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«Cactus», mine de rien
Television
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 04 - 2011

Surpris, et c'est peu dire, par la campagne de réhabilitation qui s'organise autour de «Cactus production».
On croyait l'affaire «réglée», claire aux yeux de tous. On pensait, surtout, que tous ceux qui y avaient été mêlés, de près ou de loin, étaient à court d'arguments.
Eh bien! erreur, stupeur : voilà que tout ce beau monde refait surface. Tenace, loquace, fier «des services rendus», jurant de «son innocence» et de «sa compétence».
Une «Com» tous azimuts, presse écrite, radios privées, et une rencontre avec un gros parterre de journalistes, rediffusée en continu sur «Sawt Touness», le nouveau fleuron de la boîte, où M. Sami El Fehri, désormais seul aux commandes, donne réponse à tout, se défend de tout ce dont on l'accuse, multiplie les professions de foi, promet monts et merveilles au public des télespectateurs.
Et la morale pardi !
Pourquoi les médias étaient-ils si nombreux durant cette rencontre? Cela laisse perplexe. Mais passons.
Non, ce qui étonne, aujourd'hui, c'est que, mine de rien, Sami El Fehri et quelques-uns de ses acteurs et collaborateurs puissent faire entendre leurs voix de la sorte.
Que disent-ils en substance? Que dit Sami El Fehri?
D'abord, que «les comptes de Cactus sont parfaitement en règle» Ensuite, que la maison n'a occasionné aucun préjudice à la télévision publique.
Enfin, que Belhassen Trabelsi ne fut qu'un «gros actionnaire imposé», qui ne décidait «techniquement de rien», ni «n'entretenait de relations avec quiconque». Plus : «Cactus» — précisent les uns et les autres— a offert à l'audiovisuel tunisien les plus beaux produits de son histoire».
Mieux : on invite à réintégrer ces programmes dans le paysage télévisuel.
Le dossier «Cactus» appartient à la justice. Tant que celle-ci ne se sera pas prononcée, pas question d'interdire une parole, encore moins de désigner des coupables avant coup.
Oui, mais que fait-on d'une réalité qui crevait les regards, que fait-on, pardi !, de l'éthique, et de la moralité ? Peut-on les passer sous silence ?
Difficile, sinon impossible.
Comment, en effet, accepter, sans réagir, l'idée que «Cactus» a, de tout temps, fonctionné à la régulière ?
Comment croire qu'elle n'a pas confisqué à son profit la grille, le matériel et l'argent de la télévision publique ? Comment, par dessus tout, se convaincre qu'un personnage aussi corrompu que Belhassen Trabelsi ait pu passer par là, se tenant à l'écart des décideurs et des partenaires ?
Une carte perdue
Adhérer à de telles invraisemblances c'est être ou, irrémédiablement, crédule ou, qu'à Dieu ne plaise, «coopérer»
On a parlé de morale et d'éthique. A vrai dire, cette campagne de réhabilitation n'aurait jamais dû avoir lieu.
Il n'appartenait, certes, ni aux autorités, ni aux médias d'y faire obstacle. On est dans un Etat de droit. Mais Sami El Fehri lui-même aurait pu s'en charger. Il fait partie de la profession, et il connaît parfaitement les valeurs et les principes du métier. Ces principes et ces valeurs, il avait parfaitement conscience de les transgresser, en s'alliant au clan des Trabelsi, donc à la dictature au pouvoir, en disposant, en toute apparence, de tout un secteur, en ayant fort probablement accès aux capitaux et aux crédits, en s'enrichissant, bien que parti de rien, de façon rapide et démesurée. Il avait choisi de jouer une carte, celle de l'opportunisme. Il a perdu. C'eût été à son honneur, au lieu de «convoquer» des médias et défendre l'indéfendable, de reconnaître ses torts et de quitter la scène, sans faire de bruit.
«On en meurt toute la vie»
Pas besoin, d'ailleurs, s'agissant de Sami El Fehri, d'en revenir à «Cactus» et à son parcours trouble. Il y a eu la tristement célèbre émission du 13 janvier. Elle suffisait déjà à tout. Sami El Fehri avoue qu'elle «l'a fait tomber dans l'estime des gens». Il en souffre encore, semble-t-il. Rien que cela? Cette émission, il en a pris l'initiative pour voler au secours d'un dictateur aux abois, et dans l'espoir, «raisonnable», de sauver un régime sans le soutien duquel il aurait tout perdu : position, argent, privilèges, notoriété. Se relève-t-on d'une telle compromission? Et si l'on a l'aplomb de se redresser, peut-on vraiment remonter d'aussi bas?
«On a honte une fois — disait madame de Montespan — et l'on en meurt toute la vie».


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