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L'Unesco tire la sonnette d'alarme
Patrimoine culturel en Tunisie, en Egypte et en Libye
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 03 - 2011

A Paris, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a célébré, avec quelques mois de retard, le 40e anniversaire de sa Convention contre le trafic des biens culturels… Force est de constater que l'ambiance n'était pas à la fête. La convention peine à lutter contre un trafic qui s'accentue du fait des révoltes en Egypte, en Tunisie et en Libye notamment. Sur place, les pillages des sites archéologiques et des musées sont alarmants. L'Unesco rappelle plus que jamais l'urgence d'une action et se dit très inquiète de la situation du patrimoine dans le monde arabe.
L'Unesco a lancé ce mercredi 23 mars, un appel à la Libye qui compte cinq sites inscrits au patrimoine mondial dont certains remontent au néolithique. Il est évident qu'en plein conflit, les pillages risquent de se multiplier. On l'a vu en Egypte, la protection du grand musée du Caire n'est plus une priorité. Résultat : de nombreuses pièces ont été volées, même chose sur les sites archéologiques. Ces pièces alimenteront le marché illicite des biens culturels. La situation en Egypte est alarmante, explique Gihan Zaki, adjointe du ministre de la Culture égyptien : «Ce patrimoine n'est pas national, il est international. Il faut le traiter comme tel. Il est nécessaire d'éviter la "Fatwa" des imams des villages à proximité des sites archéologiques, selon laquelle si un paysan trouve un objet dans le cadre de fouilles illicites, c'est son droit de le vendre et de s'enrichir. C'est très dangereux, ce patrimoine n'appartient pas à des individus, mais à la terre entière»
Les limites de la Convention
La Convention de l'Unesco, qui date de 1970, a tout de même permis de poser des garde-fous. Aujourd'hui ratifiée par 120 pays, elle a été la première à prendre des mesures pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites de biens culturels. Cette convention a cependant ses limites, explique Francesco Bandarin, directeur général adjoint de l'Unesco pour la culture : «Ce n'est pas une convention universelle, 73 pays ne l'ont pas signée. Et le trafic ne s'arrête pas aux frontières. D'autre part elle engage uniquement les Etats, donc, elle n'a pas d'influence directe sur le marché illicite. En revanche, la Convention Unidroit sur les biens culturels volés ou illicitement exportés de 1995 a amélioré les choses. La Convention n'a pas de comité, c'est un avion sans pilote et elle ne concerne que les objets inventoriés. Il y a un élément qui manque, le public n'est pas assez informé. Quand vous allez au Kenya par exemple vous avez des posters qui interdisent l'achat d'ivoire ou de tortues, les gens savent que s'ils le font c'est un crime. Pour le commerce des œuvres d'art, les mises en garde visibles n'existent pas. C'est absurde».
Faut-il restituer les œuvres d'art ?
La Convention de l'Unesco a cependant permis de faire évoluer les législations nationales et a influencé les jurisprudences. Elle est désormais prolongée par la convention Unidroit de 1995. Le problème, c'est que seulement 31 pays ont signé la convention Unidroit. Corinne Hershkovitch a écrit, avec Didier Rykner, un ouvrage sur la question de la restitution des œuvres d'art. «De plus en plus d'Etats souhaitent récupérer sur leur sol des objets déplacés au cours des siècles, comme par exemple lors des campagnes de Napoléon ou lors des fouilles du Machu Picchu, effectuées par des scientifiques de la Yale University. Ils avaient rapporté aux USA des pièces pour les étudier et le Pérou a fait une réclamation et a récupéré beaucoup de ces pièces 100 ans après. Et là, la Convention de l'Unesco a une place à tenir. La question étant : est-ce que la meilleure place pour ces objets est leur lieu d'origine ? Dans ce cas il faut restituer massivement. Ou est-ce qu'il faut tenir compte de l'histoire».
Ce débat n'est pas tranché, parce que les pays d'Europe du Nord ou d'Amérique, qui sont de gros consommateurs, n'ont pas les mêmes impératifs quant à la protection des biens culturels que les pays africains ou d'Amérique latine qui sont des pays dans lesquels on est allé se servir. Donc, il faut trouver un dénominateur commun à tous, et c'est là toute la difficulté.


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