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Le respect de la différence comme vocation
Livres - Ma religion, c'est la liberté, de Mohamed Talbi
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 05 - 2011

Le texte qui vient d'être publié de Mohamed Talbi, et dont nous devons la nouvelle version grâce à un travail de traduction signé Mohamed Salah Barbouche, arrive à point nommé pour alimenter un besoin exacerbé, chez les Tunisiens, de réflexion et de débat sur le thème du lien entre l'engagement citoyen et la pratique religieuse ou, tout au moins, l'attachement à l'expérience de la foi musulmane.
Mohamed Talbi, ce n'est pas nouveau, développe une critique du passéisme religieux à partir de l'engagement religieux lui-même, et non à partir d'un relativisme ou d'un athéisme, qu'il soit avoué ou inavoué.
Plus que dans d'autres textes, où la polémique entraîne parfois l'auteur sur des chemins qui font que le lecteur se surprend à éprouver des réticences, il s'agit ici de se confronter aux questions de façon directe, dans un esprit didactique. Comment vivre sa foi sans se sentir obligé de s'en retourner vers le passé et de porter sur le présent un regard de défiance ? C'est le défi de ce que l'auteur appelle la «contemporanéité» et dont le thème sert d'ouverture au livre.
Mais le thème de la femme et de son statut occupe une place essentielle dans l'ouvrage. C'est que l'enjeu est lui-même majeur. «Le problème de la femme est plus délicat, écrit l'auteur dans l'avant-propos. C'est contre la femme que s'acharnent particulièrement les lectures intégristes et répressives de la Chariaâ…» Et, poursuit-il : «Le devenir de l'islam dépend grandement, à notre avis, du sort qui sera réservé à la femme en son sein dans les prochaines décennies».
Il est incontestable que, d'une façon générale, l'islam mondial — pour autant du moins qu'il n'est pas dans la fuite en avant du salafisme — se met à l'école de l'Ijtihad. Or, Mohamed Talbi considère qu'on ne saurait s'en contenter : on ne le saurait si l'acception de l'Ijtihad est celle qui nous vient des siècles passés. Sa «lecture dynamique» du texte se veut rupture avec un Ijtihad englué dans son apathie et qui assurément ne permet plus au fidèle musulman d'assumer sa présence agissante dans le monde contemporain. L'auteur, en ce sens, joue le rôle de «mauvaise conscience» du réformisme musulman de notre époque : il est cette sorte d'aiguillon qui ne laisse pas l'intellectuel réformiste tomber dans une attitude inopportunément auto-complaisante ou auto-satisfaite.
On retiendra dans ce texte de 200 pages un chapitre décisif sur le thème de la liberté religieuse, appréhendée sous l'angle des droits de l'homme, mais aussi et surtout sous celui de la «vocation de l'homme». Car fait valoir l'auteur, s'il y a une juste critique de la notion de tolérance — notion qui laisse poindre une condescendance de la part de celui qui tolère et qui pourrait d'ailleurs cesser de le faire selon son bon vouloir — il y en a aussi de celle de respect, laquelle peut prendre la forme d'une indifférence à l'égard de l'autre, d'un renoncement au souci de l'autre, c'est le grand danger d'une approche de la liberté religieuse qui n'a d'autre référence que celle des droits de l'homme : «Le respect peut n'être qu'une forme perfide et subtile d'escamotage de l'autre par la distanciation, l'exclusion et le désintéressement (sic) total de son sort : je l'ignore, il n'existe plus…» D'où la recherche d'un respect positif, ancré dans la conscience d'un dessein de Dieu. Un respect qui se fait «vocation de l'homme».
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Ma religion, c'est la liberté (L'islam et les défis de la contemporanéité), Editions Nirvana, avril 2011, 200 pages, 12,9 dt.


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