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La fête de la démocratie
Publié dans La Presse de Tunisie le 24 - 10 - 2011

• Dans la matinée, le rythme de vote était estimé à 20 personnes par heure et 3 minutes par vote
Historique et sensationnel... Ce dimanche 23 octobre 2011, reflète l'image parfaite d'une Tunisie démocratique et de Tunisiens qui expriment leur attachement à leurs droits civiques. En effet, avec l'optimisme des citoyens, la détermination du personnel d'organisation, l'expertise des observateurs nationaux et internationaux et la présence massive des forces de l'ordre vigilantes, tous les préalables sont réunis pour donner les couleurs à la fête de la démocratie. Sans parler du beau temps qui semble vouloir veiller sur notre fête, comme ce fut le cas un certain 14 janvier.
La situation s'est reproduite in extenso dans la majorité des bureaux de vote qu'on a visités avec les deux délégations d'observateurs européens. La première équipe de 130 observateurs, présidée par M. Michael Gahler, s'est chargée du contrôle technique de l'organisation du scrutin. L'autre, formée de 14 députés européens, présidée par M. Albertini Gabriele, s'est penchée sur le volet politique de l'opération.
Bien avant l'ouverture des bureaux, de longues files d'attente s'étaient formées devant les lieux aménagés pour le vote. A 6h30, devant l'école primaire Taïeb-Mhiri, à La Marsa, des centaines de citoyens, de tous âges, étaient alignés tout le long de la rue. Calmes, ils apportaient la preuve que l'ordre est tributaire de la conscience citoyenne. Cette fois-ci, ils se sont rendus volontairement aux bureaux de vote sans qu'un agent spécial ne vienne les chercher, les rappeler, et parfois les forcer à choisir une couleur particulière.
Dans les discussions, de nombreux observateurs n'ont pu cacher leur sympathie à l'égard de cette mobilisation populaire sans précédent pour la Tunisie et même ailleurs. Après des missions similaires aux quatre coins du globe, M. Michael Gahler avoue que c'est une expérience exemplaire. Du côté des politiciens, il note : «Le consensus politique a garanti, jusque-là, un processus démocratique pacifique». Et, pour les citoyens, il ajoute : «Ils s'honorent eux-mêmes par le vote». Parmi les premiers électeurs, M. Yadh Ben Achour, le président de la défunte Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution. M. Kameleddine Jaïet, ex-mufti de la République, se déplace en chaise roulante avec un accompagnateur. Il insiste : «Depuis Mohamed Habib Bey, Moncef Bey, en passant par Habib Bourguiba et Ben Ali, les élections n'étaient qu'une mise en scène». Et d'ajouter: «La démocratie nécessite la pluralité des partis. D'où ceci que, tout au long de mes 89 ans, ce sont les premières réelles élections que je vis».
Dans l'une des salles de vote de la même école, M. Gahler, comme ses accompagnateurs, est attentif au moindre détail et note dans ses fiches les évaluations et les observations, à temps: «Tout est en règle, confie-t-il, sauf que le rythme des votes est encore lent». Et de préciser : «Il faut optimiser les espaces de vote en renforçant les équipes dans chaque salle». En effet, si dans les salles l'opération avance doucement et sûrement, dehors, la cour est de plus en plus encombrée et les files d'attente s'allongent. «Le maintien de cette cadence pourrait nuire à l'opération, le soir», souligne-t-il. L'impatience de certains pourrait les amener à renoncer au vote. Dans l'une des longues files, une jeune dame s'adresse cependant à ses voisins : «Consacrer une journée pour la Tunisie est le moins qu'on puisse faire».
A une autre école primaire du côté de Borj Louzir, à l'Ariana, bien que les files d'attente soient plus courtes, les espaces ne sont pas non plus «optimisés», selon M. Albertini Gabriele. «Pour mener à bien l'opération de vote, il est préférable de déployer cinq agents par salle», précise-t-il. Il rappelle aussi que le rôle de la mission est d'apporter les expertises européennes en vue d'accompagner le processus démocratique. «Tout va bien, tout est bien organisé, mais c'est un peu lent», estime le chef de la délégation. Et de préciser : «20 personnes par heure, 3 minutes pour chaque vote, ça pourrait être fatigant en fin de journée». Autre point : faute de couleurs, les symboles figurant sur la liste qui est donnée à l'électeur dans le bureau sont peu reconnaissables. «Avec un peu de temps, l'électeur peut se retrouver», rassure M. Albertini. Le chef de la délégation des parlementaires souligne toutefois que «la Tunisie a donné le bon exemple de passage de la dictature à la démocratie sans glisser dans la guerre civile, et tout en gardant la continuité de l'Etat et de ses institutions».
Du coup, l'intérêt des parlementaires est grandissant qui cherchent à fructifier cette expérience et à élargir l'horizon des démocraties. «Pour la nouvelle Tunisie, la réussite de cette expérience est de nature à renforcer le niveau des partenariats économiques avec l'UE», observe-t-il.
Autre défaillance de taille dans les bureaux de vote : le manque de signalisation et d'équipes de renseignement. Ce qui a créé beaucoup de confusion chez certains électeurs, surtout pour les personnes âgées. Il est fréquent que certains inscrits se retrouvent dans des files d'attente correspondant à un bureau qui n'est pas celui mentionné sur leur reçu d'inscription volontaire. D'autres, non-inscrits, ne savent pas quoi faire. Ils n'ont pas eu de réponse aux SMS censés leur donner la désignation de leur bureau de vote. Apparemment, le serveur a été débordé par les demandes. Et ils seront, ainsi, contraints de faire le tour de plusieurs bureaux pour trouver leur lieu de vote. La recherche risque d'être longue. Déjà, dans les espaces aménagés pour les non-inscrits, le rythme des votes est très faible. A 10h00, à l'une des salles du lycée Kheïreddine, à l'Ariana, seuls 34 électeurs sur une liste de 1.418 personnes ont voté. L'un des jeunes électeurs, Lazhar, s'estime heureux de ne pas s'être inscrit volontairement : «L'essentiel est de voter. Ici c'est facile, rapide et surtout moins encombré que dans les autres centres».
Enfin, une vieille femme, la soixantaine, heureuse d'avoir voté, résume bien les attentes des Tunisiens : «On veut de la stabilité et de la prospérité pour notre cher pays».


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