connus le pays en plus d'un-demi siècle désireux de se maintenir le plus longtemps possible aux commandes et de faire échouer toute tentative de contrôler le développement du pouvoir personnel du président de la République.
Le développement du pouvoir personnel, c'est connu, est le signe le plus évident du sous-développement politique qui a affecté le pays et ses institutions pendant de longues décennies. Certes, le peuple tunisien a construit des institutions administratives et éducatives assez honorables, mais le pouvoir de décision politique est resté rebelle à toute tentative de dépersonnalisation et d'institutionnalisation.
Jusqu'au 14 janvier dernier, nous avons assisté pendant très longtemps, impuissants, à un décalage vertigineux entre le discours et la pratique des représentants de l'exécutif dont l'appropriation privée des mécanismes de décision sonnait comme un démenti permanent des discours creux sur l'Etat de droit, les libertés de toutes sortes que nous garantissait la Constitution, la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice et autres concepts qui, sous nos cieux, n'ont jamais eu une existence réelle.
En d'autres termes, du 1er juin 1959 au 3 mars 2011, plutôt qu'une Constitution, nous avons eu en Tunisie ce que les constitutionnalistes appellent une "pseudo-Constitution" ou une "Constitution-alibi", une sorte d'habillage juridique qui n'a pas résisté à la voracité du pouvoir personnel. Révisée abusivement à maintes reprises, humiliée, méprisée par ceux-là mêmes censés être les garants de sa force et de son intégrité, la Constitution de 1959 a fini par rendre l'âme le 3 mars 2011.
Si personne ne porte aujourd'hui son deuil, c'est parce que la défunte Constitution était entrée dans une mort clinique peu de temps après sa naissance et que toutes les tentatives politiciennes de faire croire en sa vitalité ou sa validité étaient vaines. Certes, la Constitution de 1959 en général et son article 8 en particulier ont été assez souvent évoqués par les victimes de la dictature, mais c'était dans le but de dénoncer les abus du pouvoir personnel plutôt que de s'assurer une protection constitutionnelle que tout le monde savait illusoire.
La soirée du 3 mars 2011 restera dans les mémoires comme étant le moment précis où la page constitutionnelle de la Tunisie indépendante est tournée et les contours d'une nouvelle page se précisent. Le soulagement général manifesté à travers le pays après le discours du président de la République par intérim, annonçant l'élection d'une Assemblée constituante le 24 juillet prochain, a été renforcé par la "performance" de M. Béji Caid Essebsi.
Maintenant que le train politique est remis sur les rails, entamant son périple vers la "Station du 24 juillet", le plus dur reste à faire. Il s'agit en effet de mettre sur les rails le train économique dont le départ est encore perturbé par des actions illégales et extrêmement dommageables pour le pays. La communauté nationale ne peut plus se permettre ce qu'il faut bien appeler l'anarchie économique où des entreprises génératrices de richesses et d'emplois sont empêchées de fonctionner normalement, quand elles ne sont pas soumises à un chantage inacceptable.
Le nouveau Premier ministre a promis le retour de la sécurité et la restauration du prestige et de l'inviolabilité de l'Etat. Prestige et inviolabilité d'autant plus ardemment désirés maintenant que ceux qui sont en charge de la chose publique, loin d'être des dictateurs, sont des hommes intègres qui se sont mis au service de leur peuple pour une courte période, déterminée d'avance, le temps d'amener le pays à bon port. Laissons-les travailler. Aidons- les, aidons-nous nous-mêmes et aidons le pays à se relever en dénonçant avec vigueur les instigateurs de l'anarchie économique.


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