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L'essentiel reste à faire
Commentaire : Constituante, présidence, gouvernement
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 12 - 2011


Par Soufiane BEN FARHAT
Assurément, la Tunisie vit des moments décisifs de son histoire. Depuis la Révolution du 14 janvier 2011, que de changements fondamentaux. Que de chamboulements.
En moins d'une année, la souveraineté populaire a imposé son agenda. D'une manière sourde, le peuple a prescrit l'accomplissement d'étapes essentielles. Cela s'est manifesté essentiellement à l'occasion des sit-in de Kasbah 1 et Kasbah 2. Les protestataires avaient alors renversé les deux gouvernements Ghannouchi constitués au lendemain de la Révolution. Ils avaient également exigé l'abandon de la Constitution du 1er juin 1959 ainsi que l'élection d'une Assemblée constituante. Soit l'édification d'un nouveau régime politique, sur la base d'une nouvelle Constitution. La deuxième République en somme.
Et en moins d'une année, les élections de la Constituante ont eu lieu. Idem de l'élection du président de la République et, sous peu, de la formation d'un nouveau gouvernement. Il va de soi que cela ne fait pas le bonheur unanime de tous. Avec les blocs antagoniques des partis politiques en lice, il y a bien évidemment des vainqueurs et, disons, des non-vainqueurs des élections.
Dans le détail, il y a d'une part une nouvelle Troïka (Ennahdha, CPR et Ettakatol) aux commandes. En face, il y a une nouvelle opposition en gestation et en instance d'organisation du ban et de l'arrière-ban. Avant les élections, tous les protagonistes évoluaient en rangs dispersés. Question de jauger, chacun, l'état des lieux de ses propres forces. Les résultats ont façonné une alliance au pouvoir impensable auparavant. Ladite alliance a son pendant du côté des partis considérés comme perdants.
Aujourd'hui, on a l'impression que la phase post-révolution a trop traîné dans les considérations politico-politiciennes. Un mal nécessaire ? Sans doute, à condition de ne pas s'y confiner exclusivement et à perpétuelle demeure.
En revanche, les urgences économiques et sociales se font lourdement pressentir. Tragiquement même lorsqu'on sait que le lourd fardeau d'un demi-million de chômeurs avait présidé à la Révolution et qu'en moins d'une année, le nombre des chômeurs a doublé. Ajoutons-y les désinvestissements massifs, le renchérissement vertigineux des prix et la dérégulation des dispositifs de la violence. Dès lors, le constat est sans appel : la boucle du cercle infernal est bouclée.
C'est dire qu'au-delà des considérations institutionnelles et politiciennes, l'essentiel reste à faire. L'économie doit impérativement être relancée. L'éducation et l'enseignement supérieur gagnent à être réformés. Le niveau de vie et le pouvoir d'achat doivent être rehaussés.
Autrement, la rue réinvestira la place. Mais la Deuxième Révolution risque d'être de loin plus cruelle et sanglante que la première. Les peuples déçus par les promesses à tout vent et non abouties des processus révolutionnaires deviennent particulièrement farouches. Leurs réactions sont imprévisibles et jusqu'auboutistes.
Autre élément essentiel à prendre en compte. Les révolutions récusent les majorités écrasantes, au premier degré. D'où leur enracinement, pour ainsi dire naturel, dans les socles démocratiques. Autrement, le despotisme de la liberté fait des ravages.
D'ailleurs, les socles démocratiques accouchent bien souvent d'édifices institutionnels d'autant plus dynamiques qu'ils interpellent à leur tour l'alternance.
En fait, l'alternance est le fin mot des régimes démocratiques. En d'autres termes, l'expérience démocratique tunisienne nouvelle et jeune ne réussira pleinement que le jour où l'actuelle coalition au pouvoir (la Troïka) perdra le pouvoir, le transmettra pacifiquement et œuvrera, non moins pacifiquement, à sa reconquête.
Aujourd'hui, la Tunisie semble être dans des dispositions psychologiques nouvelles. Malgré les tiraillements et clivages politiques qui semblent par moments antagoniques, voire insolubles. Il appartient à tous les protagonistes de s'élever à l'intelligence du moment historique. Les pouvoirs issus des révolutions sont les plus sujets à la pression du peuple. Parce que le peuple donne précisément des mandats. Et qu'il est toujours viscéralement prompt à les retirer, voire à sanctionner lourdement ceux qui en font un mauvais usage.


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