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Pire qu'un nettoyage ethnique!
Pillage du Patrimoine
Publié dans Le Temps le 20 - 05 - 2011

Avant-hier, dans un hôtel de la place, des experts en archéologie ont organisé une réunion qui avait pout thème « le vol illicite des biens culturels». Cette rencontre s'impose bien sûr par l'actualité, elle intervient à un moment où le pays recense encore ses dégâts et réalise l'ampleur de ses pertes.
Notre pays a été pillé par les mafieux du régime déchu, aucun domaine ne leur a échappé. Parmi ces richesses spoliées et ravagées, il y a donc le patrimoine archéologique qui a subi un traitement barbare de leur part et fait l'objet d'un pillage et d'une dégradation systématiques. Ce trésor tant estimé a considérablement perdu de sa valeur en tombant entre les mains de cette bande d'ignares qui en garnissaient leurs salons et leurs jardins.
Un trafic « légal »
Le trafic dans le milieu archéologique n'est pas une pratique récente, il remonte loin dans l'histoire, il date des années soixante. A l'époque, dans le trésor culinaire par exemple, une argenterie était vendue aux Américains à raison de 20 à 30 millimes le gramme. Ce trafic était encouragé par l'Etat dans la soi-disant perspective d'encourager le tourisme. Donc, il était organisé au su et au vu des autorités. Les antiquaires participent à cette déprédation du patrimoine national en commercialisant des copies, des imitations, des amphores, des lampes…
A l'époque «novembriste», le pillage a pris une dimension encore plus importante : 7000 pièces volées et un lot de monnaies de 10 000 pièces ont été saisis d'après l'inventaire effectué en 2001. On a également signalé la présence de 25 objets chez Sakhr El Matri : 15 de Ksar Saïd et 10 de Kairouan. En 2004, à Sidi Khlifa, on a découvert le vol de 17 pièces. Au lycée Carthage Présidence, un professeur a signalé la disparition de tableaux vieux de plus d'un siècle offerts par de grands artistes de l'Ecole de Tunis et qu'on a retrouvés dans le centre d'art vivant du Belvédère dans de mauvaises conditions de conservation.
L'absence d'inventaire et la mauvaise conservation
Ce qui a encouragé ce trafic illicite c'est l'absence d'inventaire depuis les années soixante. Les archéologues étaient donc unanimes à considérer que le moyen efficace pour y faire face reste l'inventaire. Ils ont estimé que ce dernier s'est fait sur le tard. Pour remédier à cette défaillance et mettre fin à ces pertes considérables, les experts ont déclenché le processus. L'une des techniques préconisées est l'approche de terrain qui se fait fiche à la main et qui comprend deux volets : un volet stricto sensu et un volet descriptif. On a réalisé jusqu'à maintenant 19 150 fiches et 11000 photos.
Notre pays possède 49 sites qui ne sont pas tous inventoriés, le seul qui l'est est celui de Dougga. Il est question d'établir l'état et d'inventorier non seulement les sites mais aussi les dépôts, c'est-à-dire d'exécuter un inventaire national des pièces archéologiques. Le lancement de ce projet requiert la somme de 500 000 dinars, mais on était rassurant, puisqu'on a affirmé que les crédits existent, donc son démarrage ne pose pas de problème. Par contre, il en existe un, celui des photos diapositives et numériques. Ce problème est aggravé par le comportement des collègues qui ne remettent pas les photos réalisées, ont fait remarquer les archéologues. L'autre difficulté à laquelle sont exposés les sites c'est les fouilles sauvages et les fouilles non autorisées qui sont au nombre de 7. Quant aux dépôts, on y a déploré l'absence de sécurité et le mauvais éclairage. Lors d'une visite effectuée au dépôt de Ksar Saïd, on a constaté l'état de délabrement total des objets non distingués mais en vrac et qui remontent à l'époque romaine, ils sont abandonnés dans un milieu humide entre des murs fissurés.
Pour une meilleure protection
Pour plus d'efficacité, un inventaire multimédia pour le mobilier, l'immobilier et le matériel sera mis en place. Ce projet est commandé par le Ministère de la Culture qui, en collaboration avec l'UNESCO, va en charger un expert canadien. Un raccordement sur Interpole a été suggéré, mais là, on s'est heurté à un problème, celui des critères : il y en a entre 10 à 20 qui doivent être établis au plus vite si on veut vraiment immuniser notre patrimoine. Les experts se sont tous déclarés pour l'application du code pénal contre tous les contrevenants. Une formation en matière archéologique des agents douaniers était très souhaitée pour rendre le contrôle encore plus efficace.
Avant de terminer, ils se sont montrés rassurants quand ils ont déclaré que la réunion de l'UNESCO qui s'est tenue à Beyrouth en 2009 a donné la possibilité aux pays de restituer le patrimoine volé. La recommandation formulée par les experts lors de cette réunion était l'établissement d'une liste rouge des biens culturels en péril qui sont menacés soit de vol, soit de détérioration.


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