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On ne naît pas dictateur, on le devient !
Ici Bas
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 07 - 2011


Par Abdelhamid GMATI
Les dictateurs sont de pauvres gens. Depuis César jusqu'à Ben Ali, en passant par Alexandre, Napoléon, Hitler, Franco, Salazar et Bourguiba, c'était au départ de pauvres types, qui avaient quelques qualités, beaucoup de qualités mais qui étaient très insécures, pas très sûrs d'eux. Généralement, ce sont les événements qui les ont portés au pouvoir. Bourguiba a dit, en retournant à Tunis après des années d'exil : «Jamais je n'aurais pensé vivre la Tunisie indépendante». Ses compagnons de la première heure l'attestent : il était démocrate, discutait avec eux, les écoutait et souvent accédait à leurs conseils et à leurs décisions. Il a suivi Ben Salah et sa politique socialiste qui a donné beaucoup de bonnes choses à la Tunisie mais aussi des mauvaises ; il a accédé à la politique libérale de Hédi Nouira qui a apporté beaucoup de bonnes choses mais aussi des mauvaises. Il disait : «Je vous mets en garde, n'acceptez jamais un pouvoir personnel, car quelles que soient sa légitimité, ses compétences, ce n'est qu'une personne qui peut se tromper; alors ne l'acceptez pas». C'est son entourage, en quête d'un peu de pouvoir qui l'a déifié, qui en a fait le guide suprême après le «combattant suprême» et qui en a fait un être irremplaçable avec culte de la personnalité et présidence à vie, etc. Ben Ali était un pauvre type qui sauvait sa peau le 6 novembre 1987, parce qu'il était prévu que le 7 novembre, Bourguiba allait le démettre et le passer en jugement. Il a fait son coup en ayant peur, n'ayant aucun appui sérieux à part quelques éléments du ministère de l'Intérieur. Les officiers de l'armée ne l'aimaient pas parce que son métier était de les espionner dans leurs vies privées; il n'était pas politique et n'avait que quelques appuis dans la sécurité. Il avait peur du Parti socialiste destourien, mais il a eu recours à tous ceux qui étaient susceptibles de l'appuyer : ceux qui étaient destouriens, ceux de l'opposition, de la Ligue des droits de l'Homme, tous ceux qu'il pouvait séduire au nom de la démocratie et inclure au pouvoir. Pour mieux les corrompre. Certains ont compris et quitté le navire. Et petit à petit tout ce beau monde ayant goûté au pouvoir, et pour préserver ses nouveaux privilèges, s'est mis à l'appuyer et à le déifier. Ignorant, il a su s'entourer de gens compétents mais corrompus et avides qui lui ont balisé le chemin légal pour arriver à ses fins. Et c'est comme cela qu'on crée un dictateur.
Et n'oublions pas le bon peuple, si accueillant, si prompt à se trouver des héros, à l'installer sur un piédestal. Récemment, lors d'une apparition publique, le Premier ministre du gouvernement transitoire a été accueilli par des applaudissements et l'on a entendu quelques «Yahia sil Béji». Avant-hier, c'était des «Yahia Bourguiba», hier des «Yahia Ben Ali» et demain ? Le «Yahia» est là, prêt à servir, reste à trouver le nom. Selon Ibn Khaldoun, il n'y a pas de roi ni de dictateur sans un peuple qui agrée.
Quel est le propre d'un dictateur ? Bien entendu, on les crée; mais ils ont quelques attributs de départ qui seront développés après. Appelons le «dictateur en gestation». Simple : il n'accepte pas l'autre, la contradiction, les avis différents. Il essaie d'être en retrait, joue au timide, parfois même au démocrate. Comment le reconnaître ? Il ne se dévoile pas, ne révèle pas ses idées et passe son temps à dénigrer les autres et toutes les institutions qui ne lui sont pas assujetties. Nous ne voulons pas être traités de tous les noms et donc nous ne nommerons personne. Mais nous attirons le regard sur :
— ces partis qui quittent la Haute Instance etc. dont ils faisaient partie et qui a réalisé ce qu'ils voulaient, comme l'exclusion des Rcdistes mais qui n'acceptent pas qu'on leur demande des comptes sur leur financement;
— ces partis qui ne cessent de dénigrer le gouvernement et tout ce qu'il entreprend sans jamais proposer quelque chose de positif;
— ces partis qui ne représentent rien et qui veulent absolument un gouvernement «national» dans lequel ils seraient représentés parcequ'ils savent qu'ils n'ont aucune chance d'accéder au pouvoir par les voies légales;
— ces magistrats intégristes qui libèrent des personnes ayant commis des violences, sans dire au nom de quelle loi;
— ces avocats, désœuvrés, et en quête de notoriété et de clients qui se mettent à monter des procès contre la liberté d'expression alors qu'on a pensé avoir acquis la liberté d'expression;
— ces mouvements, plus ou moins connus qui sabotent et empêchent des partis légalement acceptés de tenir leurs réunions normales parce qu'ils prônent des idées différentes…
Arrêtons l'énumération. Mais tous ces candidats à la dictature doivent se rendre compte d'une réalité : la dictature se crée, certes, mais quand on ne s'y attend pas. Là, nous savons qui est qui et ça risque de faire mal. Alors, aux apprentis dictateurs, disons : «dégage».


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