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Des âmes « passe-partout »
Système D pour l'Aïd El-Kebir
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 11 - 2011

Le Tunisien s'adapte selon les situations qui se présentent à lui. Et à l'approche de l'Aïd El-Kebir, chaque année, des chômeurs, des étudiants et même des plombiers trouvent dans la fête du sacrifice l'occasion pour arrondir leur fin de mois ou pour se faire de l'argent de poche. Zoom sur un phénomène social atypique
Ainsi, le jour de l'Aïd, plusieurs élèves ou étudiants ainsi que des plombiers, munis de chalumeaux, offrent le service du tchaouchit (roussir la tête et les pattes du mouton) à 5DT/mouton, comme c'est le cas du côté de la cité Ettadhamen où Walid Mnaffar, 18 ans, nous raconte les dessous d'un métier d'un seul jour : « Ça fait trois ans que chaque Aïd, je roussis les têtes et les pattes des moutons. L'ami de mon père est un plombier et chaque année il me prête son chalumeau. Mes voisins utilisent la vieille méthode avec des grils déposés (des récipients en cuivre qui servaient jadis de lave-linge ou pour préparer les provision en couscous) remplis de charbon. Mais cette méthode est très lente et engendre beaucoup de suie». Un peu plus loin, on rencontre Mahjoub, 42 ans, le dos courbé en train d'acheminer un sac de charbon vers son garage. Mahjoub est aussi un as du tchaouchit, mais à l'ancienne, il nous raconte : «Il n'y a pas mieux que de roussir les membres et la tête du mouton à l'aide du charbon tout en ventilant avec un carton. D'ailleurs, j'ai des clients qui viennent d'El Manar pour bénéficier de mes services. Aussi la hergma (la chair et la viande roussies) a un autre goût».
Mais qui dit Aïd El-Kebir, dit un boucher pour égorger et dépiauter le mouton. Karim Asmi, 35 ans, ouvrier dans une usine et natif du Kef mais résident à Sidi Hsine se confie : «A l'approche de l'Aïd, je prépare mon arsenal qui va servir le jour J. Ainsi, j'ai un ami forgeron à qui je donne mes couteaux et toute la panoplie pour les aiguiser. Et le jour de l'Aïd accompagné de mon frère sur sa mobylette, nous arpentons les rues et les avenues des Cités Ennasr et Al Manazah pour proposer nos services aux familles. Nos tarifs pour l'égorgement et le dépiautage du mouton dépendent de la zone d'opération. Ça oscille entre 30 et 50 DT. Quant aux frais du taksir, ils sont aux alentours de 25 DT».
De son côté, Salem Mrabet, 28 ans, plombier et boucher d'un jour, nous surprend par son sens de l'organisation : «Mon père est un ancien boucher. J'ai appris de lui l'égorgement et le dépiautage. Après son décès, j'ai hérité son matériel. Je me transforme, occasionnellement, lors des mariages et le jour de l'Aïd, en boucher. J'ai beaucoup de clients auxquels mon père rendait service le jour de l'Aïd. Ainsi, j'ai hérité le carnet d'adresses de mon père». Et il nous montre son agenda, déjà rempli d'une dizaine de contacts. Il ajoute : «Comme vous le voyez, j'ai déjà 17 familles à visiter demain (aujourd'hui). Et il se peut que le nombre atteigne les 25 familles».
Assurément, pour ce qui est du systèmes D, les Tunisiens sont des champions en la matière. Comme quoi pour plusieurs de nos compatriotes, qu'ils soient chômeurs, élèves ou fonctionnaires, en ces temps de crise et de cherté de la vie, le jour de l'Aïd El-Kebir est une aubaine pour gagner un plus. Chapeau bas !
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De la viande «prêt-à-consommer», faute de moutons vivants
Contrairement aux années précédentes, plusieurs ménages tunisiens ont renoncé cette année à l'achat d'un mouton pour le sacrifier aujourd'hui. Il faut dire que les prix des moutons sont trop salés.
Plusieurs pères et mères de famille se sont rabattus sur les boucheries pour acheter un demi-mouton déjà égorgé (250 DT, y compris ses viscères pour préparer le couscous au osban).
Mme Karima nous raconte : «Après la révolution, tout est devenu cher ! Et avec la rentrée scolaire et les autres dépenses quotidiennes, il est très difficile pour un simple fonctionnaire d'acheter un mouton à 500 DT, sans oublier les ingrédients (épices, légumes) qui serviront par la suite à la préparation des plats durant les deux jours de l'Aïd. D'ailleurs le persil et les blettes sont devenus une denrée rare ces derniers jours».
A.A.H.


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